• C'est un retour aux sources pour ma part ayant joué à Batman: Arkham Origins il y a bien longtemps. Et quelle excellente idée ce fut de replonger dans cet univers qu'est Batman: Arkham Knight. J’ai adoré retrouver l’ambiance et l’expérience que ce jeu avait à me proposer.
• Un univers remarquable :
Selon moi, la plus grande force de Batman et pas seulement dans les jeux, réside dans son univers. Et ici, celui-ci est remarquablement retranscrit.
- Premièrement, grâce à une direction artistique exceptionnelle. Bien que splendide, elle dépeint un monde sombre, oppressant, presque cauchemardesque, ravagé par le crime et la délinquance. L’architecture gothique, la pluie et le brouillard quasi constants, ainsi que les néons aux couleurs froides installent une ambiance pesante et immersive. On a réellement l’impression d’arpenter Gotham City, cette ville mythique dont on a tant entendu parler.
Cette direction artistique sert aussi brillamment la narration. Dans cet opus, Batman lutte autant contre ses ennemis que contre sa propre folie, une part du Joker subsistant en lui. À plusieurs reprises, certaines affiches représentant Batman se transforment en Joker dès qu’on détourne le regard, illustrant visuellement la domination mentale progressive de ce dernier. Ce ne sont que des détails, manquable, mais d’une grande finesse.
- Deuxièmement, par ses antagonistes marquants. Les ennemis sont évidemment un autre point fort de l’univers de Batman, et leur retranscription est globalement excellente, tant dans leur écriture que dans leur design. Leurs apparences sont marquées, parfois exagérées, mais toujours lisibles, singulières et menaçantes. Ils respectent les codes des comics tout en étant parfaitement adaptés au jeu vidéo.
Personnellement, seule la version de Poison Ivy m’a légèrement déçu, je trouve qu’elle manque du charme et de la beauté qu’on lui connaît dans les comics, au profit d’une approche un peu trop sexualisée. Cela reste toutefois un avis subjectif. Pour le reste, c’est quasiment irréprochable, aussi bien du côté des antagonistes que des protagonistes.
- Troisièmement, une mise en scène brillante. Comme évoqué plus tôt, le Joker s’empare progressivement de l’esprit de Batman. Cette évolution est représentée de différentes manières. Visuellement, bien sûr, mais aussi dans le gameplay lui-même. Lorsque l’on incarne le Joker, la vue passe à la première personne, les armes à feu remplacent les gadgets, et l’on tue au lieu de neutraliser. Cette rupture mécanique renforce la bascule psychologique et distingue clairement les deux personnalités.
• Un scénario simple mais efficace :
L’histoire reste assez simple, mais j’avoue l’avoir beaucoup appréciée malgré quelques défauts. Le conflit principal face à l’Épouvantail et au Chevalier d’Arkham est prenant, et la manière dont les autres antagonistes s’intègrent au chaos ambiant fonctionne bien.
La narration est donc maîtrisée, même si elle reste classique, car il s’agit avant tout de sauver Gotham de l’emprise de l’Épouvantail. Cela dit, on n’en attend pas forcément plus d’un Batman Arkham, même si un jeu davantage centré sur les énigmes et la psychologie serait aussi très intéressant, mais ce n’est pas le propos ici.
Les retournements de situation sont efficaces, et les révélations finales réussies. Elles ne sont pas forcément surprenantes, mais restent cohérentes avec l’ensemble.
En revanche, certaines séquences donnent l’impression d’être là pour allonger artificiellement la durée de vie : détruire des générateurs, neutraliser des tourelles… Ces passages n’apportent pas grand-chose à la trame principale. Personnellement, cela ne m’a pas trop dérangé, mais cela pourra sembler répétitif pour d’autres.
Les quêtes secondaires sont, pour la plupart, liées à des antagonistes emblématiques : trafic d’armes pour le Pingouin, braquages pour Double-Face, incendies criminels pour Firefly, ou encore enquêtes macabres pour le Professeur Pyg. Chaque mission possède une identité propre. En survolant Gotham, on comprend immédiatement ce qu’il se passe autour nous. Une sirène, un incendie, un hurlement de bête, chaque ambiance sonore est particulière et représente un antagoniste, une mission. Tout est pensé pour renforcer l’immersion et guider le joueur, afin qu’il comprenne à quoi s’attendre et puisse choisir de s’y attarder ou de poursuivre son chemin.
Cependant, ces quêtes suivent souvent le même schéma : répéter plusieurs objectifs similaires jusqu’à débloquer l’affrontement final. Au final, seule la dernière mission est réellement marquante.
De plus, les nombreuses tours de garde et surtout les plus de 200 énigmes de l’Homme-Mystère semblent excessives. Cela rallonge la durée de vie certes, mais pas toujours de la manière la plus intéressante.
On a parlé des antagonistes mais parlons de nos protagonistes. Batman est massif, intimidant, presque inhumain, mais laisse transparaître ses doutes, ses peurs et son sentiment de perte de contrôle. Cela le rend plus humain et évite d’en faire un simple surhomme invincible.
Tim Drake (Robin) cherche l’approbation de son mentor, comme Dick Grayson avant lui. Il souhaite soutenir Batman, mais ce dernier refuse souvent de l’impliquer, lui cachant certaines vérités. Cette relation crée une tension intéressante, parfois frustrante, mais volontairement.
Alfred, quant à lui, reste fidèle à son rôle, respectueux et calme, bien qu'il ne peut s’empêcher de montrer l’inquiétude et la compassion qu’il ressent pour Bruce.
Là encore, tout fonctionne très bien.
• Un gameplay brutal et stratégique :
Au fil de l’aventure, on débloque de nouveaux gadgets, renouvelant constamment nos approches en combat et en infiltration. Contrairement à d’autres jeux, la difficulté évolue avec nous, les ennemis s’adaptent, deviennent plus résistants et apprennent à contrer nos techniques.
Résultat : on ne bourrine pas, on planifie. On observe, on anticipe, on utilise les gadgets intelligemment. Et c’est exactement ce que signifie « être Batman ».
Les combats au corps-à-corps restent excellents, fluides, dynamiques, lisibles, avec des animations remarquables qui procurent un vrai sentiment de puissance.
En revanche, l’introduction de la Batmobile est, selon moi, un échec. Elle est omniprésente, et certaines missions imposées avec sont répétitives et peu agréables. À la longue, cela devient lassant.
À noter également que l’on incarne plusieurs personnages au cours de l’aventure, chacun avec son propre gameplay. Cela apporte de la variété, même si cela ne révolutionne pas non plus l’expérience.
• Pour conclure :
Malgré ses défauts, Batman: Arkham Knight reste un excellent jeu, immersif et marquant, surtout pour les fans du personnage.
Le contenu additionnel, bien que payant, est appréciable, même s’il reste assez court.
En revanche, contrairement à d’autres licences, je n’ai pas forcément envie de faire tous les anciens opus. J’ai l’impression qu’ils proposent souvent des expériences assez similaires (mêmes antagonistes, même gameplay, mêmes structures de quêtes), ce qui donne davantage envie d’en faire un seul pour la découverte plutôt que toute la série, même si je peux me tromper.
Quoi qu’il en soit, cela reste un très grand jeu, qui se joue encore parfaitement en 2026 et qui a largement influencé les jeux de super-héros modernes.