Temps de jeu : 4 heures et demi (j’ai terminé le jeu en mode normal)


Malgré sa durée de vie assez courte, Outlast a su marquer les esprits, à un tel point qu’il est réputé comme étant l’un des jeux d’horreur les plus terrifiants. Et effectivement, il est vraiment angoissant. Je comptais le faire en une soirée, mais j’ai dû m’arrêter plusieurs fois tellement c’était intense.


On y incarne Mile Upshur, un journaliste qui décide d’enquêter sur le Mount Massive Asylum après qu’un lanceur d’alerte anonyme lui ait envoyé un mail. Ce mail avait pour but de prévenir le monde des atrocités commises dans cet asile. Mile décide de s'y rendre seul, armé d’une caméra qui lui sert à filmer les preuves.


Rapidement, on croise plusieurs cadavres, dont ceux des cadres de l’entreprise qui gérait l’asile. Malheureusement aucune personne n’est encore en vie. Tout cela, c’est jusqu’à ce qu’on se fasse attraper par Chris Walker. Dès lors, on rencontre les “variants” qui sont globalement les patients de l’asile. La plupart sont mutilés et ont des sortes de boutons sur leur corps à cause des expériences qu’ils ont subi.


Malgré leur aspect dérangeant certains d’entre eux ne sont pas méchants et vont se contenter de rester sans bouger. En revanche d’autres sont extrêmement violents et vont nous poursuivre jusqu’à nous tuer. Là où le jeu fonctionne très bien, c’est justement sur ce point là. Ici, impossible de se défendre comme dans Resident Evil ou Silent Hill. Le seul objet que Mile aura sur l'entièreté du jeu est sa caméra. Au final, cela signifie que la seule option est de fuir et se cacher.


Cela fonctionne extrêmement bien car la plupart des ennemis courent presque aussi vite que nous, il est très difficile de les semer. Heureusement, il est possible de fermer les portes derrière soi. Les ennemis mettent environ une dizaine de secondes à casser une porte, ce qui permet d’avoir le temps de se cacher. Il y a en effet bon nombre de cachettes éparpillées dans le jeu, comme des lits, des casiers, des bureaux… Même une fois caché, tout n’est pas gagné. À l'instar d’Alien Isolation, les ennemis sont capables de vérifier dans les cachettes. On ne se sent donc jamais en sécurité.


De plus, le jeu est extrêmement labyrinthique. Il est certes très linéaire, mais il y a tout de même certains moments un peu plus libres où il faut chercher des objets comme des fusibles. Toutes les salles se ressemblent donc il est difficile de retenir la carte particulièrement pendant ces passages-là. Et justement, lorsqu’un ennemi nous repère à ces moments, on court sans jamais réfléchir à l’endroit vers lequel on se dirige. Notre seul but est de trouver une cachette. C’est là que le fait de pouvoir fermer les portes derrière soi est très utile. Le fait qu’ils mettent dix secondes pour casser une porte peut paraître excessif, mais justement : puisqu’on ne connaît pas la salle, il faut s’adapter le temps de trouver une cachette.


Pour couronner le tout, une bonne partie du jeu se déroule dans le noir presque complet. Pour pouvoir y naviguer, il faut activer le mode caméra nocturne de la caméra que Mile a avec lui. Cette caméra a une batterie qui descend relativement vite donc il ne faut pas en abuser. Pour la recharger il faut utiliser des piles que l’on peut trouver un peu partout. Pour ceux qui ont peur de manquer de piles, ne vous inquiétez pas, le jeu est assez généreux de ce côté là, surtout que l’on commence le jeu avec cinq piles.


Malheureusement le fait que les environnements se ressemblent tous a aussi été un défaut pour moi. Fatalement, l’exploration devient moins intéressante car on finit par explorer les mêmes salles encore et encore. Alors certes, c’est un jeu où le but est de fuir, donc explorer toutes les salles n’a pas trop de sens. Cependant il y a une vingtaine de documents qui sont éparpillés dans tout le jeu qui donnent énormément d’informations sur le lore et l’histoire. Pour ne pas les rater (car ils sont très importants) j’ai donc préféré explorer pour en rater le moins possible. Mis à part ces documents, il n’y a presque rien. Je m’attendais à au moins de la narration via l’environnement mais c’est surtout le cas au début, pas après.


Ainsi l’histoire se déroule surtout au fil de notre aventure grâce à des PNJ qui nous parlent. Si tout est assez flou au début, on arrive finalement dans un laboratoire où tout nous sera expliqué. Il y a un vrai tournant vers 75% du jeu où on commence à en apprendre plus sur le “Walrider” qui est mentionné depuis le début. J’adore l’idée car cela permet un changement, on passe d’une histoire concrète à quelque chose de plus paranormal. Les rares passages qui jouent avec cela sont géniaux.


Spoil.

Juste après être sorti de l'asile et de devoir rechercher le Frère Martin, il faut d’abord explorer la cour. Il pleut, la visibilité est horrible, et il y a le bruit d’un spectre (le Walrider) qui semble nous tourner autour. C’est vraiment incroyable à jouer car à ce stade du jeu on ne sait absolument pas à quoi s’attendre.


Plus globalement le sound design du jeu est exceptionnel. Il y a constamment des bruits comme le bois qui craque, des tuyaux, le vent… Cela rend vraiment l'atmosphère tendue en permanence (même lorsqu’il n’y a pas d’ennemis. D’autant plus qu’il y a quelques jumpscares donc on ne se sent jamais en sécurité.


Techniquement le jeu est assez bon. Les graphismes et textures sont bien faites. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est magnifique mais en 2026, il reste bon graphiquement. Il est aussi très fluide, sans jamais de baisse de framerate.

Même dans la dernière zone qui est pourtant très éclairée, il reste beau. D’ailleurs en parlant de cette zone, je trouve qu’elle est nettement moins bien que les précédentes.

Spoil.

Le Walrider contrôlé par Billy n’est pas aussi oppressant que les autres méchants. L’éclairage y joue pour beaucoup, mais ce n’est pas tout. Le Walrider n'apparaît que lorsqu’il est très proche et il est assez lent donc difficile de se sentir poursuivi. Et surtout le but est de fuir et non plus de se cacher, ce qui est dommage. En revanche, la toute fin est bonne. J’ai beaucoup aimé le fait qu’on ne voit plus ce qui se passe mais qu’on entende tout.


L’autre point qui fait que je ne considère pas ce jeu comme parfait, c’est la rejouabilité. Il n’y a qu’une seule façon de jouer (fuir et se cacher), donc à moins de vraiment avoir adoré le jeu, il n’y a aucun intérêt à le refaire. Là où justement un Resident Evil peut se jouer assez différemment en fonction du mode de jeu, du personnage, de notre façon de gérer les ressources…


Pour conclure, Outlast est donc un très bon jeu d’horreur. Je n’avais pas eu aussi peur dans un jeu depuis un moment ; tout est fait pour garder en permanence une certaine tension, notamment grâce au sound design. Le gameplay est dans un sens ce qui fait la force du jeu car on se sent extrêmement vulnérable, mais d’un autre côté, cela nuit à la rejouabilité. Le seul vrai défaut selon moi, c’est l’exploration qui est assez fade.


Spiritif
7
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il y a 7 jours

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