Je devais avoir une dizaine d'années quand j'y ai joué pour la première fois, sur PS3, sans avoir fait le premier, sans contexte, sans bagage. Et dès les premières secondes, j'étais dedans. Ce train suspendu dans le vide, Nathan Drake qui se réveille blessé au milieu du chaos, et cette musique, celle qui traverse toute la série comme un fil rouge, qui s'installe et ne te quitte plus. Uncharted 2 commence au milieu de l'histoire parce qu'il n'a pas de temps à perdre à te convaincre. Il sait déjà ce qu'il est.
Ce qui définit Uncharted 2, c'est son rythme. Il se passe toujours quelque chose. Pas un moment de creux. Le jeu avance comme une locomotive, et il t'emmène avec lui sans jamais te lâcher. La séquence du train reste à ce jour une des prouesses les plus folles de sa génération, techniquement d'abord, mais surtout dans ce qu'elle raconte sur l'ambition du jeu : tout est spectacle, tout est mise en scène, et pourtant tout reste jouable, tout reste ancré dans des mécaniques qui fonctionnent.
Parce que c'est là l'autre miracle d'Uncharted 2 : ses mécaniques n'ont pas vieilli. On y joue aujourd'hui et ça reste d'une fluidité, d'une lisibilité qui ferait rougir bien des productions contemporaines. Naughty Dog avait trouvé quelque chose d'universel dans la façon de faire bouger Drake, de construire ses espaces, d'alterner combat, exploration et narration sans que rien ne semble artificiel.
L'histoire, elle, fonctionne comme un film d'aventure héroïque bien écrit. On s'attache, on s'inquiète, on sourit... En guise d'exemple, on peut aborder la relation entre Drake et Tenzin, construite sans langue commune, rappelle que Naughty Dog maîtrise autant le silence que le dialogue. Ce sont des touches, des détails, mais ils font la différence entre un bon jeu et un grand jeu.
Alors pourquoi neuf et pas dix ? Je n'ai pas de réponse rationnelle. Je ne vois pas de défaut. Peut-être que le dix, c'est une case que je garde pour quelque chose que je ne sais pas encore nommer. Peut-être que neuf, c'est ma façon de rester honnête avec moi-même, même face à mon jeu préféré de tous les temps.