Une jeune femme menace de porter plainte auprès du fils du directeur d'une importante université, car elle aurait été violée et exige une forte somme d'argent. Elle va s'en enquérir auprès du bras droit du directeur, qui fait office de médiateur dans cette histoire, et réussit à avoir cet argent afin d'étouffer l'affaire. Cependant, elle va tomber sous le charme de cet homme, ce médiateur auquel la vie l'a soumis à un existence dont il ne voulait pas.
Décidément, le cinéma de Masumura est une des belles découvertes de cette année [2023], car non seulement il s'attaque à des genres différents, mais à travers eux, il parle d'une société japonaise en mutation, et ici, il fait fait quelque chose de très audacieux pour l'époque. Cette jeune femme, remarquablement interprétée par Ruriko Asaoka, va en quelque sorte renverser les valeurs homme-femme en se montrant dominante auprès de ce médiateur joué par Eiji Okada, montré comme quelqu'un de soumis, notamment auprès de son directeur, et il va se permettre quelque chose d'inattendu pour lui ; il va prendre le choix. Celui de tout plaquer pour vivre avec cette femme, divorçant avec son épouse, pour vivre quelque chose de fou, ou d'ailleurs, elle est montrée comme très active sexuellement parlant, mais en même temps, on devine la nature maniaco-dépressive du personnage. Elle a un besoin d'aimer, si ce n'est avec d'autres hommes, la faute à un trauma d'enfance, lui veut se libérer de ce carcan hiérarchique, la faute aussi à des souvenirs de guerre qui l'ont transformé, et cela donne un drame fascinant, assez noir et sombre, et dont la fin procure un grand sentiment de tristesse.
Il y a quelque chose de fou dans Vixen, et tellement à contre-courant du cinéma japonais (de l'époque), que je ne peux que le recommander. Car en plus, on voit bien que Masumura est du côté de la Femme, ce qui n'est pas rien.