Détention est de ces jeux qui ne cherchent pas à séduire par leur gameplay mais par leur atmosphère. On est ici face à un point & click en 2D latérale, un huis-clos pesant qui transpire l’oppression politique et l’angoisse psychologique. Les décors sont travaillés, presque picturaux par moments, avec cette patine granuleuse qui colle parfaitement au malaise. En revanche, les personnages, eux, peinent à suivre : animations rigides, mouvements lourds, déplacements d’une lenteur frustrante qui cassent le rythme et fatiguent plus qu’ils n’immergent.
Côté exploration, il n’y en a pratiquement pas. Le jeu verrouille tes pas derrière des garde-fous scénaristiques : impossible d’aller à gauche ou à droite sans avoir d’abord fait l’action précise attendue. Résultat, on se sent vite enfermé dans un couloir interactif qui bride la curiosité et renforce ce sentiment de contrainte – sans doute volontaire, mais qui finit par agacer.
Ajoute à ça l’absence d’une VF (quasiment impardonnable huit ans après la sortie initiale) et l’impression que Nintendo ressort le titre tel quel sur le store sans le moindre polish. Une opportunité manquée pour donner une seconde vie à une expérience qui aurait mérité d’être fluidifiée.
En bref : Detention reste un jeu à ambiance, intéressant par son contexte et son esthétique, mais plombé par ses lourdeurs techniques et ses choix de design trop étriqués. Plus cauchemar mécanique que cauchemar psychologique.