Dans la tradition de la légende du loup-garou, le film de Mike Nichols tient une place honorable et le doit beaucoup à l'abattage de Jack Nicholson, habitué des transfigurations métaphysiques et physiques. Le film, s'il réserve quelques bons moments de suspense, montre en revanche peu d'originalité et de personnalité.
Mordu dès le début du film, Will Randall constate l'évolution progressive de son mal, autant d'incidents spectaculaires mais attendus. Le réalisateur alterne ces dernières scènes avec une évocation assez superficielle de la vie professionnelle et conjugale de Randall, cadre de l'édition, vieillissant et docile, qui devient un battant, un loup en somme, sous l'effet de ses nouveaux pouvoirs. C'est la seule idée suggérée par ce film qui étire l'action de façon artificielle et compte une bonne demi-heure de trop, même si on se laisse parfois saisir par son atmosphère fantastique.
Le dénouement spectaculaire tourne à la confrontation entre un bon et un méchant. C'est convenu et pas loin d'être grotesque. Les plus indulgents verront dans cette affrontement une parabole sur la concurrence des cadres puisqu'elle oppose le vertueux Randall à un jeune cadre dynamique et très ambitieux.