Journal d'un cinéphile : année 2016

Avatar Marius Jouanny Liste de

163 films

par Marius Jouanny

Le verdict, le top 34 des meilleurs films que j'ai vu dans l'année : http://www.senscritique.com/liste/Mes_34_plus_belles_rencontres_cinematographiques_de_2016/1555036/page-2#page-2/

Mon carnet de bord de films vus et revus en 2016, avec critiques ou annotations.

Coups de cœurs de janvier (notes à partir de 8) :
- Les 8 Salopards 8/10
- Raging Bull 8/10
- Les Fils de l'homme 9/10
- Aguirre, la colère de dieu 8/10

Coups de cœurs de février :
- The Truman Show 8/10 (revisionnage)
- Anomalisa 9/10
- Rosemary's Baby 10/10
- Monty Python : Le Sens de la vie 8/10

Coups de cœurs de mars :
- Boulevard du crépuscule 9/10
- 12 hommes en colère 10/10
- Orange Mécanique 8/10
- Midnight Special 8/10

Coups de cœur d'avril :
- Trainspotting : 8/10

Coup de cœurs de mai :
- L'Antre de la Folie : 8/10
- Mysterious Skin 8/10
- Delivrance 8/10

Coup de cœur de juin :
- Brazil : 9/10 (revisionnage)
- Heat : 9/10 (revisionnage)
- Le Bateau 9/10

Coups de cœur de juillet :
- La Passion de Jeanne d'Arc 8/10
- Little Big Man 9/10 (revisionnage, +1)
- La Chair et le Sang 8/10
- Persepolis 8/10 (revisionnage)
- Il était une fois dans l'Ouest 10/10 (revisionnage)
- Alien 1 10/10 (revisionnage)
- La tortue Rouge 8/10

Coups de cœur d'août :
- Akira 9/10
- The Big Lebowski 10/10 (revisionnage)
- Memento 8/10
- Vice-Versa 8/10 (revisionnage)
- Twin Peaks : Les 7 Derniers Jours de Laura Palmer 9/10

Coups de cœurs de septembre :
- Metropolis 9/10
- Les moissons du ciel 8/10
- L'Aurore 8/10
- Black Book 8/10

Coups de cœurs d'octobre :
- Mauvais Sang 9/10
- Assurance sur la mort 8/10

Coups de cœurs de novembre :
- Freaks, la monstrueuse parade 8/10
- Les Amants du Pont-Neuf 8/10

Coups de cœurs de décembre :
- La Dame de Shanghaï 8/10
- Rashomon 9/10
- Premier Contact 8/10
- La Montagne Sacrée 9/10

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    Joy (2015)

    2 h 03 min. Sortie : . Biopic, comédie et drame.

    Film de David O. Russell avec Jennifer Lawrence, Bradley Cooper, Dascha Polanco

    2 janvier. Vu au cinéma.

    Voir critique.
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    Joe (2013)

    1 h 58 min. Sortie : . Drame.

    Film de David Gordon Green avec Nicolas Cage, Tye Sheridan, Adriene Mishler

    2 janvier. Premier visionnage.

    Après « Joy », quoi de mieux que de s’attaquer au visionnage de « Joe » ? Blague à part, on a ici affaire à une version primitive de « Gran Torino », Nicolas en bouseux machiste énervé barbu remplace ici Clint au pied levé pour aider un ado aux problèmes familiaux (son père boit). La violence y est omniprésente, impertinente pour ne pas dire profondément gonflante, le rythme se paye de sacrées longueurs, le scénario de sacrées lourdeurs. C’est maladroit, manichéen, il fallait pas compter sur moi pour (spoilers) chialer devant le sacrifice de Cage (spoilers). On ressent parfois l’ambition d’installer une atmosphère, mais l’effort est minime. Avec un scénario similaire (et un cadre rural nettement plus beau), il y a le chef-d’œuvre « Mud », alors je conseille vraiment de passer le chemin.
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    Cyclone à la Jamaïque (1965)

    A High Wind in Jamaica

    1 h 43 min. Sortie : . Aventure et drame.

    Film de Alexander Mackendrick avec Anthony Quinn, James Coburn, Dennis Price

    8 janvier. Premier visionnage.

    Un film de pirate attendrissant : Anthony Quinn et James Coburn en bons flibustiers doivent s'occuper d'une bande de marmots qui se sont retrouvés par inadvertance sur leur bateau. Outre un duo d'acteurs irrésistible, cette comédie saupoudrée de drame ose une fin inattendue et désillusionnée. Le film porte d'ailleurs mal son nom : le cyclone dont on croit qu'il est le centre du film n'est que l'objet de la séquence d'introduction. Une belle trouvaille, bien réalisée et finement interprétée (les enfants se débrouillent aussi très bien).
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    Les 8 Salopards (2015)

    The Hateful Eight

    2 h 47 min. Sortie : . Thriller et western.

    Film de Quentin Tarantino avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh

    Séances de cinéma (1 salle)
    9 janvier. Vu au cinéma.

    Voir critique.
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    L'Arme fatale (1987)

    Lethal Weapon

    1 h 50 min. Sortie : . Action et thriller.

    Film de Richard Donner avec Mel Gibson, Danny Glover, Gary Busey

    15 janvier. Premier visionnage.

    Une comédie policière hautement réjouissante : certaines scènes d'actions sont parfaitement réussites, le tout est drôle, bien ficelé, et aborde des thèmes comme le suicide avec une certaine pertinence. Je regrette seulement des archétypes un peu trop persistants (c'est assumé, je m'en doute, mais les poncifs sont un peu trop récurrents à mon goût) et une scène de baston finale qui est de trop à mon sens. Mais la bande-son, les personnages réellement attachants et la tension bien gérées captivent de bout en bout.
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    Raging Bull (1980)

    2 h 09 min. Sortie : . Biopic, drame et sport.

    Film de Martin Scorsese avec Robert De Niro, Cathy Moriarty, Joe Pesci

    16 janvier. Premier visionnage.

    Magistral. Robert est flamboyant, la mise en scène des combats fait ressortir toutes la crasse, la violence brut du sport. L'animalité du personnage est fascinante, repoussante. C'est viscéral à t'en tordre les boyaux, le film est buriné comme le visage de Robert après le combat de trop. Peut-être moins audacieux formellement qu'un "Taxi Driver", mais le tour de force est bien là, rampant sur le bord du ring.
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    Les Fils de l'homme (2006)

    Children of Men

    1 h 49 min. Sortie : . Drame, science-fiction, thriller et action.

    Film de Alfonso Cuarón avec Clive Owen, Julianne Moore, Clare-Hope Ashitey

    20 janvier. Premier visionnage.

    Pour le coup, c'est un 8 très proche du 9. Cuarón s'attaque ici au récit post-apo avec la virtuosité d'une caméra à l'épaule, d'une mise en scène épurée qui mine de rien développe de très beaux plans-séquences. Du réalisateur de "Gravity", je m'attendais peut-être à plus de panache cinématographique, mais il s'efface finalement pour un propos et un déroulement des plus solides : à la manière d'un "Soleil Vert", ses débuts anodins (bien que décrivant une société décadente parfaitement crédible, détaillée et intéressante) sont surtout là pour permettre un plein envol du film dans sa dernière partie, foutrement mémorable.

    Lorsque les personnages se retrouvent au cœur de l'action, poursuivant un but désespéré et ne pouvant se fier à personne, la tension s'intensifie et rend les derniers moments passionnants, comme suspendus dans le temps. Micheal Caine (allez savoir pourquoi, avec ses cheveux longs, j'étais persuadé que c'était Donald Shutherland) joue un rôle très émouvant. Puis tout ce passage dans le ghetto de réfugiés est dingue de bravoure filmique, on retient son souffle face à la contradiction de l'acte créateur précieux qui s'accomplit dans le chaos le plus total. Des chants solennels viennent accompagner le tout avec brio et émotion... Ce film n'a vraiment rien à envier aux meilleurs films de science-fiction post-apo.
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    Œdipe roi (1967)

    Edipo re

    1 h 44 min. Sortie : . Drame.

    Film de Pier Paolo Pasolini avec Silvana Mangano, Franco Citti, Alida Valli

    21 janvier. Premier visionnage. Vu au cinéma de mon lycée.

    De tous points de vus, il m'est difficile de trouver de quoi sauver ce film. Il y a bien cet écho entre le début et la fin du film avec ce panoramique sur la cime des arbres, qui montre les premiers et derniers instants de la vie d'Oedipe avec une certaine pertinence, quelques plans visuellement intéressant.

    Mais "Oedipe roi" de Pasolini, c'est surtout une bande-son horripilante (cette flûte stridente, bon sang !) des acteurs au rabais, pantins désincarnés qui oscillent entre mutisme et hurlements insupportables. C'est aussi une écriture médiocre, insensée : les passages aux XXème siècle au début et à la fin du film sont au mieux une parenthèse sans grande utilité, au pire la preuve que Pasolini ne voit dans le langage cinématographique qu'un moyen d'assouvir ses idées les plus fumeuses. Les dialogues sont d'une artificialité sans nom, les incohérences se succèdent sans transition (le pire reste quand même la scène du sphinx, un foutage de gueule pur et simple).

    Je n'ai vu aucune audace dans ces costumes, ces décors, ce rythme et cette mise en scène austères, comme autant de moyens d'ennuyer le spectateur, le faire décrocher du film voir même ne plus rien prendre au sérieux, ce qui est quand même un comble pour l'adaptation d'une tragédie antique. Le cinéma italien illustra d'ailleurs l'inceste et l'ironie tragique avec génie dans "Les Damnés" de Visconti, tout juste 2 ans après la sortie de celui-ci.
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    Miss Hokusai (2015)

    Sarusuberi

    1 h 33 min. Sortie : . Animation, biopic et drame.

    Long-métrage d'animation de Keiichi Hara avec Kumiko Asô, Gaku Hamada, Kengo Kôra

    22 janvier. Premier visionnage.

    J'avais peur de ne trouver qu'un film académique et didactique sans beaucoup de matière, et mes craintes se sont confirmées tout au long du film. Certes, c'est très bien réalisé, certes il y a quelques moments d'une légère poésie, mais le film passe à côté de son potentiel : la psychologie des personnages reste superficielle là où il y avait beaucoup de chose à dire.

    Pour ce qui est du côté fantastique du film, il n'apporte finalement pas grand-chose. Il y a toujours une certaine atmosphère propre aux films d'animations japonais qui rend le visionnage agréable, mais c'est aussi semé d'idées très étranges : trois passages de rock (!) dans les moments-clés du film, un humour immature qui tombe à plat et un aspect intimisme clairement sous-exploité, alors que la figure de la fille d'Hokusai a un rapport au corps qu'il y avait clairement à creuser. Dommage, donc, 2015 ne fut définitivement pas l'année de l'animation japonaise.
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    Le Garçon et la Bête (2015)

    Bakemono no Ko

    1 h 58 min. Sortie : . Aventure et animation.

    Long-métrage d'animation de Mamoru Hosoda avec Kumiko Asô, Lily Franky, Suzu Hirose

    Séances de cinéma (3 salles)
    23 janvier. Vu au cinéma.

    Voir critique.
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    Speed Racer (2008)

    2 h 15 min. Sortie : . Action, sport et science-fiction.

    Film de Lilly Wachowski et Lana Wachowski avec Emile Hirsch, Matthew Fox, Christina Ricci

    25 janvier. Premier visionnage.

    Un Wachowski qui décoiffe littéralement. Il y a une science du rythme, de la dynamique et du découpage qui fait déjà de ce film une réussite formelle indéniable. Certes, ce surplus d'informations décontenance parfois dans la compréhension du film (rien de bien grave, cela dit) mais cela dessert surtout un effet de vitesse vertigineux. Tout l'aspect visuel du film est aussi très abouti : cet étalage d'image de synthèse fait mouche, alors que ça en dégueule de partout jusqu'à l'overdose. Dans le genre, l'esthétique d'un "Scott Pilgrim" reste la référence absolue, mais celui-ci s'en sort très bien dans ses couleurs flashy à souhait.

    Le casting est aussi très surprenant : John Goodman en père de famille moustachu, le héros de "Into the Wild" incarnant le personnage principal... Il y a bien quelques dissonances (le cadet avec son singe est un peu gonflant parfois, et le film tire un poil en longueur) mais je salue encore une fois la maturité des réalisateurs : ils ne peuvent pas s'empêcher de t'ajouter un propos anti-capitaliste même dans une film de course de bagnole ! Cela reste un divertissement familial avant tout, mais quelle maîtrise, quelle audace ! Peut-être le film le plus sous-estimé des réalisateurs...
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    Aguirre, la colère de Dieu (1972)

    Aguirre, der Zorn Gottes

    1 h 33 min. Sortie : . Aventure, drame et historique.

    Film de Werner Herzog avec Klaus Kinski, Helena Rojo, Del Negro

    29 janvier. Premier visionnage.

    Mon premier Herzog, et assurément un grand film. Cette plongée halluciné dans la jungle amazonienne, filmée à la manière d'un documentaire (pas étonnant que Werner soit aussi documentariste) est proprement admirable. Au menu, bande-son envoûtante, Klaus Kinski flamboyant et taciturne comme à son habitude, surréalisme sans concession et regard cynique sur la nature humaine... Le film prend son temps d'installer une atmosphère, un style de réalisation faisant presque de la caméra un personnage à part entière. C'est brillant, artificiel dans le jeu de ses acteurs mais je parierais que cela fait parti intégrante des intentions d'Herzog. Autant dire qu'il me tarde de découvrir le reste de sa filmographie.
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    The Truman Show (1998)

    1 h 43 min. Sortie : . Comédie dramatique et science-fiction.

    Film de Peter Weir avec Jim Carrey, Laura Linney, Ed Harris

    3 février. Deuxième visionnage.

    Revu dans le cadre du cours de philosophie. Toujours aussi virtuose, poétique et jubilatoire dans sa démarche (c'est moi qui ai choisi de le faire voir à la classe, suivie de ma modeste analyse philosophique de l'oeuvre à l'oral...).

    Pour mon avis plus développé sur le film, je renvois à ma critique écrite il y a 7 mois : http://www.senscritique.com/film/The_Truman_Show/critique/38349732
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    Eraserhead (1977)

    1 h 29 min. Sortie : . Expérimental, Épouvante-horreur et fantastique.

    Film de David Lynch avec Jack Nance, Charlotte Stewart, Allen Joseph

    5 février. Premier visionnage.

    Un film austèrement hallucinant. Pour un premier film, David Lynch fait fort : sans musique, en noir et blanc, procédant avec une unité de lieu angoissante, il fait d'Eraserhead une expérience filmique dérangeante et obscure, d'une lenteur cadavérique et d'une inventivité visuelle remarquable. Cette chair en décomposition, qui suinte de partout, ce radiateur qui cache un monde à lui tout seul, ce nouveau-né monstrueux... Lynch décrit toute la névrose de la condition sociale, de la sexualité à grand renfort d'images torturés et éprouvantes. On en ressort interdit, dans un certain état d'incompréhension et d'ennui indéniable, mais avec la certitude d'avoir assisté une vision du cinéma certes perfectible, mais surtout fascinante et exploratrice.
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    J'ai tué ma mère (2009)

    1 h 36 min. Sortie : . Drame.

    Film de Xavier Dolan avec Anne Dorval, Xavier Dolan, François Arnaud

    5 février. Premier visionnage.

    Il est amusant de constater à quel point "Mommy" est presque un remake de "J'ai tué ma mère" en nettement plus réussie. La mère et l'enseignante sont jouées pas les mêmes actrices, et le conflit mère-fils toujours aussi palpable. Il y a néanmoins dans ce premier film de Xavier Dolan des embryons d'émotion remarquables, de bonnes idées de mise en scène, mais on sent bien que le tout manque de maturité. Dolan tente des trucs et c'est déjà parfaitement respectable, surtout que certaines séquences sont très réussies. En même temps, j'ai moins accroché aux personnages et j'ai trouvé les acteurs moins convaincants, tout comme certains procédés un peu grossiers. Dans l'ensemble, c'est un film prometteur pour la suite de la carrière du réal, et ça me donne encore plus envie de voir "Laurence Anyways".
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    Anomalisa (2016)

    1 h 30 min. Sortie : . Animation.

    Long-métrage d'animation de Duke Johnson et Charlie Kaufman avec Jennifer Jason Leigh, David Thewlis et Tom Noonan

    6 février. Vu au cinéma.

    Voir critique.
  • Bande-annonce

    Green Zone (2010)

    1 h 55 min. Sortie : . Action, drame, thriller et guerre.

    Film de Paul Greengrass avec Matt Damon, Amy Ryan, Brendan Gleeson

    12 février. Premier visionnage.

    Le cinéma de Greenglass se politise avec brio dans "Green Zone" : si ce film réunit en effet le réal et la tête d'affiche craquante de Matt Damon de "Jason Bourne", il n'est pas question ici de thriller sur un tueur amnésique. Même s'il est curieux de noter les nombreuses similitudes, et pas seulement dans cette mise en scène caméra à l'épaule très réussie. Il y a aussi cette manière de dérouler le scénario du film par tâtonnements, laissant le spectateur en manque d'informations constants pour un suspens croissant. Evidemment, on connaît ici le dénouement : il n'y a jamais eu d'armes chimiques en Irak. Néanmoins le film progresse en évitant tout manichéisme, et sans être d'une subtilité foudroyante, balance quelques pistes de réflexion notables, et pertinentes.

    Autant dire que le gus à toute ma confiance pour le nouveau Jason Bourne qui s'annonce comme le meilleur block-buster de l'été, et je l'attends même pour nous accoucher d'une adaptation ciné intéressante de "1984", à paraître en 2018.
  • Bande-annonce

    Le Mans (1971)

    1 h 46 min. Sortie : . Action, drame et sport.

    Film de Lee H. Katzin avec Steve McQueen, Siegfried Rauch, Elga Andersen

    14 février. Premier visionnage.

    Regarder "Le Mans" quelques semaines après "Speed Racer" est assez curieux : un même genre, deux démarches radicalement opposés. Tandis que les Wachowski cherchent la démesure et la virtuosité numérique, Steve McQueen, impassible mène un projet sur les 24 heures du Mans qui tient plus du documentaire.

    Il est amusant de constater à quel point le film est épuré dans son écriture : Steve ne doit parler qu'au bout de la 30ème minutes du film ! Sinon, c'est très bien réalisé, la sensation de vitesse, le suspens sont très bien gérés... Si le tout manque souvent de subtilité, la démarche de documentariste est très intéressante, bien qu'elle relègue l'intrigue amoureuse tout là-bas en arrière-plan. Au final, Steve est flamboyant, et le rythme est assez remarquable, on ne se lasse pas de cette course, ce qui n'était vraiment pas gagné.
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    Steve Jobs (2015)

    2 h 02 min. Sortie : . Biopic et drame.

    Film de Danny Boyle avec Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen

    15 février. Premier visionnage.

    Le duo Fassbender/Winslet (cette dernière qui est d'ailleurs méconnaissable, elle ne vieillit pas, c'est incroyable !) marche du tonnerre, Aaron Sorkin a soigné une écriture impeccable et très bien rythmée... Seulement voilà, le film manque d'un supplément d'âme, d'une profondeur dans le traitement des personnages, qui ne manque pas à l'excellent "The Social Network". Les deux films, outre le même scénariste, ont en communs des dialogues omniprésents et bien ciselés, et la démarche de prendre comme exemple une figure reconnue de l'innovation informatique pour parler avec pertinence des relations sociales. Deux autistes se mettant à dos tous leurs proches, mais là où Jesse Eisenberg parvient à rendre son personnage attachant, Steve n'est ici quasiment qu'antipathique, et paraît presque inhumain alors que ce n'était pas le but du film, je pense.

    Au-delà de ça la mise en scène de Danny Boyle est très fonctionnelle, il s'est assagi face au scénariste Sorkin, à la figure qu'il représente, et au genre si calibré qu'il développe (le biopic). Le tout est néanmoins bien filmé, bien photographié et le triple huis-clos du film très théâtrale, est parfaitement géré sans aucun manque de rythme. C'est là finalement la principale qualité du film : imposer une narration complexe et quasiment trop riche en informations, sans (trop) perdre le spectateur et surtout sans l'ennuyer une seule seconde. Au final, le film est captivant mais ne va pas beaucoup plus loin que la performance d'acteurs et de débit de paroles : les obsessions, la névrose de Steve Jobs auraient pu être développés avec nettement plus de profondeur.
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    Citizen Kane (1941)

    1 h 59 min. Sortie : . Drame.

    Film de Orson Welles avec Joseph Cotten, Dorothy Comingore, Agnes Moorehead

    16 février. Premier visionnage.

    La gloire et déchéance de Kane, interprété par Orson Welles lui-même, est traitée ici avec une distanciation troublante, qui rend le personnage si fascinant et froid, quasiment incompréhensible. Le film m'a donné un peu la même impression que "Le Troisième Homme" dans lequel joue aussi Welles : un récit captivant mais peu chargé en émotions. Il perd en attachement ce qu'il gagne en rythme, un tempo qui est ici irréprochable : Orson Welles soigne son cadre et nous offre un monument du cinéma. Effets de transitions sonores et visuels remarquables et virtuoses, lumières et techniques splendides... Les plans aériens, une marque de fabrique du réalisateur, sont là aussi particulièrement réussis. Welles impose un style de réalisation admirable et unique dés son premier film, bien qu'il ne m'as pas vraiment ému.

    Enfin, la réflexion qu'il propose sur la construction de l'individu, toute la névrose et les contradictions du personnage qui pourrait être analysée d'un point de vue psychanalytique, achève de faire de "Citizen Kane" un incontournable du 7ème art. Sa narration disloquée est à l'origine d'une omniscience volontairement inconfortable pour le spectateur : il apprend dés le début la tragique histoire de Kane, et y assiste tout au long du film avec un sentiment d'impuissance et de gâchis. Le mystère qui voile l'intrigue et surtout le personnage principal jusqu'aux derniers moments du film participe enfin à la fascination qu'on éprouve pour Kane : l'idéaliste accablé, l'indifférent qui ne voulait pas être traité avec indifférence.
  • Bande-annonce

    I'm Here (2010)

    30 min. Sortie : . Drame.

    Court-métrage de Spike Jonze avec Andrew Garfield, Sienna Guillory, Annie Hardy

    19 février. Premier visionnage.

    Spike Jonze nous offre ici un court-métrage de toute beauté : une demi-heure en apnée, suivant la relation de deux robots dans un monde d'humain. Il sonde l'âme humaine avec peut-être moins d'ambition et de profondeur qu'à l'accoutumée, mais la réalisation est impec', la bande-son fantastique... Un film profondément attachant, sensible et avec la seule prétention de montrer l'homme dans toute sa fragilité, physique comme morale.
  • Always - Pour toujours (1989)

    Always

    2 h 02 min. Sortie : . Fantastique et romance.

    Film de Steven Spielberg avec Richard Dreyfuss, Holly Hunter, Brad Johnson

    21 février. Premier visionnage.

    Un Spielberg indéniablement sous-estimé. Si les idées de mise en scène du film sont souvent bancales et le pathos un peu trop appuyé, ce drame conduit pourtant l'émotion avec grâce. Les acteurs sont vraiment superbes (John Goodman <3 et Richard Dreyfuss <3 notamment) et le film n'est pas avare en scènes mémorables, notamment les séquences de vol. Il y a surtout dans ce film une vision du deuil profondément touchante, donnant un aspect intimiste au film parfois foudroyant. Il y a aussi cette bande-son... Un très bon Spielberg.
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    Virgin Suicides (1999)

    The Virgin Suicides

    1 h 37 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Sofia Coppola avec James Woods, Kathleen Turner, Kirsten Dunst

    Séances de cinéma (1 salle)
    22 février. Premier visionnage.

    Sofia signe ici un premier film déjà d'une maîtrise remarquable : éblouissant dans ses jeux de lumières et son esthétique générale, astucieux et fascinant dans sa narration du point de vue de ce groupe d'adolescent voyeur. Ces alter-ego masculin aux cinq superbes créatures qui sont le centre du film ajoutent un regard tendre, nostalgique et sensuel à un drame touchant. Il y a du "Pique-nique à Hanging Rock" dans ce "Virgin Suicides" : sa manière presque fétichiste de rester dans la suggestion et le mystère qui entoure ces cinq sœurs laisse admiratif.
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    Rosemary's Baby (1968)

    2 h 16 min. Sortie : . Drame et Épouvante-horreur.

    Film de Roman Polanski avec Mia Farrow, John Cassavetes, Ruth Gordon

    22 février. Premier visionnage.

    Polanski signe avec "Rosemary's Baby" un métrage absolument terrifiant. Cette virtuosité du huis-clos, cette bande-son, ces scènes de cauchemars au hachoir... Il y a une progression dans l'horreur, subtile, pénétrante, comme j'en ai très rarement vu. De l'irritation à la douleur, la paranoïa... Moins marquant toutefois d'un point de vue horrifique qu'un "Exorciste", l'essentiel est ailleurs.

    Polanski marque surtout au fer rouge par sa représentation de la grossesse, angoissante comme jamais. On souffre, trépigne, désespère avec Rosemary qui vois le monde autour d'elle s'effriter au fur et à mesure que la douleur lui pénètre les entrailles. Le point de rupture où cette douleur s'arrête brusquement est magistral : l'abomination de sa condition semble enfin la libérer... En apparence. Tout le jeu sur le dualisme spirituel est aussi très réussi : le reversement des codes (ici, les vieux sont anti-cléricaux, Rosemary est croyante) amène parfaitement une conclusion parfaite. La dernière partie du film est effectivement monumental, en dent de scie. Toute la névrose d'une condition sociale se découvre comme la foudre, dans une scène finale dont je ne me remettrais pas de sitôt. Le meilleur film de Polanski qu'il m'a été donné de voir, assurément. Il y synthétise tout son style claustrophobe et fascinant avec génie.

    Dernière chose : au vu des événements tragiques survenus un an après la sortie du film (le meurtre de la femme enceinte de Polanski et de quelques-uns de ces amis dans sa maison, par une secte sordide) le film est pourvue d'une aura mystique supplémentaire.
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    Serpico (1973)

    2 h 10 min. Sortie : . Biopic, policier et drame.

    Film de Sidney Lumet avec Al Pacino, John Randolph, Jack Kehoe

    Séances de cinéma (1 salle)
    23 février. Premier visionnage.

    Un peu déçu d'un Sidney Lumet que j'attendais digne d'"Un Après-Midi de chien", sorti deux ans après toujours avec le flamboyant Al Pacino. Ici, il est question d'un flic droit dans ses bottes, au milieu de la corruption qui gangrène New-York. C'est un biopic finalement très classique, filmé avec un réalisme maîtrisé mais peu remarquable. Al y est toujours aussi génial (plus je le vois, plus je me dis que c'est clairement un de mes acteur préféré) mais ne parviens pas à rattraper malgré ses adroites et attachantes gesticulations, son irrésistible moustache et fringues impayables, un rythme un peu enrouillé. Le propos du film est certes propice à une intrigue qui fait du sur-place, (comme les romances que vit Serpico, d'ailleurs) mais ça m'a quelque peu lassé. Qu'à cela ne tienne, c'est un Sidney Lumet, c'est donc indéniablement intéressant et fort dans ses intentions. Mais encore une fois, il est loin d'atteindre la moiteur virtuose d'"Un Après-Midi de chien".
  • Bande-annonce

    Ave, César ! (2016)

    Hail, Caesar!

    1 h 46 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Ethan Coen et Joel Coen avec Josh Brolin, George Clooney, Alden Ehrenreich

    24 février. Vu au cinéma.

    Voir critique.
  • Bande-annonce

    Monty Python : La Vie de Brian (1979)

    Monty Python's Life of Brian

    1 h 34 min. Sortie : . Comédie et péplum.

    Film de Terry Jones avec Graham Chapman, John Cleese, Terry Gilliam

    25 février. Premier visionnage.

    Mon premier Monty Python. Il faut bien avouer que cette parodie de la vie de J.C. est proprement désopilante. Les rois mages, romains, fidèles aveugles, lapidation, la crucifixion sont passés au crible de la dérision, sans le moindre complexe. Les religions en prennent surtout pour leur grade, notamment dans la scène de la foule poursuivant Brian, allant jusqu'à aduler sa sandale. C'est bien rythmé, foisonnant de dialogues ravageurs et hilarants, de cascades improbables... Avec quelques passages à vide, peut-être : certaines scènes tirent un peu trop en longueur. De la grande comédie en tout cas, qui n'oublie d'ailleurs jamais de rattacher ses thématiques à notre monde actuel.
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    Monty Python : Le Sens de la vie (1983)

    Monty Python's the Meaning of Life

    1 h 47 min. Sortie : . Comédie et sketches.

    Film de Terry Gilliam et Terry Jones avec Graham Chapman, John Cleese, Terry Gilliam

    25 février. Premier visionnage.

    En découpant ce troisième long-métrage en chapitres distincts, multipliant les situations, personnages et époques, les Monty Python assument pleinement le nonsens de leur registre, l'aspect décousu de leur script. Résultat : la satire n'en est que plus féroce. Cette déconstruction des conditions et tabous sociales est proprement géniale : de la finance internationale aux catholiques, de la bourgeoisie au consumérisme, en passant par le militarisme et le colonialisme, peu d'éléments de notre société ne sont pas moqués par les Monty Python dans ce film. Cette succession de sketchs trouvent contre vents et marées une cohérence remarquable : en plus de s'enchaîner avec fluidité, les chapitres observent un déroulement logique qui donne une unité improbable au long-métrage. Cet amoncellement d'idées farfelues fonctionne (contrairement dans "Ave, César !", tiens) car ils gardent toujours le même objectif dans leur ligne de mire : renverser l'ordre établi par la dérision. En ce sens, le cours d'éducation sexuelle est proprement à mourir de rire. La subversion y est à son paroxysme ! Le film peut même se targuer de briser le quatrième mur avec panache. Du grand art.
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    Les Suffragettes (2015)

    Suffragette

    1 h 46 min. Sortie : . Drame.

    Film de Sarah Gavron avec Carey Mulligan, Helena Bonham Carter, Brendan Gleeson

    26 février.

    Un biopic sur les combats féministes en Angleterre au début du XXème siècle, tout ce qu'il y a de plus classique. Alors pourquoi sort-il donc ainsi du lot ? Déjà parce que le sujet est beaucoup trop oublié par le cinéma, c'est un fait. Ensuite, la mécanique est terriblement bien huilée : le rythme, la dramaturgie et la technique sont impeccables. Mais surtout, Carey Mulligan est au diapason : sa beauté Elle Fannigesque pourrait tronquer mon jugement (c'est probablement un peu le cas) mais là, elle irradie juste l'écran de sa présence. A elle seule, elle transmet une émotion remarquable, et ce ne sont pas les stars Helena Bonham Carter et Meryl Streep (qui apparaît une minute trente) qui lui volent la vedette. On en ressort révolté d'événements qui ont eut lieu il y a à peine un siècle, mais surtout gonflé à bloc. Un hommage vibrant, instructif et profondément utile.
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    The Revenant (2015)

    2 h 36 min. Sortie : . Aventure, drame et fantastique.

    Film de Alejandro González Inárritu avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Will Poulter

    28 février. Vu au cinéma.

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