C'est toujours un plaisir de payer (même virtuellement) son dû à la racaille, surtout un soir de finale de LDC Paris/Milan où des émeutes sont prévues quel que soit le résultat (peu importe, tant qu'il y a quelque chose à détruire)...
Le (mauvais, disons-le d'emblée) prétexte à ce défouloir ? Une brumeuse affaire de rêve parti en jungle urbaine ; sans autorisation préfectorale on s'en doute, étant criminellement organisé pour corrompre les abonnés du Carnegie Hall (entre autres)...
Si un tel scénario, qui ne servirait même pas d'alibi pour une mule passée aux rayons X dans l'émission "Douanes sous haute surveillance" n'est clairement pas un des points forts du jeu comme on l'aura compris, au moins donne-t-il l'occasion d'évoquer la bande sonore de cet opus, qui n'a selon moi pas à pâlir de la comparaison avec celle de ses prédécesseurs, assumant avec le même aplomb qu'eux un goût suspect (bien qu'il ait -paradoxalement ?- beaucoup contribué à leur notoriété) pour la musique de discothèque "libre de droit" ; en plus d'être accessoire dans un jeu tel que celui-ci...
Nettement orienté "arcade" par son gameplay, vite assimilable (même si j'ai personnellement regretté de ne pas pouvoir courrir -par exemple lorsqu'un ennemi est en train de préparer à distance une attaque imparable-, alors que d'autres choses comme les coups spéciaux -qui occasionnent aussi des dégâts sur celui qui les utilise- paraissent dispensables quant à elles -à part gagner du temps je ne vois pas à quoi ils peuvent servir-) ; tout en n'étant pas exempt de subtilités, dans la gestion des ressources par exemple (nourriture -quand croquer la pomme ou le rôti de poulet qui sont entourés d'ennemis ?- et armes -vaut-il mieux tenter un corps à corps avec un couteau ou le jeter ?-), des éléments du décor ou des patterns de l'IA...
Et qui est pour ces raisons le plus grand atout du soft ; après peut-être ses graphismes, qui bénéficient du même style de BD franco-belge qui avait tant réussi à "Wonder Boy : the Dragon's Trap", renvoyant aux écrans à fils cathodiques qui l'avaient vu naître le pixel art "milieu de gamme" de Streets of Rage 1, 2, et 3.
Enfin la cartouche est généreuse comme une danse du ventre de Pierre Menes, avec ses trois niveaux de difficulté, son personnage supplémentaire (mais la différence -qui doit exister- entre les caractéristiques de chacun n'est pas flagrante), et même son menu gastronomique personnalisable ; sans oublier les maintenant habituels galeries et modes entraînement.