La répétition est le mot que l'on rattache le plus au cinéma d'Hong Sang-Soo. C'est une manie du cinéaste, celle d'une histoire qui recommence mais avec ses nuances propres. Il y a donc un motif scénaristique et formel qui traverse ses films. Pour un cinéphile français, Hong Sang-Soo est une aubaine, car il semble le produit parfait d'une politique des auteurs, lui qu'on qualifie de « Rohmer coréen ». A l'instar du cinéaste des Contes Moraux, son œuvre semble avoir plus de sens sur la longueur, en voyant et comparant ce qu'un film peut apporter à l'autre. La logique voudrait donc, qu'un seul de ses films ne puisse se suffire à lui-même et que ce cinéma doit être lu comme un vaste puzzle à recomposer.
Dans Yourself and yours, un homme, Yeong Soo (Kim Ju-Hyuk) ne supporte pas que Min-Jeong, sa petite amie (Lee You-Youn), lui mente sur ses sorties nocturnes. Celle-ci fuie, sûre de sa décision, et va à la rencontre d'autres hommes, changeant à chaque fois d'identité pour mieux les perdre et les séduire. Pendant ce temps, Yeong Soo part à sa recherche désespéré, ne la voyant que dans ses rêves. Il s'agit donc encore une fois de l'histoire d'un homme et d'une femme se cherchant dans un Séoul, réduit à quelques bars et restaurants de quartiers. Le spectateur habitué à ce cinéma connaît l'histoire. Mais comme tous ses films, le coup de force de Yourself and yours, est de constituer, à partir d'une formule, un espace nous obligeant à nous interroger sur la vraisemblance des choses.
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