Le 07 septembre 2018, MARVEL’s Spider-Man sort en exclusivité sur PlayStation 4 et marque immédiatement les esprits. Le titre réussit à capturer tout ce qui fait l'essence de Spider-Man, au point de devenir l'un de mes jeux de super-héros préférés. Se balancer entre les gratte-ciel de Manhattan procure une sensation de liberté rarement égalée dans un jeu vidéo, tandis que les combats sont à la fois fluides, dynamiques et spectaculaires. La mise en scène des missions principales rivalise avec celle des films, alternant séquences d'action intenses et moments plus calmes qui développent les personnages. À cela s'ajoute une histoire captivante, portée par un Peter Parker expérimenté mais toujours profondément humain. Chaque élément du jeu semble avoir été pensé avec soin, faisant de cette première aventure une véritable référence pour les adaptations de comics en jeu vidéo.
Le 19 novembre 2020, MARVEL’s Spider-Man : Miles Morales arrive sur PlayStation 4 et PlayStation 5. Présenté comme la prochaine aventure de la licence, beaucoup de joueurs s'attendent naturellement à découvrir une véritable suite au premier opus. Pourtant, après quelques heures de jeu, il devient évident qu'il ne s'agit pas d'un second épisode à part entière. Le jeu reprend presque intégralement la carte de Manhattan, conserve les bases du gameplay et se concentre sur une campagne beaucoup plus courte. Certes, Miles Morales possède ses propres pouvoirs bio-électriques, ses capacités de camouflage et une personnalité qui lui est propre, ce qui renouvelle agréablement les combats. Cependant, l'ensemble ressemble davantage à une extension ambitieuse ou à un add-on qu'à une véritable évolution de la série.
Insomniac Games ne tarde d'ailleurs pas à confirmer cette impression. Le studio explique officiellement que le jeu sur Miles Morales n'a jamais été pensé comme une véritable suite, mais plutôt comme une aventure intermédiaire destinée à faire patienter les joueurs. Ce projet permet d'explorer un autre protagoniste tout en réutilisant les bases techniques du premier jeu. Dans le même temps, les développeurs annoncent qu'une véritable suite est déjà en préparation. Cette confirmation rassure les fans, qui comprennent que les plus grandes évolutions de la licence sont réservées au prochain épisode principal.
Le 20 octobre 2023, MARVEL’s Spider-Man 2 sort exclusivement sur PlayStation 5 avant d'être porté sur PC quelques mois plus tard. Véritable suite, il réunit Peter Parker et Miles Morales dans une aventure plus ambitieuse, profitant pleinement des capacités techniques de la nouvelle génération de consoles.
Le studio nous fait incarner à tour de rôle Peter Parker et Miles Morales, deux Spider-Men qui tentent tant bien que mal de jongler entre leurs responsabilités de héros et leurs vies personnelles. Alors que Peter cherche à retrouver un équilibre entre son rôle de protecteur de New York, ses relations et ses ambitions professionnelles, Miles doit encore apprendre à trouver sa propre identité derrière le masque. Leur quotidien est loin d’être simple, car être Spider-Man implique constamment des sacrifices et des choix difficiles. Mais leur situation va rapidement basculer avec l’arrivée de Kraven le Chasseur, un prédateur déterminé à traquer les êtres les plus puissants de la planète pour trouver une proie digne de lui. À cette menace s’ajoute l’apparition du Symbiote, une substance extra-terrestre mystérieuse qui va progressivement influencer Peter, amplifier ses émotions négatives et remettre en question l’homme.
C’est dans ce contexte tendu que débute l’aventure, après une introduction spectaculaire qui démontre immédiatement toute la maîtrise d’Insomniac Games lorsqu’il s’agit de mettre en scène l’univers de Spider-Man. Dès les premières minutes, le joueur est plongé dans une séquence d’action impressionnante qui utilise parfaitement les capacités de la PlayStation 5 et pose les enjeux de cette nouvelle histoire. Le studio continue également de briller dans sa réalisation, avec une caméra dynamique et des plans qui mettent en valeur aussi bien la puissance de Peter que l’agilité de Miles. Le fait d’alterner entre les deux héros apporte une vraie richesse narrative, chacun ayant sa propre vision du rôle de Spider-Man. Enfin, le compositeur John Paesano revient une nouvelle fois pour accompagner l’aventure avec des thèmes héroïques et mémorables, renforçant encore l’aspect spectaculaire de chaque moment clé.
Sans grande surprise, il est difficile de ne pas être impressionné par la prouesse technique. Que ce soit en mode performance ou en mode qualité graphique, le jeu affiche une fluidité et un niveau de détail remarquables, même si l’expérience reste finalement assez proche de celle proposée par les précédents épisodes. Après tout, nous sommes toujours dans New York, une ville déjà largement explorée auparavant. Les développeurs ajoutent bien de nouvelles zones avec des versions agrandies du Queens et de Brooklyn, mais Manhattan reste le véritable cœur de l’aventure et n’a que très peu évolué. Cela ne gâche cependant jamais le plaisir de parcourir la ville, car la sensation de vitesse et de liberté reste toujours aussi agréable. L’ajout des Delta-toiles apporte également une nouvelle manière de se déplacer, permettant de planer au-dessus des rues et de traverser New York avec une efficacité impressionnante.
Cependant, l’arrivée de Brooklyn et du Queens pose rapidement quelques limites. Ces nouveaux quartiers sont loin d’avoir le même impact visuel ou émotionnel que Manhattan, notamment pour un joueur européen qui connaît moins les lieux emblématiques de ces zones. De plus, leur architecture plus résidentielle rend les déplacements en toile parfois moins naturels et moins spectaculaires que dans le centre de la ville. Heureusement, les Delta-toiles viennent largement compenser ce problème en offrant une alternative rapide et extrêmement plaisante à la traditionnelle navigation entre les immeubles. L’excellente idée d’ajouter des courants d’air dispersés dans la ville permet même de prendre de la hauteur et d’enchaîner les déplacements à une vitesse folle. Cette mécanique apporte une nouvelle dimension à l’exploration et rend les trajets moins répétitifs.
Il faut également reconnaître qu’Insomniac Games conserve intact son amour pour le personnage de Spider-Man et son univers depuis le premier épisode. Chaque élément semble avoir été conçu avec une véritable passion pour le matériau d’origine, que ce soit dans l’écriture des personnages, les références aux comics ou les nombreuses surprises réservées aux fans de longue date. Kraven le Chasseur est notamment une réussite totale, avec une adaptation qui respecte son côté brutal, sauvage et obsessionnel. Certaines idées de gameplay liées à l’univers MARVEL récompenseront particulièrement les lecteurs de comics attentifs, avec des moments inattendus qui montrent que le studio n’a pas peur d’aller chercher dans des recoins moins connus de l’histoire du personnage. Sans révéler les surprises, un passage impliquant un personnage secondaire démontre parfaitement cette volonté d’explorer toute la richesse de l’univers Spider-Man. Le jeu propose également des séquences plus sombres, avec une ambiance parfois oppressante et presque horrifique, apportant une tonalité différente à l’aventure.
La majorité de l’histoire reste cependant centrée sur Peter Parker, son évolution, ses doutes, sa chute progressive et son combat pour rester fidèle à ses valeurs. Le récit explore particulièrement bien la dualité entre la puissance offerte par le Symbiote et les conséquences qu’elle entraîne sur l’homme qui l’utilise. À l’inverse, Miles Morales semble parfois placé au second plan dans la quête principale, malgré tout le potentiel de son personnage. Il faudra davantage s’intéresser aux missions secondaires pour réellement voir son évolution et son importance prendre de l’ampleur. C’est finalement dans le dernier acte que Miles obtient enfin la place qu’il mérite pleinement. Malgré cela, la campagne principale reste un véritable spectacle cinématographique, avec des scènes d’action grandioses, des moments émotionnels forts et une utilisation particulièrement efficace de tout ce qui fait l’identité de Spider-Man.
Du côté des antagonistes, le jeu continue de démontrer la richesse incroyable de la galerie de vilains liée aux deux héros. Après avoir mis en avant Kraven et Venom dans sa communication, le jeu n’oublie pas de faire revenir plusieurs figures connues comme Mister Negative ou Scorpion, tout en introduisant de nouveaux ennemis majeurs comme le Lézard, Sandman et Mysterio. Malgré trois jeux, Insomniac Games prouve qu’il reste encore énormément de personnages à exploiter dans cet univers. Les fans de comics pourront également imaginer de nombreuses possibilités pour l’avenir avec des figures comme le Chacal, Morbius ou Jack O’Lantern. Les scènes post-génériques ouvrent d’ailleurs clairement la porte à de futures aventures, en laissant entrevoir l’arrivée du Bouffon Vert, le retour du Docteur Octopus et une menace potentielle liée à Carnage.
Concernant les combats, il ne faut pas s’attendre à une révolution complète puisque les bases restent très proches des deux premiers jeux. Les mécaniques principales sont toujours présentes : esquives, contres, attaques aériennes, utilisation des toiles et gadgets restent au centre des affrontements. Cela fonctionne toujours aussi bien grâce à une grande fluidité et une sensation de puissance permanente, mais l’effet de nouveauté est forcément moins présent. Les principales évolutions viennent des nouveaux arbres de compétences, avec des capacités propres à Peter grâce au Symbiote et de nouvelles attaques électriques pour Miles Morales. Chaque Spider-Man possède ainsi son style particulier tout en partageant une base commune. L’interface propose énormément de possibilités avec les compétences, les gadgets, les améliorations de costumes et les nombreuses tenues disponibles, désormais personnalisables avec différentes variantes de couleurs. Malgré cette abondance de menus, l’ensemble reste étonnamment clair et accessible, preuve d’un excellent travail d’ergonomie.
Du côté de l’infiltration, les changements sont plus discrets, mais certaines nouveautés modifient considérablement l’approche des missions. Miles Morales reste naturellement avantagé grâce à son pouvoir d’invisibilité, qui lui permet de gérer les situations avec davantage de sécurité. Cependant, l’arrivée du filin de toile rend les phases d’infiltration beaucoup trop simples. Cette nouvelle capacité permet de créer des points d’accroche presque partout, de se déplacer silencieusement au-dessus des ennemis et de réaliser des éliminations discrètes sans réelle contrainte. Si l’idée est excellente et apporte une nouvelle façon d’aborder les bases ennemies, elle réduit également fortement le sentiment de défi. Là où il fallait auparavant réfléchir davantage à ses déplacements, il devient désormais très facile de neutraliser une zone entière sans jamais être repéré.
MARVEL’s Spider-Man 2 représente donc une évolution naturelle plutôt qu’une révolution pour la série d’Insomniac Games. Le studio reprend les fondations solides des deux premiers épisodes et les améliore avec une aventure plus spectaculaire, une mise en scène toujours impressionnante et une utilisation remarquable de l’univers MARVEL. Malgré quelques défauts, notamment une carte qui manque parfois de nouveauté, une infiltration trop permissive et une place de Miles Morales parfois insuffisante dans l’histoire principale, le jeu reste une excellente expérience de super-héros. Entre ses combats dynamiques, ses déplacements toujours aussi plaisants, son histoire plus sombre et ses nombreuses références aux comics, il confirme qu’Insomniac Games est aujourd’hui l’un des meilleurs studios pour adapter Spider-Man en jeu vidéo. Une aventure incontournable pour les fans du personnage et une nouvelle preuve que l’homme-araignée possède encore de nombreuses histoires à raconter.