Pour un premier long métrage de 2h10, Wil Aime livre un thriller tendu, porté par des dialogues savoureux et une mécanique de dilemmes où chaque décision a un prix et où le temps ne laisse aucune place à l’erreur. On se laisse volontiers piéger par cette table de monstres ordinaires, même si le film abuse parfois des flashbacks et des pistes superflues, pour nous duper dans une complexité parfois inutile, et de laisser quelques personnages agir selon une logique discutable.
Visuellement, c’est une belle réussite : image léchée, couleurs travaillées, cadres inspirés, le tout soutenu par une bande‑son très intéressante qui maintient une tension quasi continue. L’ADN indé se fait sentir, mais n’entrave jamais le plaisir, d’autant que le film ne connaît pas de véritable temps mort et passe étonnamment vite. Ce qui frappe surtout, c’est à quel point on reconnaît la patte Wil Aime : goût du détail, écrans‑titres signifiants, indices disséminés, scènes post‑générique à ne pas manquer, et cette manière de tordre la narration qui rappelle certains thrillers « mind‑fuck » américains, même si quelques choix trahissent encore un manque de moyens et de maturité.
WHO n’en reste pas moins un film intelligent, truffé de bonnes idées, qui donne envie d’y revenir pour démêler les strates cachées et confirme que, avec plus de ressources, Wil Aime peut vraiment bousculer les codes du cinéma de genre en France, encore en 2026.
WHO : un huis clos indé qui veut jouer dans la cour des mind‑games : 7,5/10