Le film WHO est un thriller psychologique ambitieux qui cherche clairement à adopter les codes des grandes productions américaines tout en conservant une identité française. Dès les premières minutes, le spectateur est plongé dans une intrigue construite autour d’une réunion réunissant les neuf plus importants mafieux de la région, tous persuadés qu’un indicateur de police se cache parmi eux. Sur le papier, le concept possède un vrai potentiel, notamment grâce à cette atmosphère de suspicion permanente où chacun devient un suspect possible. Le film mise énormément sur la tension psychologique et les jeux de manipulation entre les personnages, tandis qu’une voix off accompagne régulièrement le récit pour expliquer les enjeux et guider le spectateur dans une intrigue volontairement complexe. La mise en scène constitue probablement l’un des points les plus solides du film. Les ralentis, la photographie soignée et la bande-son efficace donnent souvent une allure très américaine à l’ensemble. Certaines séquences possèdent même un vrai sens du style visuel et montrent une réelle volonté de créer une ambiance moderne et nerveuse. Les dialogues restent également plutôt agréables à suivre et plusieurs confrontations verbales fonctionnent correctement grâce à des personnages qui cherchent constamment à se manipuler les uns les autres. Malheureusement, WHO souffre d’un problème majeur : sa durée. Là où l’intrigue aurait probablement gagné en efficacité avec un format plus resserré, le film multiplie les détours, les faux-semblants et les pistes secondaires jusqu’à perdre progressivement le spectateur. Pendant près de deux heures, le scénario semble parfois prendre plaisir à compliquer les choses davantage qu’à les rendre réellement captivantes. Cette volonté permanente de brouiller les cartes finit par créer de la confusion plutôt que du suspense. On sent qu’il existe une idée solide derrière le récit, mais son développement manque parfois de maîtrise et certaines lacunes scénaristiques deviennent difficiles à ignorer au fil du visionnage. Malgré quelques qualités techniques évidentes et une réalisation visuellement correcte, l’ensemble donne souvent l’impression d’un projet qui cherche à paraître plus intelligent et plus complexe qu’il ne l’est réellement. Au final, le film possède de bonnes intentions, quelques belles images et une atmosphère réussie, mais son rythme excessivement étiré finit par rendre l’expérience assez laborieuse et parfois même soporifique.