When I look around this room, what I see is... potential

Très imparfait mais attachant et plein de potentiel. Comme la Team Z.


Pour résumer vite fait le prologue du jeu : le personnage que l’on incarne, Robert (alias MécaMan), perd lors d’un affrontement super-héroïque face au super-vilain Spectre. Son armure est détruite, et notre Robert, un peu dépressif, va finir par être embauché chez SDN comme dispatcheur de la Team Z, une équipe réunissant d’anciens vilains sur la route de la rédemption.


Je peux commencer par dire que cette team Z (et tout le SDN) nous offre une galerie de personnages excellente. On croisera plein de fortes têtes, de bras cassés, de collègues plus ou moins attachants. Le jeu joue beaucoup sur les stéréotypes, mais ça ne m’a pas dérangé : C’est un trope classique du super-héros et ça facilite en plus le dispatching d’avoir des personnages bien identifiés. J’ai beaucoup aimé le charadesign de tous les personnages également, ce qui n’était pas gagné à l’heure où l’on est submergé par le contenu super-héros. On peut regretter que certains soient légèrement plus effacés, mais globalement tout le monde a ses petits moments, et le jeu évite de laisser quelqu’un sur le carreau durant l’aventure.

Et l’habillage sonore du jeu est très bon, avec un doublage VO de grande qualité qui donne vie aux personnages. Le jeu étant uniquement VO, il faut savoir que l’écran peut parfois être un peu surchargé de texte : entre les infos écrites à l’écran, les sous-titres du dialogue principal (sur la mission), ou secondaires (les personnages qui parlent parfois entre eux)…. Heureusement, le temps se stoppe quand vous choisissez vos héros. Il y a un sentiment d’urgence sans pour autant rendre l’exercice frustrant.


Mais ce qui attirait le plus l’œil quand j’ai d’abord entendu parler de Dispatch, c’était son aspect visuel, et je confirme : l’animation est super belle ! Et ce n’est pas seulement beau sur le plan de la DA, la mise en scène est elle aussi de haut vol et quelques plans et scènes me restent en tête. C'est un régal de bout en bout. Le format épisodique se prête parfaitement à ce genre de jeu, Dispatch s’articulant parfaitement comme une série animée que l’on suivrait. On est vraiment dans de la fiction interactive tant les cutscenes occupent une place importante, ce qui pourra en rebuter plus d’un. Les moments de dispatching présents au milieu de chaque épisode sont donc les seules vraies phases de gameplay du jeu, et elles sont entrecoupées de (longues) cinématiques, dans lesquelles le jeu vous impliquera par des choix de dialogues (fréquents), ou par des scènes d’action en QTE (rarement). Des QTE étrangement imbriqués, un peu inutiles, désactivables, et que je ne me souviens finalement avoir eu que dans la première et la dernière scène du jeu (?).


La partie gameplay, j’ai vraiment accroché. Le système marche bien, les choix sont parfois cornéliens pour parvenir à remplir les missions qui s’accumulent, mais le jeu ne cherche jamais à vous piéger. Si l’énoncé de la mission dit « rattrapez vite les méchants et tapez-leur dessus », il faudra envoyer des héros doués dans les stats mobilité et force. Basique. (Bon, ne vous attendez pas à ce que chaque appel en détresse soit aussi clair ^^).

Quelques bonnes idées étendent les possibilités de gameplay. Le jeu se permet notamment de rester assez chiche en information et vous laisse découvrir par vous-même les atouts cachés des personnages au hasard des missions. Certains binômes offrent des bonus de réussite, des pouvoirs spéciaux se déclenchent si tel héros est envoyé seul, si tel autre est choisi en 2nd choix, des résolutions spécifiques seront proposées si vous avez choisi le héros « parfait » pour la mission, des échecs critiques si vous êtes trop élevés dans certains attributs, etc…


Il y a aussi un système de déprime, de blessure, de points d’expérience pour décider de la progression de vos héros, et de mini-jeu hacking pour les aider dans certaines missions. Bref, bien que succinct au premier abord, l’exercice de dispatching est vraiment plaisant à jouer chaque nouvelle journée. Mais c’est dommage que l’exercice soit un peu court, et ne soit pas bien plus punitif. Il semble qu’une mission réussie ou échouée n’a finalement que très peu d’importance, à part votre propre déception ? Mon Robert a d'ailleurs atteint le niveau max possible dès l'épisode 6, et je n'ai pas raté un seul hacking de tout le jeu.


Mais surtout, le lien est inexistant avec la partie histoire/cinématiques. Il n’y a quasi aucune répercussion entre les parties gameplay et les cinématiques qui suivent. Sans trop spoiler, il vous faudra vous séparer d’un héros assez tôt dans l’aventure. Sauf que peu importe ceux qui auront réussi le plus de missions, ou auront reçu le plus de points d’XP lors de vos premières journées de boulot, le choix que vous aurez à faire se fera toujours entre les 2 mêmes personnages.


La partie écriture elle... Il y a du bon, et beaucoup de moins bon. En commençant par les dialogues. On est sur la fameuse excuse de l’écriture """mature""" (comprendre, blagues pipi-caca-zizi hahaha qu’est-ce qu’on rigole !). Il y en a beaucoup BEAUCOUP, mais vraiment BEAUCOUP trop. On est dans l’esprit The Boys/Deadpool, souvent lourd et beauf. Mais pas seulement, puisque le jeu flirte aussi avec l’humour Marvel (les scènes dramatiques seront souvent dédramatisées par une vanne). Les références pop-culture peuvent sembler forcées voire hors de propos, et trop souvent américano-centrées (enchaînement "Lady Haha", "Cardi C" et "Nicki Mirage" de l’enfer). Et Les vilains qui interviennent dans l'histoire sont bâclés. Bref, plutôt déçu par cet aspect du jeu. Et pourtant, des personnages comme Aquaboy, Invisimeuf, voire Chase ou Aurore, permettent de voire de très belles scènes qui auraient mérité d’être infiniment plus nombreuses. Plutôt que tous ces moments qui m’ont fait lever les yeux au ciel. Robert lui-même, désabusé mais s’attachant (comme nous) à cette drôle de bande, est très plaisant à incarner et l'un des personnages les mieux écrits du jeu.


Enfin, pour un jeu à choix, je me demande combien d’entre eux ont vraiment un impact, et si les embranchements sont si nombreux que ça. C'est évidemment difficile de proposer 50 ramifications différentes, encore plus quand il faut dessiner 50 cinématiques à la main derrière. Mais le jeu insiste de lui-même sur certains personnages, semblant ne laisser au joueur que peu de latitude sur le déroulé du jeu, du moins dans ses grands actes. Néanmoins, les stats finales indiquent qu’un tiers des joueurs a eu une fin d’aventure négative, c’est donc que ça ne doit pas être si facile ! Cela vaudrait le coup d'enchainer une autre partie en faisant des choix à l'opposé, voir ce que ça donne.


Un jeu très imparfait donc. Et pourtant il est impossible de nier qu’une fois l’aventure terminée, je ne rêvais que d’une chose : enchainer sur 8 nouveaux épisodes le plus vite possible et retrouver cette ambiance et ces personnages. C’est donc que le jeu apporte son lot de très bonnes idées, et touche mon cœur de gamer. Un Dispatch 2 est sûrement en production en ce moment, en témoignent les phrases que l’on peut encore lire à 30 secondes de la fin sur certains choix « Sonar s’en souviendra », « La Team Z s’en souviendra » alors que le générique est sur le point d’arriver. Tant mieux ! Plus qu'à atteindre son plein potentiel :)

Créée

il y a 5 jours

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