Warhammer 40K et le jeu vidéo, c’est une longue histoire de « je t’aime, moi non plus ». Une licence tentaculaire qui a touché à presque tous les genres vidéoludiques, mais qui, paradoxalement, a souvent reçu un traitement indigne de sa richesse. Une écrasante majorité des jeux estampillés Games Workshop sortant de studios fauchés ou trop ambitieux, peinant à rendre justice à la profondeur de l’univers.
Certains ont pourtant réussi à tirer leur épingle du jeu Dawn of War, Total War: Warhammer, mais jamais au point, selon moi, d’atteindre le statut d’œuvres vraiment incontournables.
C’est là que Rogue Trader vient combler en partie ce vide, en livrant ce qui est, au moment où j’écris ces lignes, l’hommage le plus abouti rendu à Warhammer 40K par un jeu vidéo.
Après plus d’une centaine d’heures au compteur, DLC inclus, je ne peux que vous le recommander chaudement si vous aimez la licence et encore davantage si le CRPG vous fait vibrer.
Le jeu est beau, dense, varié, superbement écrit, et je n’ai finalement que peu de reproches à lui faire, en dehors de classes de personnages parfois obscures et d’une difficulté cruellement mal équilibrée.
Mais avec le recul, le véritable point noir et celui qui influe justement sur cet équilibrage, c’est l’effondrement qualitatif du dernier tiers de l’aventure.
Comme un studio ayant eu les yeux plus gros que le ventre, Owlcat Games semble avoir manqué de budget sur la fin : mise en scène en retrait, doublages presque absents, et surtout un rythme qui s’emballe sans raison. Là où les trois premiers actes peuvent vous occuper plus de 70 heures, les deux derniers se bouclent en une grosse dizaine. L’accélération est évidente, et se ressent immédiatement manette ou souris en main.
Heureusement, la conclusion réserve encore quelques belles surprises. Et maintenant que le jeu bénéficie enfin d’une dynamique de vente solide un an après sa sortie, nul doute qu’Owlcat saura enrichir l’aventure avec le second et dernier gros DLC, le premier ayant déjà nettement renforcé la qualité de la première moitié du jeu.
Malgré ses faiblesses, Rogue Trader reste un must-do pour tout joueur ayant, ne serait-ce qu’un peu, Warhammer 40K dans le sang.