70 heures de jeu à mon actif
Vu que je suis lancé dans la découverte des jeux estampillés Divinity, autant ne pas m'arrêter en si bon chemin et poursuivre l'aventure, aujourd'hui avec Divinity II : Developer's Cut ! Du moins, c'est la version que j'ai de disponible sur Steam. Il faut savoir que le deuxième opus de la saga bénéficié de quelques éditions supplémentaires par rapport aux autres membres de la saga. Initialement sorti en 2009, Divinity II se nomme Ego Draconis. L'année suivante, une nouvelle version sort, nommée The Dragon Knight Saga et comprenant l'extension Flames of Vengeance. Il faudra attendre 2012 pour que Divinity II : Developer's Cut voit le jour, regroupant le jeu de base, l'extension mais également le programme utilisé par les développeurs pour tester leur jeu (rempli de codes de triche s'il faut grossièrement résumer). Toujours développé par Larian Studios, est-ce que ce nouveau titre sera nous faire oublier la semi douche froide de Beyond Divinity tout en réutilisant ce qui faisait de Divine Divinity une référence ?
Alors que nous terminons notre formation pour devenir un Draconis, nous sommes appelés dans un village où a été vu une des dernières représentantes de Chevaliers Dragons, ennemi de l'ordre des Draconis. Mais au moment où l'on se débarrasse d'elle, elle voit en nous le potentiel pour mener une mission des plus importante à son terme, faisant de nous... un Chevalier Dragon !
Pas plus de spoil !
Et c'est vrai que l'on commence assez fort, du moins, ce retournement de situation arrive assez tard dans le jeu, puisque le premier mot d'ordre de tout bon joueur de RPG est le suivant : prendre son temps - mais nous y reviendrons incessamment. Pour revenir à l'histoire, force est de constater que nous sommes face à un scénario original, qui a eu tendance à ne plus l'être au fur et à mesure des créations littéraires, cinématographiques ou vidéoludiques : le héros faisant parti d'un ordre devient sur les coups du sort membre de l'ordre némésis, effectivement, aujourd'hui, cela peut sonner comme du déjà vu. Néanmoins, il est bon de souligner que cette particularité va se répéter tout au long de l'aventure, à des degrés plus minimes certes mais pas moins perturbants, puisque l'on ne sait jamais si l'on est du côté du Bien ou du côté du Mal, et quelques décisions prises au cours de l'aventure peuvent faire pencher la balance d'un côté plus sombre que l'on aurait voulu. Chaque grande figure de puissance et de savoir - dont le retour de certaines, présentes dans les premiers jeux, font énormément plaisir ! - va tenter de nous rallier à sa juste (ou fourbe) cause et c'est en ça que le jeu est intéressant : on nous offre sur un plateau d'argent moult possibilités mais il ne revient qu'à nous de décider vers qui notre loyauté va aller, quitte à faire sombrer Rivellon dans le chaos. D'aucun dirait cependant que l'histoire principal se clôt peut-être trop rapidement, donnant l'impression que tout a été mis dans les quêtes secondaires, malgré un rebondissement (encore) assez inattendu pour un jeu de cette époque qui se permet
de nous faire perdre !
avant de ré-attaquer avec l'extension Flames of Vengeance. Et entre le jeu de base et l'extension, c'est le jour et la nuit puisque Ego Draconis se permet de nous plonger dans une histoire typique de Fantasy, avec de l'aventure, des combats, des rencontres marquantes... tandis que Flames of Vengeance, si elle n'est pas avare des quelques éléments cités, va plus mettre l'accent sur un narratif d'enquêtes dans une cité d'Aleroth étranglée par les invasions. Deux ambiances très distinctes qui apportent un éventail immersif plus que plaisant, de quoi relancer, sinon conserver l'intérêt et la fascination qu'à fait germer les premières heures de jeu.
Mais quoi qu'il en soit, d'un point de vue scénario, c'est une excellente surprise que de constater que l'histoire est toujours aussi centrale !
Pour les personnages à présent !
Parlons naturellement du nôtre avant de commencer : nous demeurons dans les mêmes veines que les premiers jeux, à savoir une construction esthétique pas forcément fournie, qui propose quelques coupes de cheveux et des tatouages tribaux (en exagérant grossièrement, il va sans dire)... bien loin donc des RPGs modernes où l'on passe deux heures à customiser notre personnage. Néanmoins, il est intéressant de souligner l'apparition - et ce sera une petite parenthèse - d'un mage pouvant modifier notre apparence à tout moment du jeu (ce qui n'est pas sans rappeler le Sculpteur de visages, présent dans le jeu The Elder Scrolls V - Skyrim). Présence intéressante donc, malgré un choix esthétique plutôt pauvre... Nous refermons la parenthèse pour mettre en lumière ce qui est véritablement important : les caractéristiques de notre personnage, et là, nous sommes en terrain connu. Il est vrai que, par rapport à Divine Divinity, nous perdons un petit peu en termes de compétences... cependant, elles sont toujours aussi nombreuses et la notion de RPG est toujours aussi présente avec l'amélioration de nos caractéristiques qui va nous permettre de surmonter assez rapidement les différents obstacles qui se dressent sur notre route ; et dieu sait qu'ils sont nombreux... Il en va de même pour notre nous draconique puisque nous recevons le pouvoir de se changer en dragon et d'arpenter les cieux d'Aleroth à notre guise (du moins, tant que les murs invisibles ne nous bloquent pas la route) et de déchaîner sur nos ennemis la rage et les flammes. Quelques compétences draconiques donc avec la possibilité de nous revêtir de différentes pièces d'armures - de même pour notre version humaine où les morceaux d'équipements sont nombreux !
Pour les autres personnages, nous rencontrons là encore de nombreuses figures charismatiques et hautes-en-couleur avec, comme susmentionné, des personnages issus des premiers jeux (le magicien Zandalor, le gobelin historien Zix Zax, etc...) mais aussi de nouvelles têtes appréciables, gonflantes, drôles à souhait... bref ! un panel plus que conséquent et plaisant de protagonistes qui rendent nombre de quêtes secondaires sympathiques à réaliser !
Passons à présent à la technique !
Commençons par les bons points pour changer : le jeu nous propose énormément de nouveautés sympathiques ! La fait de devenir le maître d'une tour et d'embaucher un alchimiste, un enchanteur, un forgeron, un maître d'arme, un nécromancien ainsi que d'autres sujets comme une danseuse ou des gars sillonnant le monde à la recherche de ressources précieuses que l'on va devoir équiper et soigner en fonction de leurs aventures. Le fait de se transformer en dragon qui apporte une nouvelle dimension et offre de nouveaux lieux et de nouvelles quêtes à accomplir. Le fait de pouvoir lire dans les pensées des différents personnages que l'on rencontre pour connaître le mot de passe d'une entrée, l'endroit où l'on cache des trésor ou juste de situations cocasses et gênantes. En bref, énormément d'éléments qui rendent le monde et le jeu plus organique et profond.
Maintenant, passons aux points plus délicats... A commencer par la difficulté qui, au tout début du jeu, est astronomiquement cauchemardesque ! Les ennemis frappent très fort et ont un panel de compétences exaspérant : ils peuvent nous métamorphoser en coccinelle, nous étourdir, nous faire des SPARTA à répétition, et surtout ! et ce point a gâché pas mal de mon plaisir des combats : nous rencontrons divers types d'ennemis - guerriers, archers... - mais surtout des sorciers en grand nombre qui s'amusent 80% de leur temps à soigner les adversaires que l'on affronte. Mais pas le petit soin qui rend cinq points de vie : la guérison ultime qui redonne absolument tous les points de vie aux ennemis que l'on avait presque anéanti ! Et ils peuvent faire ça deux fois avant que leur réserve de magie soit à sec. Si avec un sorcier dans un groupe que l'on combat est déjà plus qu'embêtant, je vous laisse imaginer quand il y en a six dans un seul et même groupe ! Alors on passe son temps à poursuivre les sorciers pour les abattre le plus rapidement possible avant de se rendre compte qu'ils se soignent entre eux ou appliquent leur sort de guérison à eux-même, et généralement, à ce moment là, on quitte le jeu frustré ! Et quitte à parler des ennemis ici - histoire de réduire au plus le paragraphe qui sera dédié aux combats - Divinity II se permet de nous proposer une carte plutôt grande, même si on a énormément perdu par rapport aux opus précédents, remplie d'ennemis dont le nombre est limité ! Ce qui veut dire qu'au bout d'un moment, on va se retrouver à gambader dans des lieux complètement vides... Et vu que l'on fait très souvent, notamment à cause des différentes quêtes, des allers-retours entre deux points drastiquement opposés sur la carte, autant dire que les promenades sont parfois très longues, bien que le sound design soit agréable !
Autrement, dans l'ensemble, il n'y a pas plus de problématiques à souligner.
Concernant les combats donc, si l'on excepte les points sus-présentés, les affrontements sont plus assez dynamiques même si on peut ressentir une certaine raideur dans les mouvements de notre personnage et surtout, on ne peut que tristement constater un problème qui demeure mon pire ennemi dans les jeux : dès l'instant où l'on débute une action, on ne peut pas en démarrer une autre si celle précédente n'est pas terminée. En soi, logique me direz-vous ! Sauf que si on souhaite se décaler pour éviter un tir, si on souhaite esquiver une attaque au corps-à-corps, si on veut lancer un sort de soin ou boire une potion, si on veut reculer pour se mettre à l'abri des coups... une action, quelle qu'elle soit avant celle voulue, critique au sein des combats, et bien c'est foutu ! On passe donc le plus clair de notre temps à prendre des coups pourtant facilement évitable et à appuyer comme un demeuré sur nos touches de compétences en espérant que celles-ci arrivent à temps pour nous sauver ou renverser le combat...
Pour l'aspect graphique, force est de constater que en comparaison de Beyond Divinity, nous sommes face à une bien meilleure qualité graphique ! Ce qui permet d'abandonner la vue isométrique pour profiter d'un point de vue plus standard dans les jeux de type RPG. On regrettera qu'en de petits moments, surtout lors de combats avec beaucoup de monde, nous observons une baisse graphique pour que le jeu puisse continuer de tourner.
Pour les lieux visités, si la carte est convenable, les décors sont malheureusement assez similaires malgré l'apparition au fur et à mesure de notre aventure de zones atypiques. C'est que l'on passe tellement de temps dans une certaine zone, à réaliser les différentes quêtes secondaires, que l'on en vient à ressentir de la monotonie vis-à-vis des décors que nous avons autour de nous. Mais le peu de structures qui jonchent les différents montagnes ajoutent assez d'originalité pour ne pas s'ennuyer profondément visuellement parlant.
Pour les musiques, si elles sont de très bonnes factures, force est de constater qu'elles ne parviennent pas à surpasser - pour l'heure - la superbe qu'avaient pu avoir les compositions des premiers opus (plutôt du premier, puisque Beyond Divinity a pu profiter des compositions de son ainé), ce qui est somme toute dommage, car on aurait apprécié avoir véritablement une identité musicale pour les événements vécus dans cet opus.
Divinity II : Developer's Cut, ou du moins Divinity II : The Dragon Knight Saga, est une excellente suite qui brille par de nombreuses nouveautés, qu'elles soient graphiques ou de simples apports au jeu qui le rend bien plus immersif et organique. Si l'histoire principale est un peu courte, les quêtes secondaires parviennent à relever ce petit défaut en proposant des situations drolatiques et cocasses à souhait. Que ce soit pour le jeu de base ou pour l'extension, c'est un plaisir de se balader à travers les rues d'Aleroth ou à travers les différents lieux de Rivellon à la rencontre d'ennemis impressionnants et de personnages loufoques. C'est logiquement que je recommande ce titre qui sait nous faire oublier les désagréments causés par Beyond Divinity même si Divinity II possède, malheureusement, son lot de déconvenues.
Et n'oubliez pas que la Fantasy nous appartient !