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Tired Emblem
Entre les temps de chargement aussi interminables que les dialogues, et ces derniers étant aussi insipide que les phases d'exploration du monastère, il n'y a pas grand chose à sauver de ce Fire...
le 13 oct. 2019
Jeu de Intelligent Systems, Koei Tecmo Games et Nintendo (2019 · Nintendo Switch)
Fire Emblem : Three Houses est un bon titre qui a le malheur de vouloir étirer ses quelques idées intéressantes sur des longueurs interminables. Pas loin de 60h pour terminer le scénario avec Eldegard alors qu'en 20h vous avez clairement fait le tour du jeu. Une session de Fire Emblem : Three Houses se découpe invariablement de la même manière. D'abord la phase de combat, celle-ci est soit liée à la quête principale soit en rapport avec des missions secondaires (la plupart anecdotiques pour ne pas dire sans intérêt). Ensuite retour à l'école de formation, très clairement en mode Poudlard, dans lequel vous évoluez dans un niveau en 3D pour discuter avec les personnages, créer des affinités avec certains élèves en fonction des activités partagées, acheter de l'équipement, matériel divers et réaliser des quêtes Fedex pourries. C'est lors de ces phases que vous pouvez recruter de nouveaux membres pour votre escouade, toujours en fonction des affinités que vous allez développer. Comment créer des liens ? C'est là que j'ai du mal. Il faut boire du thé avec l'étudiant visé, manger un morceau, chanter en chorale, partager des discussions contextualisées pour augmenter la capacité de soutien, offrir des cadeaux personnalisés, retrouver les objets perdus et disséminés ça et là dans l'école. On est très proche d'un Tamagotchi ou d'un Sims pour pauvre. Le problème est que ces phases n'ont aucun intérêt ludique puisque le succès ou l'échec de la plupart des interactions en entièrement basé sur la chatte (allez deviner quel est la fleur préféré d'untel, le thé préféré d'untel etc. sans regarder une soluce sur internet, bonne chance) en plus d'être très répétitives. Il est bien évidemment possible d'éviter les "Quartiers libres" pour se concentrer uniquement sur les combats mais en faisant cela vous perdez un pan entier du gameplay proposé.
La partie la plus intéressante et jouissive reste bien évidemment les combats. Fidèle à la tradition, on est sur du RPG tactique au tour par tour comme la licence Fire Emblem sait le faire depuis des années. On déplace la totalité de son armée en fonction de ses capacités à la manière d'un jeu d'échec tout en affrontant les adversaires sur le chemin puis vient le tour de l'adversaire et ainsi de suite. La finesse d'un tel gameplay réside dans l'anticipation des mouvements adverses, dans l'organisation de vos troupes, il faut faire attention notamment à ne pas exposer les plus faibles (archers, mages) en bloquant l'accès à ces derniers grâce à un positionnement astucieux de vos troupes plus solides. Pour ma part, j'ai bien apprécié la possibilité de faire évoluer chaque personnage vers une classe de prédilection tout comme la montée en puissance progressive. En revanche le bât blesse en ce qui concerne la variété des armes et équipements plutôt pauvre, l'inutilité des sorts, même à très haut niveau, qui ont l'incroyable particularité vers la fin du jeu de faire moins de dégât qu'un coup classique, en plus d'user davantage la durabilité de vos armes. Fire Emblem : Three Houses ne vous opposera quasiment aucune difficulté digne de ce nom. On roule sur les adversaires quasiment de la première à la dernière heure. Il y a bien quelques missions un peu plus corsées dans le dernier segment mais ne vous inquiétez pas, il suffit de remonter le temps et votre personnage décédé reviendra miraculeusement à la vie.
Le scénario de ce Fire Emblem rappelle un peu les romans d'héroïque-fantaisie du XXème siècle avec la mise en scène de plusieurs familles royales, héritières légitimes ou non, de royaumes rivaux dont les développeurs aiment à mettre en image la carte géographique avec les déplacements de troupes etc. Le truc c'est qu'à aucun moment je ne suis parvenu à rentrer dans ce scénario qui mélange allégrement des enjeux globaux avec des chicaneries d'adolescents en quête d'identité. D'un côté vous avez la guerre et le destin d'un royaume suspendu à vos actions, de l'autre les conversations d'un personnage trop timide qui a peur de son ombre, ou un autre qui nous raconte des choses futiles sur sa vie passé… Les intentions des développeurs sont claires et louables : ils ont cherché à donné un peu de profondeur à leurs personnages, à les humaniser, mais si l'intention est bonne le résultat est médiocre. Pourquoi ? Aucune mise en scène des dialogues. Vous êtes sur Nintendo Switch en 2019 mais vous allez vous taper pendant de longues heures des lignes de dialogues mis en scène comme sur Game Boy Advance. Voilà. De plus, les personnages ne retranscrivent aucune émotion, les visages "manga" sont impassibles, les animations nulles (il n'y en a pas). Comment voulez-vous être empathique avec les discussions interminables, les atermoiements de tous ces adolescents ? Pour moi c'était mission impossible, j'en avais rien à foutre.
Puisqu'on parle d'animation et de réalisation graphique, le style Fire Emblem est toujours plaisant. Les personnages sont stylés et bien identifiés. Aucun problème pour reconnaître la vingtaine de héros. Par contre, c'est quoi ces graphismes des années 2000 ? Les niveaux sont dégueulasses, vides, statiques. Dites vous bien qu'ils n'ont modélisé en 3D qu'un seul et unique niveau dans lequel vous pouvez librement vous mouvoir : l'école. Le reste n'est que la modélisation sommaire des terrains de combat circonscrits à quelques cases. Et l'école rappelle littéralement des graphismes Xbox 360 voire Gamecube. Quelle tristesse !
Pour conclure, Fire Emblem : Three Houses comporte trop de défauts pour être désigné selon moi comme un jeu à posséder à tout prix lorsqu'on possède une Switch. Réalisation graphique médiocre, gameplay partagé entre des phases de combats qui finissent par être monotones au 2/3 du jeu et l'aspect Sims scolaire complètement foiré. Trop simple en mode normal, vous êtes à votre insu dans un simulateur de rouleau compresseur pendant 60h. Sans parler du scénario aux intentions louables mais qui se perd dans des élucubrations infinies, un brouhaha insupportable de poncifs éculés mis en scène superbement comme en 2001 sur GBA. Alors oui 7/10 quand même car les 20-30 premières heures sont plutôt agréables parce qu'on rentre malgré tout dans le trip de "combat, école, formation, personnalisation etc" puis on déchante lorsqu'on se rend finalement compte de l'indigence du propos et surtout, de l'étalage ad nauseam du concept sur plus d'une cinquantaine d'heures. Et dire que certaines recommandent de recommencer le titre en prenant l'un des trois embranchements possibles au départ (représentés sur la jaquette par les trois élèves issus des trois familles rivales)… C'est de la folie ! Je recommande pour les fans de Fire Emblem et/ou d'Advance Wars ou, plus généralement, pour les amateurs des productions d'Intelligent Systems sinon passez votre chemin.
Créée
le 21 août 2021
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