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C'est pas Meat Boy
Super Meat Boy, c’est typiquement le genre de jeu qui ne laisse pas indifférent quand on l’a connu à sa sortie. J’étais de ceux qui ont vu dans ce premier opus qui était une claque! Un jeu qui a...
le 14 avr. 2026
Sorti en 2010, Super Meat Boy a marqué de son empreinte le monde du jeu indépendant. Plus qu'un patchwork de différentes influences (au sommet desquelles trône Super Mario Bros) il constitue à mes yeux une réinvention du platformer 2D, un genre dont je suis particulièrement friand. Ses qualités tiennent en quelques mots : fluidité, précision, nervosité, concision, challenge. C'est un jeu aussi accessible et fun dans la forme que difficile et exigent dans le fond.
Mettons de côté le cas de Super Meat Boy Forever, auto-runner assez différent dans sa philosophie mais pourtant loin d'être inintéressant de mon point de vue, pour passer directement au jeu qui nous intéresse ici. Super Meat Boy 3D débarque donc 16 ans après son modèle et c'est peu dire que l'attente était grande de mon côté. Retrouver ce petit bout de viande à la maniabilité si plaisante et rapide dans un nouveau jeu de plateforme, en 3D cette fois, j'en trépignais d'avance.
Le jeu s'avère plutôt joli mais il est aussi assez chargé visuellement, ça ne m'a pas spécialement dérangé mais je pense que ça pourra rendre la lisibilité globale un peu moins évidente pour certains joueurs. L'important c'est que l'ADN de Super Meat Boy est bien conservé, il nous revient aussi nerveux et agréable à contrôler que dans nos souvenirs. le jeu est très vite fun et la 3D ouvre le champ des possibles alors on prend plaisir à reprendre ses marques et à s'ajuster à ce nouveau terrain de jeu. La 3D est ici une 3D relativement "fermée", on ne passe évidemment pas à un jeu complètement ouvert où l'on visiterait tranquillement les différents environnements. Non, Super Meat Boy 3D c'est vraiment Super Meat Boy avec de la profondeur, les parcours sont toujours relativement tracés et relativement courts (à nous de trouver des raccourcis et astuces pour optimiser notre temps) et le challenge est toujours présent et progressif. Le contenu est globalement similaire avec le Dark World (version bis de chaque niveau qui ajoute de la difficulté), les pansements à collecter, des warp zones et des glitchs à trouver (une et un dans chaque monde) pour débloquer de nouveaux personnages. Le jeu se compose plus précisément de 5 mondes, 15 niveaux et 1 boss dans chacun d'eux. 1 pansement à trouver dans chaque niveau, 1 glitch et 1 warp zone (qui nous conduit à un niveau secret, hommage à un ancien jeu culte) dans chaque monde. Bref, on est plutôt en terrain connu en terme de structure, de feeling et de contenu. Un écho du passé à la sauce 3D.
Et vous vous en doutez, c'est évidemment la 3D qui va bouleverser nos habitudes, elle amène autant de fraicheur que de nouvelles inquiétudes potentielles. En effet qui dit 3D dit profondeur, et la caméra étant fixe, le jeu peut désormais souffrir de petites imprécisions malheureuses dans le gameplay. La perspective peut être difficile à jauger, le problème se fait plus ou moins sentir selon les niveaux. La plupart se font sans véritable souci mais c'est un peu comme conduire avec un pare-brise sale, en temps normal on ne s'en rend pas forcément compte mais quand le soleil se décide à taper on ne voit plus que ça et c'est gênant, et bien pardonnez moi cette comparaison douteuse mais c'est un peu le même principe avec SMB 3D. Plus on avance et plus le level design montre ses vices, la précision est de plus en plus requise et c'est à ce moment là que les problèmes se font sentir. Il y a plusieurs types de situations qui feraient de bons exemples mais celui que je trouve le plus parlant c'est le saut en diagonale dans la profondeur pour atteindre une plateforme ou un mur (souvent un espace réduit entouré de scies circulaires, de piques, de lave ou autre objet de déplaisir), il n'est pas rare de voir son personnage partir en cacahuète dans ses moments là, faisant parfois fuser quelques hurlements en guise d'exutoire. Alors je vais être honnête, on finit par s'y habituer et trouver des repères à force d'acharnement, ce n'est pas parfait mais ce n'est pas la fin du monde finalement. Ce sentiment ponctuel d'injustice est pourtant ce qui va différencier pour moi un classique (SMB) d'un "simple" très bon jeu (SMB 3D).
Il suffit cependant de voir ma note pour comprendre que j'ai choisi de ne pas bouder mon plaisir, c'est un jeu que je trouvé suffisamment bon et accrocheur pour m'acharner et obtenir le 100% (en un peu moins de 20h et un peu plus de 6000 morts), peut-être pas au talent mais au moins à l'obstination. C'est le genre de défi un peu masochiste auquel j'aime me frotter de temps en temps dans les jeux de plateforme, lorsque le gameplay du jeu est suffisamment intéressant et à mon goût. Les imprécisions mentionnées ont créé de la frustration, ça oui, mais je n'ai jamais eu envie de baisser les bras pour autant, le jeu a un vrai goût de reviens-y qui m'a attrapé tout entier et m'a fait jouer plus que de raison, je suis du genre à me fixer un objectif (au hasard "finir tel monde avec des rangs A+") et à m'obstiner jusqu'à y parvenir. Pas toujours très malin quand on sait qu'un abandon temporaire (une pause dans le jargon) permettrait de souffler et de repartir à l'assaut à tête reposée, mais que voulez-vous, quand on est con... ^^
Je recommande Super Meat Boy 3D parce qu'il a les ingrédients d'un platformer intéressant à mes yeux mais je n'oublie pas de vous avertir, ce ne sera pas pour tout le monde. Oui le jeu est difficile quand on cherche la complétion totale, mais pas plus que le Super Meat Boy original, probablement moins en vérité. Oui le jeu est frustrant quand l'exécution ne suit pas la réflexion et qu'une imprécision de perspective se glisse dans une séquence qu'on croyait maitrisée. Oui il faut accepter le die and retry sous peine de maudire cet adorable petit bout de viande sur plusieurs générations et de l'abandonner avant la fin de la cuisson. SMB 3D divise et c'est plus que compréhensible, il a des défauts inhérents à son passage à la 3D mais aussi des forces nouvelles dues à des environnements plus complexes qui apportent leur lot de nouvelles idées malines dans le level design. Et puis à côté de ça il garde les forces traditionnelles qui font de SMB un jeu de plateforme si plaisant, à la fois souple et nerveux dans ses contrôles, et galvanisant en terme de challenge (difficile oui, parfois méchamment, mais pas insurmontable). Ca suffit à le placer parmi mes favoris de 2026 à l'heure actuelle, impossible de dire s'il en sera de même pour vous, je pense qu'il faut tester soi même pour voir si la balance penche plus du côté du fun ou de la frustration. Ca tombe bien, une démo est disponible pour un petit aperçu. Bon, je ne vous cache pas que je n'avais pas réussi à la lancer de mon côté, écran noir et chargement infini, mais il semble que je sois un cas isolé alors ne vous privez pas d'essayer :p
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le 10 avr. 2026
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