+ 44h00 de jeu pour le 100 %
Environ 30h00 pour l’histoire en flânant
8/10
Points négatifs
- J’ai préféré Ghost of Tsushima
- Une histoire beaucoup trop classique de vengeance
- L’IA est quand même con-con en infiltration
- Des personnages secondaires pas assez charismatiques comparés au premier opus
Points positifs
- Jeu purement et simplement magnifique en terme de graphismes
- Bonne durée de vie pour le 100% (environ 44 heures)
- Un monde ouvert vivant
- Exploration naturelle par vent directeur et par longue vue
- Une excellente OST, comme l’opus précédent
- Une difficulté bien dosée
- Aucun chargement, on est directement dans le jeu
- L’arc rédempteur de vengeance du personnage principal d’Atsu
- Un très bon doublage VF
Ma critique en vidéo ici.
Après avoir passé des dizaines d'heures à parcourir les terres sauvages de l’île de Yotei, je peux maintenant donner mon avis sur ce jeu qui, s'il ne révolutionne pas la formule, reste tout de même excellent.
Une immersion visuelle et sonore sans précédent
Dès l'ouverture du jeu, j'ai été frappé par la maîtrise de Sucker Punch. Le jeu est purement et simplement magnifique. On ne parle pas seulement de textures, mais d'une direction artistique qui comprend la lumière, le mouvement des herbes hautes et la brume des sommets. Le Mont Yotei représente une présence constante qui impose son aura sur tout le monde ouvert. Ce monde ouvert me semble bien plus vivant que celui de Tsushima : la faune est plus présente, les écosystèmes plus variés, et l'interaction avec les éléments semble plus organique.
Cette immersion est magnifiée par l'aspect technique : l'absence de chargements est une prouesse qui change radicalement la perception de l'aventure. On passe d'une cinématique au gameplay, ou d'un voyage rapide à l'action, sans jamais rompre le fil de l'histoire. Pour couronner le tout, l’excellente OST, dans la digne lignée du premier opus, accompagne mes chevauchées avec une mélancolie qui m'a souvent donné des frissons. Le doublage VF, de son côté, est d'une qualité excellente, avec des voix qui habitent réellement les personnages et renforcent la crédibilité de chaque échange.
L'art de l'exploration et le rythme de l'aventure
En termes de structure, j'ai trouvé la durée de vie excellente pour viser le 100 % (environ 44 heures). C’est un format qui respecte le temps du joueur, évitant le remplissage inutile que l'on retrouve chez certains jeux Ubisoft. En prenant mon temps pour explorer, j'ai terminé l'histoire en environ 30 heures, un rythme qui permet de s'imprégner de l'atmosphère sans perdre de vue l'enjeu principal.
L'exploration reste le point fort du jeu grâce au vent directeur et à l'usage de la longue-vue. Je préfère mille fois scruter l'horizon plutôt que de suivre des icônes sur une carte saturée à la Ubisoft. C'est une invitation au voyage pur. De plus, j'ai trouvé la difficulté particulièrement bien dosée : les duels demandent de la concentration et de bons réflexes, mais le jeu reste accessible, récompensant la maîtrise des parades et des esquives sans être punitif.
Les combats et duels
On retrouve le système de postures, mais elles sont désormais liées à des armes que l’on acquiert dans le jeu. Chaque arme est conçue pour briser la garde de types d'ennemis spécifiques (lanciers, porteurs de haches, épéistes).
Une des nouveautés dans le jeu est l'apparition d’armes à feu et des premiers pistolets. Contrairement à l'arc qui privilégie la cadence et la discrétion, les armes à feu sont extrêmement bruyantes et lentes à recharger, mais elles infligent des dégâts colossaux et peuvent briser les boucliers les plus lourds.
Le jeu repose toujours sur une lecture précise des mouvements adverses. Un blocage au dernier moment déclenche un ralenti permettant une contre-attaque mortelle. Certains coups (signalés par une lueur rouge) sont imparables et forcent Atsu à utiliser sa mobilité naturelle.
En complément du katana, Atsu dispose de tout un attirail d'outils de diversion et de mort rapide, le Kusarigama (Faucille et chaîne) est une arme redoutable pour le contrôle de zone, permettant d'attirer un ennemi à soi ou de balayer un groupe.
On retrouve également des outils de diversion comme des pétards, fumigènes et kunais restent présents pour reprendre l'avantage quand on est submergé.
Enfin, passons aux duels, ces moments sont des parenthèses cinématographiques où seule la technique compte.
Atsu et la thématique de la vengeance
Au cœur de ce récit, nous suivons Atsu. J'ai trouvé son arc de rédemption par la vengeance très bien écrit. C'est un personnage plus sauvage, plus brut que Jin Sakai, et sa quête personnelle est traitée avec une certaine mélancolie. On sent le poids de ses choix et la douleur qui la pousse en avant. C'est une trajectoire humaine touchante qui donne du corps à la violence des affrontements.
Pourquoi j'ai préféré Ghost of Tsushima
Malgré toutes ces qualités, je dois admettre que j'ai préféré Ghost of Tsushima. Le premier opus avait pour lui la force de la découverte et un souffle épique lié au destin d'une nation entière. Ici, je me suis retrouvé face à une histoire de vengeance beaucoup trop classique.
Ce manque d'audace se ressent aussi dans le casting. J'ai trouvé les personnages secondaires moins charismatiques que dans le premier jeu. Là où je portais un réel attachement aux quêtes personnelles de mes alliés à Tsushima, ceux du Yotei m'ont paru plus anecdotiques, presque fonctionnels. Enfin, parlons d’un point que je n’ai pas encore abordé mais qui casse un peu le jeu, l’IA.. C’est le point qui m'a le plus déçu : l'IA reste assez "con-con" en infiltration. Voir un garde ignorer un cadavre à trois mètres de lui ou perdre ma trace dès que je grimpe sur un toit brise parfois l'immersion dans ce monde.
Conclusion et Note : 8/10
Ghost of Yotei est un voyage somptueux, une ode à la nature et à la culture japonaise qui ravira tous les amateurs de mondes ouverts. C'est une suite maîtrisée, solide et visuellement époustouflante. Cependant, l'ombre de Jin Sakai plane encore : le manque de charisme des alliés et une trame principale un peu convenue l'empêchent de détrôner son aîné dans mon cœur, malgré une héroïne fascinante et une technique irréprochable.