J’ai terminé The Alters d'une traite, en une vingtaine d’heures que je n’ai pas vu défiler. Je m'étais très peu renseigné sur le jeu mais j’avais lu quelque part qu'il s'agissait d'un jeu de survie, or il se trouve que c’est un peu mon péché mignon. Le fait est que je connaissais jusqu'à maintenant très peu les réalisations de 11 bit studios, si ce n’est de nom comme comme celui de “This war of mine”, aussi parce que j’ai dû y jouer cinq minutes en tout et pour tout. C'est le temps qu’il m’a fallu pour me rendre compte que je n’avais pas vraiment envie d’y jouer, cela dit, l’expérience vécu sur The Alters me pousse à éventuellement lui redonner sa chance.
Puisqu’en effet, ma note ne laissant que peu de doute à ce sujet, et bien qu'il soit perfectible, j’ai trouvé le jeu fabuleux !
Je m’attendais donc à un simple jeu de survie, ce qui m'aurait déjà parfaitement comblé, alors qu’en fait The Alters est également une superbe œuvre narrative de science-fiction. C'est d'ailleurs un manque chez beaucoup de jeux du genre "survie" : développer une histoire qui permet de te donner un but, une raison de survivre !
Commençons donc par le côté survie du titre qui est relativement bien fichu mais qui n’est pas autant développé et complexe que chez les cadors du genre (Subnautica, Grounded, etc.). Très peu de ressources différentes sont récupérables mais peu importe, sans rentrer dans les détails, ce sont surtout les mécaniques misent en place par le studio pour les récupérer qui rendent la tache assez addictive. Puis à l'instar des jeux cités ci dessus The Alters comprend aussi quelques phases d’actions, certes pas incroyables mais qui ont le mérite d’exister.
La construction de base est également relativement sommaire puisqu'il s’agira de simples modules à placer (façon Tetris) sur notre roue gyroscopique géante. D’ailleurs les déplacements de notre personnage dans cette même base rappelleront ceux de “This war of mine” puisque ceux-ci se feront uniquement en scrolling horizontal (ce qui dénote avec les déplacements à l’extérieur de la base qui eux se jouent avec une classique vue à la troisième personne). Les limites et la taille de cette roue gyroscopique qui nous sert de base pourront être étendues au cours de la partie pour y ajouter divers modules, ce qui demandera à chaque fois un certain réagencement de ces derniers. Réagencement permanant donc, qui rendra l’orientation dans cette base assez laborieuse mais, ma foi, c’est plutôt original et c’est bien là l’essentiel !
La complexité du pan “survie” est surtout amenée via l'urgence due à un compte à rebours constant que représente la course autour de cette planète extraterrestre dans l'optique de fuir son soleil qui est synonyme de MORT DANS D'ATROCES SOUFFRANCES (enfin j'en sais rien, mais j'imagine que ça doit être assez douloureux). C’est pourquoi notre roue géante doit avancer au même rythme que ce soleil pour rester abrité du coté obscur (non pas de la force mais) de la planète. Or, bien qu’un décompte ait lieu quotidiennement, c’est relativement compliqué au début d’appréhender le temps dont tu disposes pour farmer des matériaux (à l’aide de tes Alters) qui permettront de finaliser les quêtes qui elle mêmes te permettront de déplacer la base avant de finir éparpillé façon puzzle (mais genre un puzzle qui serait resté trop longtemps dans un four en mode "pyrolyse"). Un certain nombre de mes Game Over ont découlé de cette mécanique et décéder est quasi une obligation au début. C’est pourquoi le studio a optimisé le menu de sauvegarde qui te permet de choisir à partir de quelle journée tu veux remonter le temps en te rappelant, pour chacune d’entre elles, ton niveau d’avancement. Il te faudra bien réfléchir à quel moment tu as complètement merdé et comment tu peux cette fois ci réussir à ne pas échouer ! (Il m’est arrivé de devoir recommencer trois quatre fois la même séquence avant d’en venir à bout)
Cependant, à mes yeux, ce sur quoi le jeu se démarque de la concurrence c’est sur la mécanique des Alters et, au-delà de te servir de main d’œuvre gratuite pour faire fonctionner la base ou miner des matériaux, ces derniers sont également des interlocuteurs avec qui il faudra bien cohabiter dans un environnement et une situation extrême. Les Alters ont beau être des copies physiques de notre personnage, les souvenirs et le vécu qui leurs ont été implantés ne sont pas les mêmes, c'est pourquoi les compétences et leurs personnalités qui en découlent non plus. De nombreux dialogues s’enclencheront avec eux qui diffèreront selon les situations vécues, et il nous appartiendra de choisir méticuleusement nos réponses puisque le bien être mental de nos Alters est une composante de survie très importante (oui). Des Alters déprimés ou en pleine rébellion et c’est le crash assuré ! Une fois que tu as compris cela, il faudra faire de son mieux pour les rassurer, flatter leur égo et éviter de les frustrer (un peu comme avec des gosses quoi).
Ces dialogues avec les Alters, ainsi que les appels avec les protagonistes sur terre, permettent surtout de dérouler le scénario du jeu qui est autant développé (voir plus) que le coté survie. Scénario qui ne sera pas le même pour tout le monde puisque de nombreux choix cornéliens et surtout moraux devront être fait tout au long de l’aventure. Il n’y a pas vraiment de bonnes décisions, seulement des décisions dont il faudra assumer les conséquences jusqu’au bout. Enfin, pour résumer l’histoire de The Alters, c'est une formidable fable sur la construction de soi, la morale et la rédemption.
Cependant il y'aurait très certainement des points qui mériterait d'être peaufiné ou amélioré, que cela soit au niveau de la technique, de la réalisation et de la mise en scène. Comme cette unique camera fixe lors des scènes de dialogues, placée au dessus de l'épaule du protagoniste, dirigée sur le visage de l'interlocuteur. Le jeu ne comprend quasiment pas de vraies cinématiques (sauf celle de fin) et les images du trailer ne sont que dans le trailer. Cela dit, le précédent jeu dans le même genre développé par le studio étant “This war of mine”, on peut tout de même souligner le step up technique. Enfin "step up", sauf pour les séquences dans la base qui sont de nouveau en scrolling horizontal (est ce un choix de DA ou une incapacité technique à faire autrement ?). Puis à sa sortie le jeu n'était pas exempt de bugs, certains vraiment contraignants, néanmoins une mise à jour déployée depuis a l'air d'en avoir corrigé la plupart. Reste ces sous titres Français qui passent en Anglais lors d'une petite dizaine de dialogues, mais bref...
En résumé, l’expérience sur "The Alters" m’a un peu rappelé celle de "Death Stranding". Evidemment pas sur son gameplay qui n’a, de fait, rien à voir. Ni même par rapport à cette direction artistique qui est pourtant assez similaire sur certains points. Mais par rapport au fait que le jeu, en utilisant des features déjà vues ci et là, arrive quand même à nous faire vivre une expérience complètement inattendue et originale.
17/20
(J'arrondis en dessous mais le ❤ y est !)