Bryan Bertino n’est pas un inconnu pour les amateurs d’angoisse. Après The Strangers, il revient avec Vicious, un film plus intime, moins frontal, mais toujours traversé par cette même fascination pour la peur domestique, celle qui surgit dans les recoins du quotidien. On sent dès les premières minutes sa patte : un réalisme poisseux, une tension feutrée, et cette manière si particulière de filmer les silences comme s’ils allaient exploser.
Mais cette fois, la machine grince. Malgré l’excellente présence de Dakota Fanning, fragile et tendue à la fois, le scénario peine à maintenir son souffle. Mary McCormack et Kathryn Hunter complètent un casting solide sur le papier, mais la direction d’acteurs semble hésitante. On assiste à des échanges où l’émotion se noie dans une mise en scène trop statique, presque théâtrale. L’intention de Bertino est claire — explorer la peur psychologique plutôt que le sursaut facile — mais le rythme finit par étouffer la tension qu’il cherche à construire.
La photographie, elle, mérite d’être saluée : lumière froide, cadres millimétrés, ambiance oppressante sans en faire trop. Le film sait être beau dans sa noirceur. La bande-son signée Tom Schrader accompagne plutôt bien ce malaise, alternant murmures et silences angoissants, mais sans jamais offrir ce moment de grâce ou de terreur pure qu’on espérait.
Au final, Vicious n’est ni un naufrage ni une révélation. C’est un film honnête, parfois captivant, souvent frustrant, où l’on sent le talent du réalisateur lutter contre un scénario trop sage. Il manque cette étincelle, cette folie qui aurait pu transformer la peur en véritable vertige.
Ma note : 5/10 – Un thriller psychologique maîtrisé dans la forme, mais qui laisse trop souvent le spectateur à distance, là où il aurait dû l’enfermer.