Il est de bon ton de faire des « reboot » comme on dit, des « revisites » des grands classiques de l’horreur et aucun n’y a échappé dans les années 2000, que ce soit Michael Myers dans une nouvelle série plutôt pas mal d’« Halloween » où Jamie Lee Curtis retrouvait son personnage fétiche de Laurie Strode, « Massacre à la tronçonneuse » (bof) et justement « Vendredi 13 » directement inspiré du « Halloween » de John Carpenter. En 2003, c’était Marcus Nispel qui avait relancé « Massacre à la tronçonneuse » et six ans plus tard il remet ça avec une revisite du film de 1980 réalisé par Sean S. Cunningham. Ce dernier est ici le producteur. Officiellement, il s’agit de faire découvrir cette saga à la nouvelle génération avide de sensations fortes. On peut aussi penser à des intérêts financiers importants de la part des producteurs : « Allez, ne nous voilons pas la face, un reboot, faute de nouvelles idées et de nouveaux monstres, ça ne coûte pas grand-chose et ça peut rapporter gros ! ». Mais attention, il faut faire crédible et sérieux : le jeune réalisateur doit répéter toute l’admiration qu’il voue au film d’origine, à quel point il l’a marqué quand il était gamin, ça lui a peut-être même donné envie de faire du cinéma (le Graal !!!), bla, bla, bla…Dans la galaxie des grands monstres du cinéma d’horreur, ce pauvre Jason Voorhees n’a jamais été pour moi le plus marquant, loin derrière Leatherface et sa tronçonneuse ou Freddu Krueger. Et puis, désolé, mais comparer Cunningham à Carpenter, Wes Craven ou Tobe Hooper, non, ça ne se fait pas.
Cette nouvelle version reprend exactement là où s’achevait le film de 1980, lorsque la mère de Jason avait été décapitée par la seule survivante du massacre et il y évidemment l’idée de repartir à zéro, effacer les suites de plus en plus ridicules qui ont pu être faites au fil des années. La suite se produit aujourd’hui quand un groupe de jeunes en vadrouille se paume près de Crystal Lake et croise un à un la route du Jason méga en colère dès qu’un de ses couples batifole. Le massacre peut alors recommencer. Tout est pris au 1er degré, sans la moindre trace d’humour, et évidemment plein de clichés propres au slasher : le vilain croquemitaine ne peut jamais mourir malgré tout ce qu’il va se recevoir dans le portrait, il utilise tous les outils tranchants qui lui tombent sous la main et les héros et héroïnes se révèlent d’une débilité assez affligeante. En pleine nature, on va faire une teuf à tout casser, s’envoyer en l’air partout, tout le temps (après s’être enduit la poitrine d’huile, véridique !!!). Ca va jusqu’à boire de l’alcool dans sa basket quand on a perdu un pari, eh ouais…Trop fun !!! Regrette-t-on alors ces personnages dont le héros hyper friqué et imbu de lui-même qui refuse de croire à l’existence du tueur quand bien même ses potes disparaissent les uns après les autres ?! Vous répondre positivement serait mentir ! Je me suis ennuyé car cette nouvelle version n’apporte rien et en plus, bien que très gore, elle est noyée dans une obscurité quasi-permanente qui fait que les meurtres étaient très peu visibles sur ma télé !!! Le 1er film était sympathique mais loin d’un chef d’œuvre mais ce film 2009 est ennuyeux, on sait à l’avance ce qui va se passer (on ne sait juste pas forcément comment ils vont être tués). A part « Halloween » dont la dernière trilogie était solide, je ne vois pas l’intérêt de remettre le couvert, mais le business a ses raisons que la raison ignore, que voulez-vous…Rendez-vous au prochain épisode (bruit de tiroir caisse en fond) 🙄.