Le film Vie privée aurait pu s'intituler Passionnément, à la folie.
La mort d'une de ses patientes Paula Cohen-Solal (Virginie Efira, troublante) conduit Liliane Steiner, psychanalyste (Jodie Foster, épatante) dans une quête tourbillonnante pour connaître la vérité car la thèse officielle du suicide ne la convinc pas. Sans doute ressent-elle une culpabilité dans cette fin tragique mais c'est surtout parce qu'elle est sacrément ébranlée dans ses certitudes, son éthique, sa longue pratique, sa distance face à la pathologie, aux patients. Elle est aussi psychiatre et veut une réponse rationnelle à l'innommable. Est-ce parce qu'elle n'écoutait pas assez ses patients qu'elle les enregistrait systématiquement? Et justement, la dernière cassette avec sa patiente défunte a été dérobée au cours du cambriolage de son appartement. Mystère...
Elle commence alors à échafauder une thèse selon laquelle il y aurait eu... assassinat. Elle en parle à son fils Julien ( Vincent Lacoste, un peu à cran) qui a un lourd contentieux avec sa mère et qui essaie surtout de faire dormir son bébé qu'il élève seul, apparemment.
"Arrête de me parler comme une psy" lui balance-t-il, charmant!
Elle embarque alors son ex-mari ophtalmo, pour y voir plus clair? (Daniel Auteuil) charmant et toujours amoureux d'elle dans une frénétique course débridée qui les conduira à faire les poubelles et entrer par effraction dans l'appartement du mari de la défunte (Mathieu Amalric, un brin mystérieux et perché). Elle consultera, même réticente, une praticienne de l'hypnose Ericksonienne pour faire émerger certaines images qui la renverront à la deuxième guerre mondiale notamment.
Elle se pose aussi parfois pour réfléchir mais ça ne dure pas longtemps.
Rebecca Zlotowski réussit un film Cluedo virevoltant qui interroge chacun sur ses propres failles, ses propres limites et la difficile confrontation au réel. Et avec ce casting de rêve, c'est une réussite totale.
On ressort de la salle comme du cabinet du psy, un peu secoué mais plus prêt à continuer cette aventure terrestre.
Vive le cinémâââ qui bouscule et réjouit aussi nos méninges!