Avant toute chose, je précise qu'il n'est pas nécessaire de voir Embrassez qui vous voudrez, dont ce film-là se veut la suite quinze ans plus tard. C'est une variation de La ronde de Schnitzler, où un étudiant apprend que sa copine, âgée de 17 ans, est enceinte, les deux familles ont également leurs problèmes à gérer, entre un homme qui est en garde à vue à la suite d'un contrôle fiscal, une femme poissarde qui vit aux crochets de son fils, ou encore une femme bourgeoise qui apprend que son paranoïaque de mari a une maitresse...
Tout comme mon résumé, le film est assez bordélique, et si on excepte le fils du personnage de Karin Viard, joué par Guillaume Labbé, qui est un tant soit peu censé, tous ont leurs soucis au pire de passer pour des fous tant ils gesticulent, vocifèrent, s'inquiètent, bref tout cela jusqu'à une soirée dans un bar où tout va dégénérer. On pense en particulier au cinéma italien dans cette façon de montrer des personnages tous écorchés, au cinéma anglais dans la finesse des dialogues, mais surtout, on a du mal à s'attacher à des gens aussi détestables les uns les autres, où aucune empathie ne semble exister. Je m'attache à quelques ilots, comme la classe de Charlotte Rampling, le côté détaché de Jacques Dutronc (qui ouvre et conclut le film), le côté flagorneur de William Lebghil qui semble ne pas prendre ses responsabilités en tant que futur père... Mais par exemple, Jean-Paul Rouve joue sur le côté veule de l'homme, incapable de quitter sa femme pour sa maitresse ou encore Karin Viard qui en fait des caisses en mère envahissante.
Michel Blanc n'a réalisé que cinq films dans sa carrière, et si je comprend l'envie de revoir ces personnages déjà croisés dans Embrassez qui vous voudrez, je trouve que là, il a cédé à une certaine facilité.