45 heures à mon actif


Pour être original, voilà un jeu qui prenait la poussière dans ma bibliothèque Steam et qui, parce que j'étais de nouveau indécis quant au prochain jeu joué, s'est retrouvé entre mes mains ; sachant qu'il me faisait également de l’œil depuis un bon petit moment !

Styx : Master of Shadows, développé par Cyanide (qui avait déjà développé Game of Throne : Le Trône de Fer) - dont je viens de découvrir, grâce à ce jeu, sa nationalité française ; cocorico ! - est un jeu de Dark Fantasy où l'infiltration et l'assassinat vont être les pierres angulaires. Et sans vouloir être chauvin, pour un jeu de Fantasy français, c'est vraiment pas trop mal !


Nous incarnons Styx, un Gobelin avec quelques problèmes de mémoire, venu voler le cœur de l'Arbre-Monde, entité qui produit de l'Ambre, une drogue puissante qui assujettit de nombreuses races.

Pas plus de spoil !


Et commençons par l'histoire qui est incroyablement plaisante ! et qui accompagne plutôt bien le joueur. En effet, notre Styx se trouve avoir un mal de crâne foudroyant, au point de ne plus se rappeler de grand chose sur ses différentes missions. De ce fait, nous découvrons, ou redécouvrons, en compagnie de notre héros les ficelles du scénario, de quoi bien nous immerger dans les enjeux de cette aventure. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cette aventure n'est pas de tout repos avec son lot de trahisons et de retournements de situation bienvenus, de quoi là aussi garder en haleine le joueur. Après, si effectivement la narration est aux petits oignons, s'il nous fallait prendre une vision plus globale de ce que le jeu, nous pourrions voir une histoire plus basique : un scénario tournant autour d'une drogue que tout le monde s'arrache, on ne le voit pas que dans Sacred 2 : Fallen Angel, ça reste une proposition d'aventure dite "déjà-vu". Mais force est de constater que le studio de développement se débrouille plutôt bien pour nous proposer une lecture de ce leitmotiv scénaristique.


Pour les personnages, nous avons également une belle palette de protagonistes. En commençant par Styx qui a cette personnalité relâchée et blagueur sérieux que l'on attache volontiers aux Peaux-Vertes dans de nombreuses œuvres de Fantasy (la bande dessinée Orcs et Gobelins des éditions Soleil pour ne citer l'exemple qu'il me vient de suite en tête) et qui fait toujours plaisir à voir. Une personnalité qui se trouve profondément modifiée et qui évolue drastiquement tout au long de l'aventure car lesdits rebondissements de situation, pour une majorité des cas présentés, ont un impact direct sur notre héros. Le reste des personnages sont plus secondaires mais n'en demeure pas moins intriguant et/ou mystérieux à l'instar de notre adjuvant Ozkan, un humain que l'on peut retrouver dans nos planques et qui nous donne quelques quêtes secondaires à réaliser ou encore Aaron, qui se trouvera être un des antagonistes - certes un peu tardif mais qui donnera la couleur de ses volontés. On regrettera par ailleurs la faible importance qu'il aura dans ce jeu, en espérant qu'il se trouve mieux utilisé dans le prochain jeu (à savoir Styx : Shards of Darkness). Nous rencontrons également une ribambelle de personnages tertiaires qui ont leur importance et leur moment de "gloire". Une mention spéciale à Querberus qui est un scientifique, architecte de la Tour d'Akenash dans laquelle se situe la plupart de nos infiltrations, quelque peu amnésique dû à son âge avancé. J'ai particulièrement apprécié les quelques interactions entre Styx et lui dans le sens où nous avons deux personnages souffrant de trous de mémoire et qui réagissent de manière diamétralement opposée à ce mal. Tout en sachant que l'on a prêté à Querberus une personnalité légère qui fait plaisir à voir dans ce monde d'addiction et de violence.


Pour l'aspect technique, c'est là où les choses se gâtent quelque peu...

Nous sommes dans un jeu d'infiltration : le but sera de ne pas se faire repérer à travers les nombreux tableaux qui s'offrent à nous. Et autant dire que l'IA des soldats gardant les couloirs est plutôt attentive, même si dans certaines situations, elle est complètement aux fraises ! Mais la plupart du temps, un bruit, un meuble bousculé, une roulade faite à la lumière du jour ou à la lueur d'une torche... et elles redoublent de vigilance. D'autant que le soldat de base ne sera pas le seul ennemi à qui on va avoir à faire ! Plus on avance dans le jeu et plus la garnison se diversifie et met sur notre chemin des gardes qui ne nous laisserons aucun chance si la moindre erreur est faite ! Pour réussir à s'infiltrer, nous avons quelques compétences bienvenues issues d'un arbre très modeste mais qui fait parfaitement le café : couteaux de lancer, acide pour faire fondre les corps, la possibilité de créer des clones pour faire diversion, pour ouvrir une portes ou activer des monte-charges... Et dans les différents secteurs traversés, nous pouvons emprunter des passages dérobés, passer sous le table, s'accrocher aux lustres, éteindre les torches pour mieux se faufiler, se cacher dans les coffres ou les armoires... Il y a vraiment mille et une manière de traverser une salle de manière discrète. Sachant ! qu'il est possible de faire tout le contraire et de suriner absolument tous les ennemis que l'on rencontre ; même si les récompenses de fin de niveau appuient le fait d'être "souple et rapide comme des ombres" (#Gollum) et de ne pas éveiller les soupçons. Et c'est là où le premier défaut pointe son nez : l'infiltration pure et dure est de ce fait presque obligatoire, rendant l'expérience de jeu un peu rébarbative... D'autant que les différents secteurs - sept au total - sont assez conséquents, et séparés au maximum par quatre sous-secteurs. C'est énorme ! et long dès le moment où l'on se retrouve dans une mauvaise posture... Pour dire, le jeu Shadwen développé par Frozenbyte (le parent de la saga Trine) en 2016 - également un jeu d'infiltration/assassinat dans un univers médiéval - proposait 15 tableaux mais relativement court, ce qui n'avait pas le temps d'ennuyer le joueur. Je ne dis pas que l'on s'ennuie dans Styx : Master of Shadows, mais il aurait peut-être été préférable de proposer des secteurs plus hétérogènes et des actions plus diversifiées que l'infiltration pure et dure. D'autant que le mobilier est notre pire ennemi, devant les plus attentive créature au service des Hommes : frôler une chaise l'envoie se fracasser sur le mur d'à côté ! La physique de ce jeu est vraiment intéressante, ce qui donne quelques moments cocasse mais peut également provoquer une frustration palpable lorsque l'on est bloqué depuis quelques minutes... Et mention Frozenbyte oblige, il faut parler des sauts... Mon dieu, mais quelle horreur c'est... Alors attention ! près de 80% de mes sauts durant mes sessions se sont bien déroulés ! Mais parfois, sans crier garde, la prise que l'on visait ne semble pas assez proche et l'on s'écrase soit sur un garde, soit dans le vide après avoir laissé échapper de la bouche de Styx un efficace "Fuck you", comme si le héros lui même semblait abasourdit par ce que le jeu vient de nous faire... Ainsi, nous avons quelques séquences de cet ordre qui frustre très rapidement...


Côté graphique, l'ensemble est tout à fait convenable !


Concernant les combats, étant donné l'importance de l'infiltration, on reste peu de temps à croiser véritablement le fer avec les gardes. Même s'il existe l'option duel qui nous permet d'affrontement directement nos adversaires, se résumant à une sorte de point and click avec une fenêtre d'action assez basse... De quoi nous retirer l'envie de nous battre au corps à corps. Après, pour ce qui est des assassinats, nous avons plusieurs manières de procéder : l'assassinat discret dans le dos, l'assassinat aérien, caché derrière un meuble, en empoisonnant la nourriture, en asphyxiant l'air... et les animations d'assassinat restent sympathiques et variées.


Pour les décors et les paysages ; on n'a pas de paysages à proprement parler : on reste cloitré dans la forteresse qui cache l'Arbre-Monde. Mais les décors sont absolument gigantesques, offrant un aspect Space Fantasy vraiment sympa !


Pour les musiques, nous avons quelques compositions très agréables, mais je ressors de cette expérience de jeu avec une impression de pauvreté musicale, comme s'il n'y avait que trois titres joués en boucle...

Je vais devoir réécouter ça attentivement, mais des quelques compositions écoutées, nous sommes face à un bon travail !


Styx : Master of Shadows aurait très probablement gagné à être plus varié dans ses demandes. Nous avons bien évidemment la possibilité d'agir comme bon nous semble, mais le jeu met beaucoup trop l'accent sur l'infiltration, au point d'être parfois trop dirigiste - ce qui peut être perçu comme légèrement paradoxal pour un jeu d'infiltration soit dit en passant... Il n'en demeure pas moins que nous sommes face à un bon jeu qui saura amuser les joueurs désireux de tenter l'expérience.

Et n'oubliez pas que la Fantasy nous appartient !

PhenixduXib
7
Écrit par

Créée

le 14 févr. 2026

Critique lue 4 fois

PhenixduXib

Écrit par

Critique lue 4 fois

D'autres avis sur Styx: Master of Shadows

Styx: Master of Shadows

Styx: Master of Shadows

6

silaxe

696 critiques

Gerbe un clone !

Il faut encourager les petits studios, français de surcroît, à développer des jeux vidéos ! C'est pourquoi je me suis lancé dans l'aventure Styx : Master of Shadows et que je l'ai terminé. Que dire...

le 8 nov. 2014

Styx: Master of Shadows

Styx: Master of Shadows

7

Vnr-Herzog

469 critiques

Les promesses de l'ombre

Si le RPG Of Orcs and Men n’avait pas particulièrement enthousiasmé les foules lors de sa sortie il y a deux ans, il avait le mérite de proposer un univers cohérent et un soin d’écriture certain. Pas...

le 10 oct. 2014

Styx: Master of Shadows

Styx: Master of Shadows

7

Tiflorg

408 critiques

35 secondes

35 secondes. C'est le temps moyen d'un temps de chargement sur Styx. A chaque fois que l'on se fait repérer, ou que l'on meurt, le niveau se recharge. Entièrement. Pendant 35 secondes. Alors pour...

le 16 août 2015

Du même critique

Willow

Willow

9

PhenixduXib

583 critiques

Un film de Hobbits avant le Hobbit ?

Dans la catégorie des films de Fantasy incontournables, il est difficile d'ignorer Willow, film d'Heroic Fantasy (avec un soupçon de Light Fantasy) réalisé par Ron Howard mais également produit et...

le 11 mars 2018

World of Saga, les seigneurs de l'ombre

World of Saga, les seigneurs de l'ombre

8

PhenixduXib

583 critiques

Il m'a COMPLETEMENT séduit !

World of Saga, Les Seigneurs de l'Ombre. Un énième film à petit budget sorti directement en DvD. Les films de ce genre sont assez mal vu car généralement assez mauvais puisque peu de moyens, effets...

le 3 mars 2018

Le Seigneur des Anneaux : La Guerre des Rohirrim

Le Seigneur des Anneaux : La Guerre des Rohirrim

8

PhenixduXib

583 critiques

Pour Eorlingas ! Mais après ?

La première chose que je me suis dite, et j'en avais la certitude, c'est : "Il ne va clairement pas plaire à tous le monde." Mais en tant que fan, n'est-on pas un peu immunisé ? Certes, la série Les...

le 11 déc. 2024