Donkey Kong Bananza
7.6
Donkey Kong Bananza

Jeu de Nintendo EPD et Nintendo (2025 · Nintendo Switch 2)

En 2017, Super Mario Odyssey s’impose rapidement comme l’un des titres majeurs de la Switch. Salué par la critique pour sa créativité, son level design ouvert et son renouvellement intelligent des mécaniques classiques de la licence, le jeu rencontre également un immense succès commercial. Il devient un moteur clé de l’attractivité autour d’expériences solo ambitieuses. Ce succès consolide aussi la réputation de l’équipe de développement, démontrant sa capacité à exploiter pleinement les possibilités matérielles de la Switch.

Nintendo choisit de capitaliser sur le savoir-faire de cette équipe de développement et opte pour un retour à l’univers de Donkey Kong, avec l’ambition de le moderniser en profondeur, sur leur prochain jeu. Le projet est conçu comme un prequel, afin d’établir des liens narratifs et thématiques entre les deux univers. Cette approche offre une grande liberté créative tout en s’inscrivant dans une continuité cohérente de l’écosystème Nintendo.

Au cours du développement, l’équipe est informée de l’existence et des orientations techniques de la future Nintendo Switch 2. Rapidement, il devient évident que certaines ambitions du projet dépassent les capacités de la console actuelle. En particulier, le système de destruction environnementale envisagé nécessitant une puissance de calcul accrue et une architecture plus moderne. Après analyse, Nintendo décide de faire basculer le projet vers la nouvelle console, afin de garantir une expérience fidèle à la vision initiale des développeurs.

En 2025, lors de la présentation officielle de la Switch 2, Nintendo dévoile simultanément ce nouveau jeu Donkey Kong comme l’un des titres phares de la console. La démonstration met en avant les avancées technologiques de la machine, notamment en matière de rendu graphique, de physique et de destruction en temps réel. Le jeu est immédiatement perçu comme une vitrine, illustrant concrètement la rupture générationnelle entre la Switch et sa successeure, tout en rassurant les joueurs sur la continuité des expériences Nintendo centrées sur le gameplay.

Le 17 juillet 2025, Donkey Kong Bananza sort sur Switch 2 et marque l’un des premiers grands lancements exclusifs de la Nintendo Switch 2. Le jeu bénéficie d’une forte visibilité et s’impose rapidement comme un titre de référence du catalogue de lancement.

Quel plaisir de retrouver un jeu de plateforme qui évoque immédiatement les grandes années de la Nintendo 64 et de la GameCube. Dès les premières minutes, le sentiment est immédiat : celui de replonger en enfance. Les sensations rappellent les Mario ou encore les Banjo-Kazooie, avec cette liberté de mouvement, ce goût pour l’exploration et cette générosité dans le contenu. La nostalgie est omniprésente, mais elle n’est jamais artificielle ; elle s’inscrit naturellement dans une philosophie de design qui assume pleinement cet héritage.

Le jeu rassemble absolument tout ce que j’aime dans le jeu de plateforme 3D. Des niveaux ouverts qui encouragent l’exploration, des boss bien identifiés, des mécaniques inédites introduites régulièrement pour renouveler le gameplay, et surtout une quantité impressionnante de collectibles. Il y en a partout, à tous les étages, et chacun pousse à fouiller un peu plus l’environnement. Cette abondance n’est jamais décourageante, au contraire : elle donne constamment envie d’aller plus loin et d’exploiter pleinement chaque zone.

Le concept central du jeu repose sur la destruction, et il est exploité jusqu’au bout. Littéralement tout peut être cassé, détruit, pulvérisé. Ce n’est pas un simple gadget visuel, mais une véritable mécanique de jeu qui influence l’exploration et la progression. Il y a quelque chose de profondément cathartique dans cette liberté totale : on peut raser une zone méthodiquement, fouiller les décombres à la recherche de trésors cachés, ou simplement céder à l’envie de tout réduire en miettes. Cette destruction permanente donne une sensation de puissance et de contrôle rarement atteinte dans un jeu de plateforme.

La direction artistique est tout simplement magnifique. Les graphismes sont soignés, lisibles et très expressifs, mais ce sont surtout les couleurs qui marquent les esprits. Cette dominance de jaune et d’or confère au jeu une identité visuelle forte, chaleureuse et immédiatement reconnaissable. Chaque zone déborde de vie et de détails, et l’ensemble dégage une énergie presque constante qui renforce le plaisir d’exploration.

Les musiques sont exceptionnelles et occupent une place centrale dans l’expérience. Le personnage de Pauline, ici présentée comme une chanteuse, apporte une dimension musicale unique au jeu. Lors des transformations de Donkey Kong, elle chante, et ces passages deviennent de véritables moments forts. Les morceaux sont funky, pétillants, percutants, et participent pleinement à l’identité du jeu. La musique n’accompagne pas simplement l’action : elle la sublime.

Malgré son ton joyeux et nostalgique, le jeu n’est pas dénué de difficulté. Si l’on néglige la collecte des bananes servant à obtenir des points de compétence, on peut rapidement se retrouver en difficulté face aux boss finaux. C’est exactement ce qui m’est arrivé. Les affrontements deviennent alors plus exigeants, demandant précision, maîtrise des mécaniques et parfois plusieurs tentatives. Cette montée en difficulté apporte un vrai enjeu et évite que l’expérience ne devienne trop permissive.

Le plaisir ne s’arrête pas au générique de fin. Le post-game est tout aussi plaisant, notamment pour celles et ceux qui visent le 100 %. De nombreux éléments restent à collecter, et retourner dans les différentes zones ou strates, devient presque un rituel. Continuer à nettoyer méthodiquement chaque environnement est étonnamment satisfaisant et prolonge efficacement la durée de vie sans jamais lasser.

Donkey Kong Bananza réussit brillamment à conjuguer nostalgie et modernité, en reprenant les codes qui ont fait la grandeur du jeu de plateforme 3D tout en les enrichissant d’idées fortes, à commencer par un système de destruction particulièrement abouti. Sa direction artistique éclatante, sa bande-son omniprésente et inspirée, ainsi que la générosité de son contenu en font une expérience marquante sur Nintendo Switch 2. C’est un jeu qui se savoure sur la durée, qui récompense la curiosité et l’investissement du joueur, et qui rappelle surtout pourquoi Nintendo reste une référence absolue lorsqu’il s’agit de concevoir des jeux de plateforme mémorables.

StevenBen
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le 7 janv. 2026

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Steven Benard

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