21 heures à mon actif


Ayant récemment terminé Styx : Master of Shadows, je me suis retrouvé comme à mon habitude à faire le tri dans ma bibliothèque Steam pour tomber sur un petit jeu qui - comme tant d'autres avant lui - me faisait de l’œil. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu'il était lié au jeu précédent puisque nous sommes en réalité devant le premier jeu mettant en scène le personnage du Gobelin Styx !

Of Orcs and Men est un jeu développé par Cyanide donc, sorti en 2012 et proposant un univers de Fantasy Épique tout à fait basique mais qui a l'idée, peut-être trop rare à l'époque, de mettre en avant la race des Orcs comme peuple massacré et réduit en esclavage par les autres races, à savoir les Hommes, les Nains et les Elfes. Ayant particulièrement apprécier Styx : Master of Shadow pour cette position (le fait de mettre des races généralement décrite comme antagoniste à un univers de Fantasy), pour son personnage principal mais également parce que nous étions devant un jeu vidéo français, je me suis mis directement en condition de jeu et me suis lancé dans cette aventure plutôt confiance au vu de ce que le studio avait déjà pu proposer par le passé. Et si l'expérience fut fort plaisante, il y a néanmoins pas mal de choses à dire...


Nous prenons place dans un univers où les Orcs sont chassés, massacrés et si possible réduit en esclavage, car aptes à réaliser les travaux les plus pénibles et les plus physiques pour les seigneurs des royaumes humains. Parmi les quelques tribus restantes, les Bloodjaws envoie Arkaïl, épaulé par un Gobelin assassin du nom de Styx, assassiné l'Empereur et ainsi mettre fin aux souffrances de leur peuple.

Pas plus de spoil !


Et comme attendu après avoir joué à Styx : Master of Shadows et Game of Thrones : Le Trône de Fer, nous avons le droit à une histoire aux petits oignons avec une très plaisante vision où l'on retourne le manichéisme prédominant dans le genre de la Fantasy ; bien évidemment, près de dix ans après, nous avons pu observer de plus en plus d’œuvres emprunter ces sentiers, effaçant de plus en plus la frontière manichéenne si attachée au genre de la Fantasy. Quoi qu'il en soit, l'histoire est fort sympathique, n'entrant pas dans des détails assommants tout en étant assez pointilleuse pour ne pas s'ennuyer dès les premières minutes de jeu, le tout en proposant - tout comme le premier jeu Styx - quelques rebondissements bienvenus.


Nous passerons donc rapidement sur l'histoire pour mettre en lumière la première et grande qualité de ce jeu, les personnages !

Nous avons deux protagonistes principaux : Arkaïl et Styx, aux personnalités assez différentes. Commençons par Arkaïl, Orc membre de la tribu des Bloodjaws qui, en plus d'avoir toutes les caractéristiques inhérentes aux Orcs - à savoir une musculature impressionnante, un goût prononcé pour la violence avec une tendance à vite sombrer dans une rage meurtrière... - en plus du fait de proposer une réflexion plus que bienvenue sur les différents événements passés, liés avec les royaumes humains. Et tout au long de l'aventure, suivant les choix réalisés - qui ont, et c'est là un petit dommage, très peu d'importance quant au déroulé de l'histoire principale - et les différentes discussions avec Styx ou les divers personnages rencontrés, on aura l'occasion d’observer une évolution intéressante, passant d'une "haine" sans bornes à une vision toujours teintée par la rancœur mais qui prend en compte les possibles répercussions de ses actions. Et bien évidemment, nous avons Styx... qui ne ressemble en rien au personnage que l'on a pu incarner dans Styx : Master of Shadows. Alors, on a toujours son humour pinçant et ses bonnes piques mais avec un ton plus léger, un peu plus je-m'en-foutiste. Comme si les événements de ce jeu l'avait brisé au point de devenir l'ombre un peu désemparée qu'il est devenu dans son premier jeu. Et ça, bien que lecture totalement subjective, c'est une évolution vraiment intéressante ! presque aussi intéressante que le traitement fait au guerrier Orc ; même si là, on parle de deux jeux différents, avec une direction artistique différente... Et comme pour Arkaïl, l'évolution de Styx, du moins dans le jeu, est tout aussi plaisante. Tout en soulignant que leur relation est également bien travaillée et possède là aussi une belle évolution, passant de la méfiance pour Arkaïl et du foutage de gueule décomplexé pour Styx à, respectivement, une confiance et à un respect.

Pour les personnages plus secondaires, nous avons également de bonnes têtes qui s'imbriquent plutôt bien dans le sillage de nos deux héros et qui ont le mérite d'être un minimum travail d'un point de vue du lore. Tandis que pour les antagonistes... c'est plus compliqué, et c'est dommage lorsque l'on voit les cultes mis à l'honneur. L'antagoniste principal est assez absent dans le jeu et ne fait véritablement son apparition que lors du dénouement. Mais du peu montré, force est de constater qu'à défaut d'avoir une présence, il possède un charisme certain.


Et l'on en vient au point le moins reluisant du jeu...

Si l'histoire et les personnages sont très bons, ses derniers, pour faire avancer cette dernière, doivent traverser... des couloirs. Littéralement. Les différentes cartes qui composent ce jeu sont en réalité des couloirs plus ou moins longs, proposant certes quelques bifurcations afin de nous offrir des objets et autres armes intéressantes, mais qui à la longue rendent le jeu absolument redondant et très rapidement pénible... Et c'est incroyable de proposer un jeu avec un tel souci du détail pour son histoire, ses interactions entre les personnages, sa musique (on va y revenir) pour finalement structurer l'entièreté du jeu avec uniquement des couloirs... comme s'il y avait eu un manque de moyen suite au travail précédent, qui aurait énormément coûté, ou comme s'il y avait eu une sorte de flemmardise contractée par l'équipe de développement. Alors, bien évidemment, il faut se rappeler que le jeu est sorti en 2012 et que moult de ces jeux étaient taillés de la sorte (j'en veux pour preuve Hunted : The Demon's Forge, sorti un an plus tôt et qui propose approximativement la même recette - même si les zones étaient généralement plus ouvertes). Mais voilà, passer une vingtaine d'heure dans un univers de Fantasy plutôt sympa, avec des décors tout aussi sympathiques pour ne pouvoir qu'emprunter un minuscule couloir ? Franchement, on y réfléchirait à deux fois... Et ça, c'est sans compter un autre point que l'on va décrire ici : les combats ! Nous avons un système de combats en temps réel durant lesquels on choisit quelles compétences nos héros doivent utiliser, à raison d'un total de quatre compétences par prévision. La difficulté réside dans le fait de devoir gérer nos deux héros et leurs compétences durant les nombreux combats mais ce qui complique vraiment la chose, c'est la rage d'Arkaïl. Ce dernier étant un Orc quelque peu instable en combat, plus il prend de coups et plus une barre de rage augmente. Cette dernière remplie, il devient injouable et destructeur, frappant tous les ennemis aux alentours, y compris... Styx. Et il le massacre en un coup... Donc, la véritable difficulté n'est pas tant de gérer les ordres que l'on doit donner pour mener un combat à bien, mais plutôt de faire bien attention à ce que notre compère Orc ne vienne pas mettre hors jeu notre Gobelin, ce qui généralement nous met dans une petite panade frustrante. Et outre cela, il faut bien noter un vrai défaut là par contre : la caméra. C'est une bouillie sans nom ! En combat, on ne peut pas gérer notre caméra, qui préfère se focaliser sur les différents ennemis que l'on décide de viser selon le héros sélectionné. Le vrai problème arrivant lorsque plusieurs ennemis nous entoure et là, ça part en ballet tellement ça tourne ! Et ça rend rapidement le jeu frustrant lorsque l'on remplit les fameux couloirs de nombreux combats... Après, qu'on se le dise également, ces derniers sont plutôt dynamiques et nerveux, mais cela reste dommage de ne pas profiter au maximum des séquences de combats.


Pour ce qui est de l'aspect graphique du jeu, nous sommes sur un rendu convenable pour un jeu de cette trempe sorti en 2012 ; du moins, je crois...


Pour les musiques, nous avons le droit aux compositions d'Olivier Derivière (que l'on a déjà pu entendre dans la franchise A Plague Tale) qui sont surprenamment excellentes - surprenamment car cela fait un petit moment que je n'avais pas eu le plaisir de réécouter hors d'un jeu les musiques. Très franchement, c'est une bonne surprise !


En termes de décors et de paysages, on retourne sur le problème mentionné plus haut : nous avons des décors sympathiques avec quelques panoramas intéressants pour un jeu de ce gabarit mais le fait devoir eu l'idée de faire de ce jeu une succession de couloirs fait que l'on ne parvient jamais à trop profiter des environnements...


Of Orcs and Men est un jeu fort sympathique et divertissant qui aurait eu le mérite, peut-être, de proposer quelque chose de mieux travaillé, du moins plus corrigé. Il n'en reste que, à l'instar de Styx : Master of Shadows - et dans une moindre mesure, à l'image de leurs autres jeux, nous sommes face à un jeu réussi et prenant grâce à une histoire prenante, des relations entre personnages extrêmement bien travaillées qui rendent les interactions vraiment vivantes (malgré les coupures après quelques prises de paroles, ce qui a tendance à couper l'action) et une bande son aux petits oignons ! Le jeu demeure une excellente introduction aux jeux dédiés à Styx et, dans l'ensemble, un très bon divertissement qui saura rester en tête malgré quelques défauts assez voyants...

Et n'oubliez pas : la Fantasy nous appartient !

PhenixduXib
6
Écrit par

Créée

le 8 mars 2026

Modifiée

le 11 mars 2026

Critique lue 7 fois

PhenixduXib

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