2014 en images (annotations incluses)

Avatar Nwazayte Liste de

270 films

par Nwazayte

Avec annotations.

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    Le Repas (1951)

    Meshi

    1 h 37 min. Sortie : . Drame.

    Film de Mikio Naruse avec Ken Uehara, Setsuko Hara, Yukiko Shimazaki

    30/12 - Ah, le Repas, ah Mikio Naruse. Je connais très mal le bonhomme, j'avais juste vu son Hideko receveuse d'autobus l'an dernier qui ne m'avait pas vraiment marqué, pour tout avouer. Alors, le Repas est au-dessus, bien sûr, et cultive cette douceur qu'ont les films japonais voix basse de cette époque : une mise en scène très disciplinée et épurée autour du plan fixe, et une sorte de mesure et de pudeur dans le ton. Aucun éclat, juste le quotidien d'une femme qui s'emmerde dans son couple. Le sujet a certainement perdu de son actualité, mais l'ensemble est traité avec une certaine tendresse, sans pour autant tomber dans la niaiserie. La lassitude de Setsuko Hara à bras le corps, une relation de séduction entre un oncle et une nièce ... Il y a de la gravité dans le Repas, mais elle se fait sous couvert de l'empathie.

    Bon après, je sais pas, j'ai quand même trouvé ça un peu facile et prévisible et puis cette fin qui sort de nulle part m'énerve un peu, en plus de ses relents de vérité générale sur le bonheur des femmes. Lourdingue un peu.
  • 2
    Bande-annonce

    The Devil's Rejects (2005)

    1 h 51 min. Sortie : . Épouvante-Horreur, thriller, road movie et action.

    Film de Rob Zombie avec Sid Haig, Bill Moseley, Sheri Moon Zombie

    Décembre - Quel film catastrophique ...

    Pour tout dire, j'avais déjà essayé de le regarder il y a quelques mois mais je n'avais pas pu dépasser les trois minutes tellement la première séquence de fusillade était mal montée : épileptique, avec quelques ralentis parmi les plus moches que j'ai pu voir. Mais là, l'autre jour, je décide de retenter avec mon frangin.

    Alors, pour tout dire, j'y ai cru un petit moment, je me suis dit que cette surabondance de trash grand-guignol pouvait bien mener vers une certaine efficacité à terme ou tout du moins déboucher sur quelque chose. Que dalle ! Devil's Rejects est une risible pantalonnade complaisante et d'une laideur absolue. Autant Rob Zombie, quand il se discipline un minimum, peut faire des films pas trop mal branlés niveau visuel, autant lorsqu'il est en roue libre comme ça, c'est le désastre absolu, oscillant entre le moche et le surdécoupé. C'est d'une boursouflure extrême et d'une prétention assez sidérante, dans son hagiographie du mal.

    Ecoeurant.
  • 3
    Bande-annonce

    Haewon et les hommes (2013)

    Noogooui Daldo Anin Haewon

    1 h 30 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Hong Sang-soo avec Lee Sun-Kyun, Jung Eun-Chae, Yu Jun-Sang

    Décembre - Je découvre Hong Sang-Soo avec ce film, très frais et rassérénant. Le dispositif de cinéma est d'une très grande richesse, sans pourtant que HSS l'étale à grands coups de prétention. Il mêle vrai/faux et logique de répétition dans une dynamique assez jouissive, parfois très touchante. HSS s'éloigne de ses personnages mais seulement en apparence pour mieux filmer les groupes et les postures. Haewon, son personnage, se cherche et se complète dans la gente masculine, au hasard des rencontres et des émotions. Ce qui donne une réalisation très volatile, sur le fil du couteau, qui capte moins les grands moments que les instants fugaces, ceux qui feront peut-être le plus sens. La douce tristesse de l'ensemble est contenue dans la répétition des lieux et des hommes, toujours plus ou moins les mêmes.

    C'est très cool.
  • 4
    Bande-annonce

    Malveillance (2011)

    Mientras duermes

    1 h 42 min. Sortie : . Thriller et Épouvante-horreur.

    Film de Jaume Balagueró avec Luis Tosar, Marta Etura, Alberto San Juan

    Décembre - Malveillance ... Mientras duermes ... Autant, j'ai une certaine affection pour le nouveau genre espagnol (voir le très méchant Secuestrados) autant là, c'est un non catégorique. Le film de Balaguero se vend comme un monument de sadisme et de cruauté gratuite mais ne dépasse jamais la médiocre série B, construite sur un pathos en bois. Pourquoi ? Parce que l'on est dans une sorte de torpeur à tous les étages : mise en scène paresseuse et impersonnelle au possible, écriture en carton, trame appuyée et convenue. C'est typiquement le film faussement ambitieux, bien roublard, et finalement bien poli et académique. Très décevant.
  • 5
    Bande-annonce

    White God (2014)

    Fehér Isten

    1 h 59 min. Sortie : . Drame.

    Film de Kornél Mundruczó avec Zsófia Psotta, Sándor Zsótér, Lili Horváth

    17/12 - cf ma critique
  • 6
    Bande-annonce

    Timbuktu (2014)

    1 h 37 min. Sortie : . Drame.

    Film de Abderrahmane Sissako avec Pino Desperado, Abel Jafri, Toulou Kiki

    16/12 - cf ma critique
  • 7

    Orléans (2013)

    58 min. Sortie : . Drame.

    Film de Virgil Vernier avec Julia Auchynnikava, Damien Bonnard, Andréa Brusque

    15/12 - J'ai vu Mercuriales, le dernier film de Virgil Vernier il y a quelques jours et en bon curieux (tavu), je me suis dit que j'allais me pencher sur le reste, en poursuivant donc par Orléans.

    Deuxième bonne pioche pour Vernier, qui préfigure ici ce qu'il fera deux ans plus tard dans Mercuriales, d'abord par une similarité des motifs : la gémellité évidemment avec ces deux femmes au parcours antagoniste qui vont se rapprocher. Comme dans Mercuriales, Vernier parvient clairement à faire exister ses personnages par une grammaire cinématographique relativement simple : captation du trivial, de l'anodin, scènes de la vie quotidienne, et immixtion de la symbolique.

    Dans Mercuriales, il s'agissait à la fois de toucher le quotidien de la banlieue et de l'envelopper de mystique poétique. Même démarche pour Orléans où le cinéaste fait palpiter la ville éponyme et nos deux personnages au rythme de son Histoire. Célébrations de Jeanne d'Arc, iconographie médiévale d'Orléans auxquels viennent se superposer des dispositifs de documentariste. Pour Vernier, la matière ne change pas, elle demeure : aucune différence, sinon l'érosion, la détérioration, entre l'architecture médiévale de la ville et les quartiers miteux qui lui ont succédé. Dans Orléans comme dans Mercuriales, le cinéaste appréhende le temps et l'immobilité, saisit dans une même dynamique le Grand (l'histoire ici, la mythologie dans Mercuriales) et le petit, l'individu, tout en les liant intrinsèquement.

    C'est preuve que Virgil Vernier est un cinéaste français à suivre de très très près, pour peu d'accrocher à sa poésie à la fois mystique, historique et vernaculaire.
  • 8
    Bande-annonce

    Mercuriales (2014)

    1 h 48 min. Sortie : . Drame.

    Film de Virgil Vernier avec Philippine Stindel, Ana Neborac, Annabelle Lengronne

    13/12 - cf ma critique
  • 9

    Le Papier ne peut pas envelopper la braise (2007)

    1 h 30 min. Sortie : .

    Documentaire de Rithy Panh

    09/12 - Je connais Rithy Panh de réputation, pour ses travaux assez célèbres sur la mémoire du génocide Khmer rouge, mais je n'avais jamais franchi le pas. C'est maintenant chose faite avec ce superbe Papier ne peut pas envelopper la braise, un documentaire dur et bouleversant sur la vie de prostituées à Phnom Penh. Des esclaves sexuelles violentées par leurs clients, spoliées par des maquereaux avides. La particularité du docu, c'est de situer le problème sur une échelle très actuelle, dépeignant la partition d'un monde en castes. En filmant, avec une grande pudeur, ces putains, ces "mauvaises filles" comme elles aiment se nommer, il s'agit pour Panh de donner la parole à ces intouchables, compressées par la pauvreté à la base dégradante de la pyramide sociale. Pas de vocation à vendre son corps ici, juste la stricte nécessité de manger à peu près à sa faim, quitte à supporter les passes et les plaies.

    Subir pour survivre, c'est le credo de cette petite bande solidaire qui trouve une maigre consolation dans le sommeil et dans la drogue. Pour les autres, tant les patrons de bordel que les petits bourgeois, elles ne sont que de simples objets que l'on ignore volontiers et qu'on peut frapper et violer à sa guise. En leur redonnant la parole, Panh leur redonne aussi une humanité. Et une dignité. Il se refuse ainsi à les filmer autrement que dans leur morne quotidien, dans l'attente douloureuse et épuisante de la nuit où elles reprendront du service ... Le jour, elles sont confinées dans des intérieurs sombres, à l'abri des regards. On ne veut pas les voir de toutes façons.

    Pourtant, la force du film, c'est qu'il évite à la fois le misérabilisme et la stupide héroïsation. Le misérabilisme par le refus du voyeurisme et du larmoyant. C'est pas ici que l'on va chercher à vous faire chialer à grands renforts de démagogie et de violons. Au contraire, le Papier ne peut pas envelopper la braise tend à l'épure cinématographique totale, se permettant une simple propension aux gros plans. Des gros plans nécessaires à la réhumanisation, où Rithy Panh parvient à capter toute la triste beauté des visages, sans la surligner et sans les magnifier.

    Et la conclusion du film (que je ne spoilerai pas) est d'une lucidité cruelle, mettant encore un peu plus en relief cette fragmentation sociale où les faibles demeurent faibles.
  • 10
    Bande-annonce

    L'Île aux fleurs (1989)

    Ilha das Flores

    13 min. Sortie : 1989.

    Court-métrage de Jorge Furtado avec Paulo José, Cica Reckziegel, Douglas Traini

    08/12 - Flemme d'écrire là-dessus désolé !
  • 11
    Bande-annonce

    Night Call (2014)

    Nightcrawler

    1 h 57 min. Sortie : . Drame et film noir.

    Film de Dan Gilroy avec Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Riz Ahmed

    07/12 - Mouais.

    Le film de Gilroy n'est pas dégueulasse, certes, mais un peu limité. En fait, sa réflexion sur la valeur de l'image, bien qu'elle n'ait rien d'inédite (Gone Girl faisait la même chose cette année avec plus de gueule), n'est pas totalement inintéressante. Ce qui est dommage, c'est qu'elle soit constamment traitée sur le mode du caricatural, condamnant Nightcrawler à égrener des schémas lourds et répétitifs, ponctués par les grimaces de Gyllenhaal (pas mauvais mais franchement cabotin ici). Il a un gros goût de la performance, le Gilroy, foutant clairement la subtilité aux vestiaires. Un doigt accusateur et manichéen pointé tout droit sur les médias en somme. Ce n'est peut-être pas totalement stupide, permettant quand même au film quelques jolis éclats de dérision (mais pas de la sienne, attention), mais ça le force à toujours faire dans de la vaine redite ...
  • 12
    Bande-annonce

    La Sorcellerie à travers les âges (1922)

    Häxan

    1 h 31 min. Sortie : . Épouvante-Horreur et muet.

    Film de Benjamin Christensen avec Maren Pedersen, Clara Pontoppidan, Elith Pio

    06/12 - cf ma critique
  • 13
    Bande-annonce

    Week-end de terreur (1986)

    April Fool's day

    1 h 30 min. Sortie : 1986. Épouvante-Horreur.

    Film de Fred Walton (II) avec Deborah Foreman, Jay Baker, Deborah Goodrich

    03/12 - spoilers inside.

    Bluffant.

    On aurait tort de s'arrêter au genre un peu simplet du whodunnit que le film met (avec une certaine maîtrise tout de même) en scène. April Fool's Day tire déjà son épingle du jeu avec une écriture dynamique et intéressante de ses personnages, ancrés certes dans les codes du slasher, mais auxquels le film parvient à donner une relative humanité. La réalisation, il faut le signaler, est aux petits oignons, se permettant parfois une recherche d'atmosphère très inquiétante, sans trop céder à l'écueil habituel du jump scare.

    Mais le réel intérêt de ce April's Fool Today, ce qui en fait un film étrangement passionnant, c'est toute la ficelle sur laquelle il repose. En temps normal, on pourrait facilement crier à l'astuce de petit malin façon Nolan, mais on oublierait qu'il y a par ailleurs une efficacité dans l'épouvante très rare pour le genre. Non, moi, je dirais que ce final est une superbe entourloupe de palmienne, que Walton ose jouer deux fois, comme pour mieux se foutre de notre gueule d'avoir pris sa poudre dans nos yeux !
  • 14
    Bande-annonce

    Faux-semblants (1988)

    Dead Ringers

    1 h 56 min. Sortie : . Drame, Épouvante-horreur et thriller.

    Film de David Cronenberg avec Jeremy Irons, Geneviève Bujold, Heidi von Palleske

    01/12 - cf ma critique
  • 15
    Bande-annonce

    Dead Zone (1983)

    The Dead Zone

    1 h 43 min. Sortie : . Épouvante-Horreur, science-fiction et thriller.

    Film de David Cronenberg avec Christopher Walken, Brooke Adams, Tom Skerritt

    30/11 - Cronenberg, avec moi, c'est simple : ça passe ou ça casse. Autant, je suis dingue d'une romance organique comme la Mouche, autant les expérimentations d'un Videodrome m'ont laissé totalement de côté. Dead Zone, c'est l'univers corporel et viscéral de David Cronenberg qui rencontre le style plus planant et atmosphérique de Stephen King.

    Pourtant, même si Dead Zone est dépourvu de chair à vif, l'argument est excellent et qui plus est, parfaitement cronenbergien. La faculté du personnage de Walken, après un long coma, de ressentir l'avenir des autres à leur toucher, a tout d'une transformation thématique chère à Cronenberg. La seule différence, c'est que cette mutation, qui passe bien par un contact corporel, n'est pas directement organique. Elle est conceptuelle et intellectuelle, comme si Cronenberg avait décidé de refermer ses névroses cinématographiques dans un matériel plus intérieur, plus introspectif.

    Bref, Cronenberg a tous les ingrédients du grand film en poche, mais il n'en fait malheureusement pas grand chose. C'est dommage, Dead Zone est blindé d'idées géniales, d'un acteur qui l'est tout autant (le grand Christopher Walken), mais le film, plutôt que de creuser sur la longueur le développement douloureux du personnage (comme dans la Mouche, justement, qui finissait par devenir bouleversant), préfère multiplier les sous-intrigues et les saynettes illustratives.

    Le script est particulièrement lacunaire, et manque clairement de fluidité. C'est vraiment décevant parce qu'au lieu du grand film attendu, on a un simple film sympathique, plutôt touchant sur sa fin (parce que mine de rien, on s'attache un minimum au personnage de Walken) mais il manque de la substance, il manque une vraie rigueur là-dedans.
  • 16
    Bande-annonce

    La Source thermale d'Akitsu (1962)

    Akitsu Onsen

    1 h 53 min. Sortie : . Drame.

    Film de Yoshishige Yoshida avec Mariko Okada, Hiroyuki Nagato, Sumiko Hidaka

    30/11 - "Comme une fleur devant la tempête, la vie n'est qu'un adieu."

    Akitsu, Akitsu, comme une promesse, une prière. Quatrième film de Kiju Yoshida donc après trois essais dynamiques, sociaux, et plutôt cyniques, l'occasion pour le jeune cinéaste japonais d'affirmer une vraie défiance. Le ton critique et satirique n'est jamais très loin des premières oeuvres de Kiju Yoshida, qui déploient une cruauté inédite et un réquisitoire violent contre le matraquage médiatique (le Sang séché) et plus généralement, la société japonaise dans son ensemble.

    C'est pourquoi la Source thermale d'Akitsu, mélodrame historique où le noir et blanc des premiers films le cède à la couleur, surprend en premier lieu. Qu'est-ce que ça fout là ? Quel est l'intérêt, pour Kiju Yoshida, éminent partisan de la Nouvelle vague japonaise et d'un renouveau du cinéma, de s'enfermer dans des structures narratives potentiellement si vieillotes.

    Pourtant, du mélodrame, la Source thermale n'en conserve que la musique (bien présente) et l'exacerbation des affects, préférant mettre au ban une héroïsation des personnages et le manichéisme aux oubliettes. Pas d'amour impossible ici, pas d'écrasement social (en tous cas, pas au début du film), juste des mauvais choix, des choix de facilité, qui vont conduire doucement le récit vers une issue tragique. Pas question de stigmatiser les grandes structures sociales, puisque Yoshida laisse une énorme part de libre-arbitre à ses personnages.

    Ce qui saute d'abord aux yeux, c'est la beauté visuelle de l'ensemble. TOUT passe par les yeux de Mariko Okada, magnifique, et un seul plan sur son visage suffit à créer la sensualité. Oui, parlons-en, la Source thermale d'Akitsu est d'un érotisme précieux et latent, comme les précédents films de Kiju Yoshida.

    Tout ceci contribue à ranger le film moins dans le mélodrame (dont il conserve la seule structure) que dans la nostalgie doucereuse et la mélancolie, Yoshida maniant à merveille l'art de l'ellipse. Le chagrin et les regrets, réapprendre à vivre pour mieux mourir ensuite. C'est d'une grande tristesse et pas dépourvu d'une certaine cruauté.
  • 17
    Bande-annonce

    Sun Scarred (2006)

    Taiyô no kizu

    1 h 57 min. Sortie : . Action, policier et drame.

    Film de Takashi Miike avec Shô Aikawa, Aiko Satō, Ken'ichi Endô

    29/11 - Tu vois, c'est dommage, parce que, avec la grammaire cinématographique très développée de Takashi Miike, y avait de quoi s'attendre à un grand film. Et finalement, non, Sun Scarred est con, bancal et caricatural, à peine sauvé du naufrage par deux, trois bonnes idées (grand max).

    Déjà, la première chose que l'on remarque, c'est que ça se veut le film de la maturité pour Miike, qui a rangé son n'importe quoi gore et jouissif au placard, et sorti le gros sujet social. Au revoir l'esthétisme et l'humour, bonjour à une mise en scène froide et réaliste, caméra à l'épaule, qui ne se permet que quelques originalités esthétiques : passage (débile) de la couleur au noir et blanc, gros plans expressionnistes, fondus moches. Toute une gamme assez pauvre, pour appuyer le trait, pour surligner à peu près tout ce qui se passe. Pas grand chose, au final, vu comment le film s'épuise en effets d'annonce, ce qui le rend d'une prévisibilité rare.

    Et sinon ? Rien, on s'emmerde. Parce que, voilà, si tu veux faire un film social, réaliste, dur, faut se donner les moyens de tes ambitions. Y avait quelque chose à faire sur cette spirale de violence, y avait de quoi accoucher d'une oeuvre enragée et frontale, mais il aurait fallu être subtil, être ambigu, questionner l'instinct de vengeance, questionner la violence. Ce que le film ne fait jamais, pas une seule fois. Parce que Takashi Miike tape dans le manichéisme et dans la symbolique creuse, il sacralise bêtement la violence et ses auteurs - le grand méchant, un espèce de minet creux comme une endive vendu comme l'incarnation du Mal absolu (la bonne blague).

    Et recouvert des oripeaux du réalisme social, le film se transforme en un stupide et longuet revenge-movie, où tout est caricatural, où tout est attendu, où tout est prévisible.

    Premier quart d'heure à sauver parce qu'il annonce un programme réjouissant. Et le reste est chiant et bête.
  • 18

    Hyènes (1992)

    1 h 50 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Djibril Diop Mambety avec Makhouredia Gueye, Mansour Diouf, Ami Diakhate

    24/11 - bientôt
  • 19
    Bande-annonce

    Eden (2014)

    2 h 11 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Mia Hansen-Løve avec Félix de Givry, Pauline Etienne, Vincent Macaigne

    24/11 - cf ma critique
  • 20
    Bande-annonce

    Le Garçon et le Monde (2013)

    O Menino e o Mundo

    1 h 20 min. Sortie : . Animation, aventure et road movie.

    Long-métrage d'animation de Alê Abreu avec Vinicius Garcia, Alê Abreu, Lu Horta

    23/11 - cf ma critique
  • 21

    Tilaï (1990)

    1 h 21 min. Sortie : . Drame.

    Film de Idrissa Ouedraogo avec Rasmané Ouedraogo, Ina Cissé, Assane Ouedraogo

    18/11 - Patience, festival de cinéma africain (que je finirai pas à temps de toutes façons mais bon). Sinon, c'est sympa
  • 22
    Bande-annonce

    La Nuit américaine (1973)

    1 h 56 min. Sortie : . Comédie dramatique et romance.

    Film de François Truffaut avec Jacqueline Bisset, Valentina Cortese, Dani

    16/11 - cf ma critique
  • 23
    Bande-annonce

    Calvaire (2005)

    1 h 28 min. Sortie : . Drame et Épouvante-horreur.

    Film de Fabrice Du Welz avec Laurent Lucas, Brigitte Lahaie, Gigi Coursigny

    Novembre - Le cinéma d'horreur francophone contemporain est mal en point, ce n'est un secret pour personne. On se rappelle du triste Martyrs, sommet d'esbroufe racoleuse à la française : mal construit, prenant ouvertement son spectateur pour un con en l'assénant d'une pseudo-métaphysique atroce et indigeste.

    Mais Calvaire ne joue pas dans la même catégorie et refuse le tour de manège gore pour taper dans le réalisme, prenant son temps pour installer une atmosphère glauquissime. Dès le début, on est plongés in medias res dans une ambiance on ne peut plus gênante : on y suit Laurent Lucas, campant ici un chanteur de variétoche qui fait mouiller les vioques dans les instituts spécialisés où il se produit. Malaise gérontophile, amplifié par l'apparition d'une Brigitte Lahaie vieillie, mais encore dénudée. Les vieilles font des avances à Lucas, avances qu'il est contraint de refuser. Situation embarrassante que le cinéaste capte sans fard, la photo est terne, la mise en scène distante.

    C'est là toute la force du film de Fabrice du Welz, celle de se borner à un script simple, celle de faire durer l'exposition pour prolonger le malaise, celle enfin d'embrasser à bras-le-corps l'horreur du quotidien, dépourvue de la moindre connotation symbolique. C'est parce que le personnage de Lucas se retrouve dans une région de dégénérés qu'il va vivre le calvaire de la séquestration et du travestissement, obligé de jouer le rôle d'une femme disparue. Le film va de plus en plus loin dans la dégradation et l'humiliation du personnage principal, rasé, battu, violé, jouet sexuel d'une poignée de cinglés. Le calvaire est pénible, progressif et fastidieux, et la folie contamine peu à peu le film. D'abord par la tension zoophile des personnages secondaires (enculade de truies façon Vase de noces).

    Et le film est à la fois horrifique, donc, mais aussi d'une grande tristesse, parce que Du Welz parvient à créer une certaine empathie pour ses bourreaux, marginaux isolés et abandonnés, consanguins solitaires mis au ban de la société.
  • 24
    Bande-annonce

    Piscine sans eau (1982)

    Mizu no nai puuru

    1 h 43 min. Sortie : . Drame.

    Film de Kôji Wakamatsu avec Yûya Uchida, Mié, Reiko Nakamura (1)

    11/11 - cf ma critique
  • 25

    Heritage Africa (1989)

    Sortie : 1989.

    Film de Kwaw Ansah avec Kofi Bucknor, Ian Collier, Anima Misa

    Novembre - Festival cinéma africain (chiant et caricatural).
  • 26
    Bande-annonce

    Postal (2007)

    1 h 40 min. Sortie : . Action, comédie et Épouvante-horreur.

    Film de Uwe Boll avec Zack Ward, Dave Foley, Chris Coppola

    09/11 - C'est naze, ignoble, opportuniste, malhonnête, c'est le degré zéro de la vidéo (parlons même pas de cinéma).

    MAIS ça dégage un putain de capital sympathie ! Parce qu'il y a quelque chose d'admirable dans la démarche de Boll, de pousser jusqu'à l'absurde la médiocrité et la vulgarité. Et le "fond" derrière (même si, on va pas se mentir, c'est juste pour se faire remarquer) est pas trop dégueulasse.

    Donc, c'est nulissime et paradoxalement sympathique !
  • 27
    Bande-annonce

    Interstellar (2014)

    2 h 49 min. Sortie : . Science-fiction, drame et aventure.

    Film de Christopher Nolan avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain

    07/11 - cf ma critique
  • 28

    Ceddo (1977)

    2 h. Sortie : juin 1977. Historique.

    Film de Ousmane Sembène avec Oumar Gueye, Ousmane Sembène, Matoura Dia

    04/11 - festival cinéma africain. (Très jolie surprise après deux films chiants).
  • 29

    Dans l'œil d'un tueur (2009)

    My Son, My Son, What Have Ye Done

    1 h 31 min. Sortie : . Drame, thriller et Épouvante-horreur.

    Film de Werner Herzog avec Michael Shannon, Willem Dafoe, Chloë Sevigny

    02/11 - cf ma critique
  • 30
    Bande-annonce

    Il était une fois en Amérique (1984)

    Once Upon a Time in America

    3 h 49 min. Sortie : . Drame et gangster.

    Film de Sergio Leone avec Robert De Niro, James Woods, Elizabeth McGovern

    01/11 - Chef d'oeuvre annoncé, grand classique du cinéma américain, ça faisait quoi ? 4 ans que je voulais voir ce film ? 4 ans que j'étais comme repoussé par sa durée, préférant consacrer 7h à des acteurs hongrois dans une fresque hallucinée sur la fin du communisme, que 3h40 à De Niro et à Sergio Leone.

    Et bah, maintenant, je l'ai vu le film. Et c'est une méga déception. Commençons tout de suite par ce qui est intéressant : le filmage d'abord, franchement classe qui montre que Leone, à défaut d'être un grand auteur peut-être, est au moins un grand formaliste. Ici et là, d'astucieuses séquences qui se répondent, de langoureux et délicats mouvements de caméra pour appuyer légèrement la mélancolie distillée dans le film. Et puis, la première heure et demie est vraiment bonne, on est plongés dans cette espèce de folklore juif d'avant-guerre, au coeur de New York, dans cette bande de petites frappes. Alors certes, vu leur âge, parfois on n'y croit pas trop. Mais c'est pas grave, l'énergie est là, l'écriture aussi.

    Elle disparaît malheureusement après, avec le passage de nos quatre couillons à l'âge adulte. La nostalgie est toujours là oui, mais les personnages sont profondément mal écrits, au mieux détestables (c'est le cas de Noodles et de Max), au pire totalement inexistants (les deux autres qui font presque de la figuration). C'est bordélique, ça part dans tous les sens, et ça laisse souvent pantois. [SPOILER] Comme la séquence entre Deborah et Noodles dans la voiture juste avant son départ, précédée par une sorte de rencontre iconique, sans la moindre tension sexuelle, et donc suivie d'un viol totalement improbable [SPOILER]

    Autre chose qui participe un peu à mon antipathie relative pour ce film : Leone n'a vraisemblablement pas la même tendresse pour ses acteurs que pour ce qu'il filme. La direction est à la ramasse : De Niro fait la gueule, Woods surjoue ...

    Le film est bancal, inconsistant et je ne parle même pas de la fin, qui devrait être un sommet de style, et qui n'est que d'un ridicule rare, dont le grotesque préfigurerait presque celles de Park Chan-Wook ! Alors moi, je pose la question à Sergio Leone : comment veux-tu que l'on puisse ressentir quoi que ce soit pour des personnages aussi mal écrits ? Le dernier plan du film est sympa ouais. Mais bon, il est où le chef d'oeuvre ? Parce que moi, je le cherche toujours ...