La force de Zootopie 2, c’est d’être le summum de ce que le Disney contemporain peut encore nous offrir :
_Une animation belle, agréable et très généreuse, notamment avec les magnifiques scènes dans le marais qui jonglent entre la 2D pour les fonds et la 3D pour les personnages, un véritable kaléidoscope qui nous rappellera avec plaisir les orgasmes visuels du premier opus.
_Un conte moralisateur sur les différences et l’acceptation, continuité évidente mais pas répétitive pour autant ! On ne se lassera jamais des métaphores de la société humaine par le biais des animaux, parole de La Fontaine.
_Un florilège humoristique qui atteindra tout type de spectateurs. Comment ne pas se délecter des situations absurdes ou des blagues faites sur chaque caractéristique animalière (l’ablation de la queue des lézards, les chèvres alpinistes, un paresseux qui est ironiquement aussi bon conducteur que Verstappen, etc.).
_Des références et encore des références comme s’il s’agissait d’un clip-show : Nick hésite entre se mater Ramdor ou Futurllama sur Deersney+ tandis que Judy éteint ZNN pour écouter un podcast complotiste sur EweTube. De son côté, le Parrain dirige la manufacture Gnucci et des éléphants s’entraînent au Gym Trunks, vous savez, celui en face de la boutique Zuniqlo ! (Je pense que si on s’amuse à compter, les jeux de mots se chiffrent en plusieurs centaines.) Quand les graphistes s’amusent, les spectateurs aussi.
_Une musique pop galvanisante et impulsive sous la voix électrique de Shakira, synthétisant la liberté et l’ambition de la ville de multi-culturelle par excellence.
_Une romance juste et sincère sur un couple de jeunes adultes pour qui le plus difficile n’est pas de démanteler le réseau de la plus grande mafia de la ville en étant pourchassé par une police corrompue, mais bien de s’avouer des sentiments profonds et d’externaliser ses insécurités.
En bref, Zootopie 2 est tout ce qu’on attend d’un film familial qui réunifie brillamment la qualité essentielle du dessin animé fédérateur : l'alliance entre la fantasmagorie (une société entièrement animale, de la couleur et des mélodies à foison, des situations poussées à l'absurde...) et le subtil (un groupuscule d'élitistes corrupteurs qui s'en prennent à une minorité en dégradant volontairement leur image.. chacun y fera le lien avec une ou plusieurs périodes de notre Histoire).