Vie privée, le dernier long métrage de Rebecca Zlotowski était hors compétition à Cannes et cela lui sied parfaitement au teint, tellement le cinéma de la réalisatrice aime à emprunter des sentiers tortueux plutôt que balisés. Cela pourrait ressembler à une sorte d'Anatomie d'un suicide mais ce serait mal connaître la cinéaste que de la voir renoncer à la fantaisie qui caractérise son œuvre, jusqu'au loufoque, parfois, même si son sujet semble des plus sérieux, au départ. En l'occurrence, tout va de mal en psy pour une thérapeute un brin coincée et qui va nécessairement s'ouvrir à de nouveaux sentiments, à mesure que son enquête sur sa cliente décédée devient quelque peu baroque mais aussi impliquante dans sa propre existence. Jodie Foster est comme attendu absolument remarquable, avec plusieurs couches de nuances, mais elle est extrêmement bien entourée, de Vincent Lacoste, notamment, mais surtout d'un Daniel Auteuil impérial et chaleureux. On en accepte d'autant mieux les circonvolutions d'un scénario qui semble parfois, pas trop souvent mais quand même, s'empêtrer dans son propre délire. Mais Rebecca Zlotowski s'autorise à peu près tout ce que son imagination lui suggère et elle sait qu'avec de tels interprètes, tout passera, ou presque, comme une lettre à la poste.