Vice-versa
7.5
Vice-versa

Long-métrage d'animation de Pete Docter et Ronnie del Carmen (2015)

Réjouissons-nous : Vice-Versa est la première production “novatrice“ de Pixar depuis 2008 (le robot nettoyeur de WALL-E) et 2009 (le vieillard misanthrope de Là-Haut). Nous avons subi entretemps un Disney déguisé (la princesse de Rebelle) et 3 séquelles (Toys 3, Cars 2, Monster 2), sans même évoquer les spin-off réalisés par Disney : Planes 1 et 2. Six années d’attente ! Qu’ont-ils donc fait de la prodigieuse créativité du studio ? Rien. Ou plutôt si, des dollars et des séquelles. Des montagnes de dollars sans risques, en produisant les “suites“ des succès passés. Triste époque.


(PS : le studio a connu depuis un regain d’inventivité avec Le Voyage d’Arlo, avant de rechuter avec le plat Dory.)


Le pitch est fascinant : entrez dans le cerveau de Riley, une adolescente du Minnesota, et observez le travail des cinq émotions primaires : Joie, Tristesse, Peur, Dégout et Colère. Vice-Versa propose deux niveaux de lecture distincts. Les enfants riront aux aventures des petits personnages colorés. Les plus grands amélioreront leur connaissance de la psyché humaine et apprécieront les désopilantes, et trop courtes, séquences dans les émotions des parents.Le résultat pourrait passer pour un épisode de C’est pas sorcier au budget colossal et à la réussite artistique stupéfiante. Car, soyons honnête, un budget illimité ne suffit pas à garantir la réussite finale. Médusés, nous assistons à une magnifique et féérique présentation des mémoires centrale, immédiate, profonde ou perdue, du train de la pensée, de la machine à rêver…


Deux réserves néanmoins :
• La première surprise passée, l’intérêt faiblit. Le sujet initial est trop ténu pour être délayé sur 93 minutes de documentaire.
• De fait, Pete Docter et Ronnie del Carmen ont scénarisé leur histoire. On frôle le docu-fiction. Depuis son arrivée à San Francisco, notre jeune fille souffre de solitude. La dépression la guette, elle fugue ! Les émotions s’affolent. La seconde moitié du film repose sur l’opposition entre deux émotions : Joie redoute l’influence de Tristesse sur Riley. Or, Tristesse et Joie sont éjectées du "PC". Nous assistons à une méritante réhabilitation du chagrin. Pleurer est utile. Pleurer libère. Pleurer réconforte. D’accord. C’est vrai, mais un peu court. Le scénario, qui tient largement sur mon ticket de cinéma, me laisse sur ma faim. J’en viens à regretter un bon et manichéen méchant à la Disney, une sorcière ricanante ou un dragon cracheur de feu.


Pourtant, c’est réjoui que je sors de la salle. Mes filles sont positivement ravies. Que du bonheur, d’autant plus que la minceur du sujet présente au moins le mérite de nous préserver de toute tentation d’exploitation future !


Que de la joie !


Revu, avec plaisir, en 2017 et 2021

Créée

le 8 sept. 2015

Critique lue 475 fois

Step de Boisse

Écrit par

Critique lue 475 fois

23
4

D'autres avis sur Vice-versa

Vice-versa

Vice-versa

10

CinemAd

192 critiques

Quand j'avais 5 ans, mon papa m'a emmené voir Toy Story

Lundi 18 mai 2015, Festival de Cannes. Posé devant les marches, dans une chaleur écrasante et au milieu d’une foule monstre, je pleure seul en silence. Cela fait 40 minutes que j’ai vu Vice-Versa et...

le 20 juin 2023

Vice-versa

Vice-versa

9

guyness

895 critiques

Sous le goût de l’émotion

Avec bientôt 8 ans et 600 films au compteur, il était important de connaitre l’avis de Timéo, spécialiste du film pour enfant, sur Vice Versa. (SensCritique) Timéo, afin de clairifier les choses...

le 14 juin 2015

Vice-versa

Vice-versa

5

Daevaorn

5 critiques

Introduction à la psychologie de bazar

Sans jamais avoir été un adorateur de film d'animations Pixar, j'ai toujours apprécié les long-métrages du studio. Ils réussissaient à dégager beaucoup d'énergie grâce à une histoire simple mais bien...

le 21 juin 2015

Du même critique

Gran Torino

Gran Torino

10

SBoisse

650 critiques

Ma vie avec Clint

Clint est octogénaire. Je suis Clint depuis 1976. Ne souriez pas, notre langue, dont les puristes vantent l’inestimable précision, peut prêter à confusion. Je ne prétends pas être Clint, mais...

le 14 oct. 2016

Astérix en Corse - Astérix, tome 20

Astérix en Corse - Astérix, tome 20

10

SBoisse

650 critiques

Papa, Astérix et moi

J’avais sept ans. Mon père, ce géant au regard si doux, déposait une bande dessinée sur la table basse du salon. Il souriait. Papa parlait peu et riait moins encore. Or, dans la semaine qui suivit, à...

le 11 juin 2016

Mon voisin Totoro

Mon voisin Totoro

10

SBoisse

650 critiques

Ame d’enfant et gros câlins

Je dois à Hayao Miyazaki mon passage à l’âge adulte. Il était temps, j’avais 35 ans. Ne vous méprenez pas, j’étais marié, père de famille et autonome financièrement. Seulement, ma vision du monde...

le 20 nov. 2017