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Ca faisait un moment que je n'avais pas touché une production Double Fine. En fait, je crois bien que cela remonte à Stacking, c'est dire. Et pourtant, j'adore ce studio. J'adore leur esprit décalé, leur impertinence, leur personnalité singulière, et leur obsession à sortir du conformisme ambiant, souvent avec talent. Ici clairement, c'est encore le cas.
Croyez le ou pas, mais dans Keeper on incarne un Phare qui devient vivant et qui se lance dans un périple incroyable accompagné d'un oiseau avec une drôle de tête. C'est complètement délirant, certes, mais en fait tout est pertinent : on est un phare, donc un peu lourdaud, et la manière d'appréhender les obstacles en dépend. On est un phare, donc on peut éclairer l'environnement en utilisant le deuxième stick, et ça sert tout le temps. On est accompagné par un oiseau qui, lui, est bien plus mobile que son compagnon de béton. Et il faudra donc solliciter Brindille (c'est son nom) pour aller actionner un truc ou remuer un machin afin de permettre la progression du duo vers l'avant.
Et voila, c'est ça Keeper. C'est un jeu d'aventure où deux personnages à la fois grotesques et attachants coopèrent pour aller de l'avant en bravant les obstacles et en résolvant des énigmes. Rassurez-vous, ce n'est jamais très compliqué, on est loin d'un point and click de la grande époque. Mais par contre, quel régal pour les yeux les amis : Keeper a probablement une des directions artistiques les plus réussies de l'année. Visuellement parlant, le jeu est un enchantement du début à la fin, une véritable féérie qui étonne constamment et qui met en exergue le talent incontestable des gens de Double Fine. Et c'est donc avec énormément de plaisir que l'on traverse tout cela. C'est fabuleusement beau, toujours très drôle, parfois inquiétant, souvent touchant, et tout ça sans jamais prononcer le moindre mot. Et sans rien dévoiler, sachez que le titre surprend et se renouvelle à plusieurs occasions, juste à temps quand le joueur commence à se lasser.
Bref, du grand art comme seul une poignée de studios à travers le monde peuvent produire. Et évidemment, Microsoft n'a rien trouvé de mieux à faire que de se séparer d'eux. Un tel concentré de talent, des gens avec une vision si singulière et si originale, et ces crétins sont incapables d'en percevoir la valeur. Alors maintenant qu'ils sont indépendants, qu'ils ont quitté cette cage dorée qu'est le Game Pass, aidons-les et achetons leur productions. Ce sera leur seule planche de salut, et ils le méritent plus que largement.
NB : j'ai fait le jeu sur PS5, mais bizarrement Sens Critique ne semble pas connaître cette version.
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