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le 16 avr. 2016
SuivreComme une odeur de brûlé
Firewatch se divise en deux parties. La première est une promenade, un émerveillement tranquille, presque tendre, face à la souveraineté d'une nature magnifique. Il y a dans ce jeu un vrai parfum...
J'ai beau me préparer psychologiquement lorsque je joue à un jeu narratif, mais j'ai toujours un peu de mal à accepter l'idée de ne pas voir l'histoire soutenue par un peu plus d’interaction. Le scénario est-il si excellent qu'il ne pourrait que s'effondrer si le développeur avait l'audace d'insérer ici et là un peu de gameplay ? Il n'est même pas question d'un véritable défi ludique, mais de simples interactions permettant au joueur de s'immerger davantage dans l'univers proposé.
Je pensais que ça serait un peu le cas dans ce Firewatch. Après tout, le terrain de jeu est un petit monde semi-ouvert qui nous permet de nous perdre dans la nature. Cette errance promise par la carte correspond totalement à ce qui est raconté dans le jeu: un homme veut fuir une situation désastreuse de sa vie. Il accepte donc un boulot de garde-forestier (garde d'incendie, en fait) qui lui permet de s'oublier. Le parallèle avec le joueur tentant peut-être de fuir sa réalité à travers un jeu vidéo est bien vue tant elle reste subtile (pas de destruction du quatrième mur).
L'histoire est simple et finalement très réaliste. C'est un drame psychologique qui expose la façon dont les gens insatisfaits parviennent à s'inventer des fictions auxquelles ils croient dur comme fer. Pourtant, Firewatch ne va pas très loin dans cette proposition, peut-être en grande partie parce que la liberté de déplacement et d'action est elle aussi illusoire. Le joueur un peu curieux remarque très vite les limites, ce qui m'a apporté un peu de frustration.
Face à la simplicité des objectifs, il ne reste qu'une solution: se laisser porter par le jeu impeccable des deux acteurs qui parlent beaucoup... vraiment beaucoup... atténuant toujours davantage cette sensation d'être perdu qu'on ressentait dans les premières minutes.
La balade reste cependant agréable. Même si on tourne vite en rond dans notre prison dorée, on reste accroché au destin de nos deux personnages par la grâce de dialogues très bien écrits quoique manquant parfois un peu de naturel. Le jeu est une bouffée d'air frais pour quiconque recherche une expérience courte et dépaysante, mais il ne fait qu'effleurer ce qu'un peu plus d'ambition aurait peut-être pu transformer en classique du genre.
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Créée
le 27 juil. 2025
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le 16 avr. 2016
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