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  • Et puis (1909)

    Sorekara

    Sortie : 1909. Roman.

    Livre de Natsume Sōseki

    Il y a une grande maîtrise chez Sôseki et en particulier dans ce livre. Regardez-le prendre son temps, déplier son récit progressivement avec cette fausse impression que l'on fait du surplace, creuser en profondeur son personnage principal, attachant, ambigu, dont on ne sait si il est un marginal, un paresseux, un sage ou un idiot, éviter tout spectaculaire pour restituer les sentiments au plus près. Un autre aurait brûlé les étapes pour en venir au roman d'amour... Mais même ce roman, il est plein de détails tragiques, le quotidien lui colle à la peau, les histoires d'argent qui reviennent sans cesse comme pour empêcher les sentiments les plus romantiques de prendre leur envol. Et pourtant, même quand le terrestre semble prendre le dessus, Sôseki offre une dernière page absolument fulgurante, qui montre que sa littérature peut lancer des éclairs. Avec "Et puis" il trouve un subtil équilibre entre tradition et modernité, entre passion et renoncement. Il est aussi fascinant d'observer un personnage prévisible qui sort tout à coup des rails d'une vie toute tracée et en ce sens, c'est un roman du dérèglement.
  • Up From Slavery (1901)

    Up From Slavery: An Autobiography

    Sortie : 1901. Biographie.

    Livre de Booker T. Washington

    (anglais)

    Je ne veux pas faire de faux procès à Booker T. Washington, ce grand homme. Sa vie évoque les grands, de Martin Luther King à Nelson Mandela et il a inspiré un nombre considérable de noirs en leur donnant la possibilité, quelque soit leur milieu, d'accéder à un niveau supérieur d'éducation. Le problème n'est pas l'homme, il est admirable. Le problème, c'est le livre. Distinguons le contenu du contenant parce que sur le fond, je soutiens bien entendu les principes de Booker Washington. Le premier tiers du livre est le plus autobiographique et contient les pages les plus émouvantes, sa petite enfance comme esclave, l'abolition, son apprentissage de la lecture et sa soif de savoir, tout ça est splendide. Ensuite vient le coeur du texte qui est en réalité une grande campagne pour soulever des fonds. Il explique combien les dons ont aidé ses projets, qu'il fait attention à chaque centime, que le dénuement ne lui a jamais fait peur mais que, bon, l'argent n'est pas si mal après tout etc. Il revient en long et en large sur ses talents d'orateur et les bienfaits de son école. On se demande presque pourquoi le livre ne vient pas avec un formulaire pour envoyer notre contribution directement en Alabama. Mais cela ne retire rien à l'incroyable destin de cet homme et à son travail forcené pour la justice sociale dans le sud.
  • Blonde (2000)

    Blonde : A Novel

    Sortie : octobre 2000. Roman et biographie.

    Livre de Joyce Carol Oates

    (anglais)

    Immense roman-monde aussi riche et complexe que le grand "Libra" de DeLillo. Joyce Carol Oates trouve le point exacte où se rencontrent fiction et non-fiction, un point de convergence littéraire, et elle ose tout, on sent un grand amour et une grande liberté servant d'ancrage à l'écriture de ce livre colossal. "Blonde" c'est Marylin mais aussi Norma et toutes les autres, toutes celles qui ont habité ce corps sulfureux et cet esprit insaisissable. Et Oates ne résout pas tout, le livre n'est bien sûr jamais clos : est-elle trop intelligente ou un tout petit peu sotte ? Elle est bien plus sensible que la moyenne, ça c'est sûr, d'une fragilité désarmante, et sa vie est un incroyable malentendu, un mystère, un mythe. MM a en fait totalement dépassé sa propre vie, elle est "bigger than life", "she outlived her life" est la formule ultime qui dit tout, enfermée qu'elle est dans un cercle vicieux en forme de miroir déformant. Sa vie est alors à la fois un rêve américain et hollywoodien et un pur cauchemar. Elle est un produit tout en ayant parfaitement conscience du jeu mis en place par la représentation de son image mais aussi esclave de cette image et prise dans les différentes strates de l'actrice qui prend les choses trop au sérieux (elle est Norma qui joue Marylin qui joue Rose etc). Tout est vertigineux dans ce livre, son enfance et adolescence sont largement au niveau de la suite, le destin se forge à coup d'orphelinat et de mariage forcé. Il y a une violence inouïe dans ce monde de glamour et de fric. "Blonde" est cru et beau et directe et complexe.
  • Rhum (1930)

    Sortie : 1930. Récit.

    Livre de Blaise Cendrars

    Si Jean Galmot n'existait pas, Cendrars l'aurait inventé parce qu'il est précisément la définition même des personnages de Cendrars : un aventurier, un romantique, avec des lettres et du courage à revendre. Son destin tragique ne gâche rien à l'affaire. Étrangement, Cendrars semble s'intéresser davantage à la véracité de son récit, aux différents documents qui prouvent que, aux citations du tribunal etc, plutôt qu'à prendre le matériau brut pour en écrire l'épopée. Donc "Rhum" est un petit livre à fois pris dans un courant d'air exotique, soufflant le rhum, la jungle, les insectes et le sang, mais aussi un texte un peu étroit, court avec des longueurs, presque mal branlé parce qu'il est trop près de Cendrars, il lui tient à coeur, et il lui manque peut-être la distance pour apprécier Galmot comme personnage haut en couleur.
  • Le Pavillon des cancéreux (1968)

    Rakovyï Korpus

    Sortie : 1968. Roman.

    Livre de Alexandre Soljenitsyne

    Soljenitsyne est revenu de tout, des camps, du cancer, de l'exode et du stalinisme, mais il n'en est pas amer pour un sou, il n'est pas donneur de leçon, il a simplement vécu, il est riche de toute cette vie comme peut l'être le vieux sage qui sait, qui fait la part des choses, qui en a vu d'autres. Son roman est incroyablement vivifiant, plein de vie contrairement à ce qu'on pourrait penser (et oui il y a un maximum de pages déprimantes, là n'est pas la question), simple, vrai, et on voudrait sincèrement que le livre jamais ne s'arrête pour pouvoir rester avec ces Kostoglotov et Roussanov au pavillon. Il y a l'évolution de la maladie, les relations avec les médecins et les autres malades, mais aussi la lente déstalinisation au dehors qu'on apprend par à coups, à travers les journaux ou les visiteurs. L'union Soviétique lui-même se fissure, semble être doucement atteint d'une forme de cancer qui le ronge. Les discussions politiques, philosophiques, sont magnifiques, pleines de paradoxes doux-amers. Soljenitsyne donne une chance à tout le monde, même les petits fonctionnaires les plus veules. On parle parfois de roman-total en général en rapport avec des livres post-modernes hyper ambitieux mais je trouve que "Le pavillon des cancéreux" englobe un monde entier entre ses pages.
  • Léviathan (1992)

    Sortie : 1992. Roman.

    Livre de Paul Auster

    Au risque d'être un peu injuste avec Paul Auster et ce roman qui est pourtant assez palpitant, je trouve que sa "méthode" pose problème. Parce qu'Auster est terriblement doué pour nous emmener avec lui, nous prendre dans une histoire dans laquelle on aimerait se lover et ne plus bouger, et nous porter aussi loin qu'il le veut, pour ça il est diablement fort, ok. Le truc pourtant que j'ai ressenti et qui m'était venu à l'esprit en lisant "Moon Palace" c'est que ses textes se composent clairement d'histoires posées bout à bout, on sent presque la place pour plusieurs romans, mais que les liens entre elles, les transitions, semblent grotesques, à peine travaillées, bref qu'elles sont des prétextes à raconter des histoires et à ne pas les appeler des nouvelles. Il y a donc des "hasards" insensés dans ce livre, dans "Moon Palace", "Brooklyn Follies", en j'en ai bien peur, dans tous ses romans, qui font retomber les événements sur leurs pattes (ce hasard c'est Paul Auster mais le lecteur, aussi hypnotisé soit-il, n'est pas toujours demeuré). Donc on obtient ce beau vêtement avec des coutures dégueulasses, on sent la facilité avec laquelle tout cela a été produit et on ne peut s'empêcher de regretter un peu ce travail qui consiste dirait-on à accumuler un certain nombre d'histoires captivantes et à les articuler plus ou moins habilement les unes auprès des autres. Après c'est à chacun de voir : si c'est le plaisir qui prime, celui de se faire conter une ou plusieurs histoires qui compte, sans y regarder de près, alors oui "Leviathan" mérite vraiment de s'y attarder.
  • Bleu éperdument (1990)

    Squandering the Blue

    Sortie : 1990. Recueil de nouvelles.

    Livre de Kate Braverman

    Il y a des auteurs à qui on reproche parfois d'écrire toujours le même roman (mais non Patrick, ne prends pas tout personnellement !) et puis il y a Kate Braverman et son recueil si étrange et presque hypnotisant "Squandering the Blue". Braverman, à la manière d'un Hong Sang-Soo écrit des nouvelles qui se juxtaposent et semblent rimer entre elles, il y a des mots clés, la couleur bleue, Hawai et Los Angeles, certaines plantes comme le frangipanier, et des thèmes comme l'addiction (drogues mais plus souvent alcool), des femmes au bord du désespoir, des relations familiales au point mort, une langueur, une errance. L'écriture est sensuelle, venimeuse, la mélancolie très poétique. Mais c'est ce travail sur la répétition et les infimes variations, au long de onze nouvelles toutes cousines les unes aux autres, qui donne une dimension expérimentale et vertigineuse à ce "Bleu éperdument" superbement traduit. Bravera éclaire par sa démarche le travail d'écriture et ce n'est pas un hasard si ses personnages sont obsédés par la poésie et la littérature.
  • De grandes espérances (1861)

    Great Expectations

    Sortie : 1861. Roman.

    Livre de Charles Dickens

    (anglais)

    Il y a un mélange des genres détonnant dans "Great Expectations" qui met côte à côte le roman d'aventure, de formation, un texte léger au ton drôle et assez enjoué et des scènes noires et gothiques impressionnantes, un roman d'amour, un roman social. On en parle souvent comme un classique, un livre de la maturité parce que tardif dans son oeuvre, un incontournable, mais Dickens est un auteur si particulier, avec son vocabulaire, son fan-club, qu'il n'est pas une évidence pour tous les lecteurs. Ce n'est pas une question de difficulté mais plutôt d'affinités. Celui-ci est tout à fait divertissant et pourtant il ne m'a pas complètement emporté ni convaincu, moins parfait que les romans de son ami Wilkie Collins pour ce qui est de l'intrigue pure, moins inquiétant ou habité que "Jane Eyre", c'est un livre étrange qui est relativement ramassé tout en s'engageant dans pleins de voies différentes. Je ne sais pas si en résulte un problème d'équilibre mais certains personnages portent absolument le roman et d'autres semblent totalement dispensables. Du peu que je connais des grands rivaux de l'époque je dirais pour l'instant Thackeray 1-0 Dickens.
  • Le Procès-verbal (1963)

    Sortie : 1963. Roman.

    Livre de J.M.G Le Clézio

    Quelle expérience ! Le jeune Le Clézio, on le sent, veut déjà faire table rase et écrire un autre roman, pas celui de papa qu'on a lu et relu, il a soif de renouveau, son texte flirte avec l'expérimental. Il perdra des lecteurs en route mais peu importe. Il y a beaucoup de courage dans ce geste radical, certains passages sont limpides et puissants, d'autres paraissent provocateurs et un peu toc. Mais il y a toujours une grande soif de littérature et un désir de marginalité qui me le rend sympathique. En fait je ne connais quasiment pas Le Clézio et j'en avais une image fausse d'écrivain voyageur un peu convenu. "Le procès-verbal" dynamite tout ! Il l'écrit à à peine 23 ans, les écrivaillons n'ont qu'à bien se tenir ! Le vieux monde qui va céder en 1968 est déjà mis à mal. C'est quand même un livre sacrément malaimable (on lit ça et là que c'est carrément illisible ce qui est faux), il faut un peu s'accrocher mais je trouve le lecteur largement récompensé.
  • Aux portes du royaume animal (1990)

    At the Gates of the Animal Kingdom

    Sortie : 1990. Recueil de nouvelles.

    Livre de Amy Hempel

    (anglais)

    C'est étrange parce qu'à la lecture des nouvelles fragiles d'Amy Hempel j'étais assez impressionné par son talent pour faire passer beaucoup de choses en simplement 2 ou 3 pages. Son écriture concentre des émotions, des non-dits, des clins d'oeil, on est presque contraint de ralentir et de lire doucement chaque phrase pour en apprécier leur sens et saisir les mouvements plus ou moins perceptibles de ses histoires. Elle a aussi un certain humour, un ton, qui n'est pas très voyant au début mais qui devient apparent au fur et à mesure qu'on apprend à la connaître. Et pourtant, aujourd'hui quelques 3 semaines après la lecture du recueil il m'en reste très peu, je ne pourrais probablement pas me rappeler de la moitié des textes. Je ne sais vraiment à quoi l'attribuer : à moi ou au fait que ces courtes nouvelles (qui sont toutes différentes les unes des autres et ne reposent pas sur une méthode ou un procédé narratif un peu facile) ne laissent pas vraiment de trace indélébile. Hempel a pourtant une belle réputation. J'aime sa sensibilité et j'essaierai de revenir à elle par le biais d'autres écrits.

  • Femmes amoureuses (1920)

    Women in love

    Sortie : 1920.

    Livre de D. H. Lawrence

    Encore un roman moderne et malaimable. Pas du tout le roman dix-neuvièmiste dans lequel les britanniques ont excellé mais un livre mordant, qui détruit et impose un regard nouveau, plein d'insolence et de sensualité. Chez Lawrence, le désir est partout et les personnages philosophent parce que c'est leur éducation qui essaye de raisonner sauf que le désir pense plus fort. Il y a des scènes qui sont d'une suggestion quasi insoutenables, notamment celle où Gerald impose sa volonté et sa force physique à un cheval en l'écrasant de ses cuisses, les éperons dans la chair jusqu'au sang, devant les soeurs révulsées et en même temps en pâmoison devant lui. C'est tout le livre : comment l'amour (et le sexe) est un mélange irrésistible d'attirance et de dégoût, les paradoxes se multiplient tout au long de 700 pages surprenantes. Les couples se forment après une gifle, un mariage se scelle après une dispute terrible, et le voyage de noce tourne au carnage. Eros et Thanatos tout du long. La nature elle, est toute puissante et restée inviolée, insensible aux hommes qui se corrompent pour un rien. Il y a aussi des pages magnifiques sur la mine que dirige Gerald d'une main de fer, que son père a longtemps tenue avec un certain respect pour ses employés... mais le vieux n'y comprend plus rien. Lawrence déploie ici en quelques pages une violence et un amour entre les générations, une incompréhension qui traverse toutes les relations de "Femmes amoureuses". Livre renversant et trop longtemps censuré - en avance sur son temps.
  • Samuel Fuller (2017)

    Sortie : . Biographie.

    Livre de Jean Narboni

    On sera en droit d'attendre un peu plus de Jean Narboni qui a déjà écrit sur Fuller et qui a surtout fréquenté le bonhomme du temps de ses années parisiennes (2 à 3 fois par semaine pendant des mois et des mois). C'est quand même un matériau non négligeable ! Mais le livre est court et ne nous apprend que trop peu de choses qui ne sont déjà connues ou dans les films de Sam... Narboni se risque peu à l'analyse et je me demande si ce n'est pas finalement ce qui me frustre un peu : je crois que je cherche dans ce genre de livres des idées ou alors des mots du réalisateurs lui-même. Le petit livre d'entretien de Leone par exemple surpasse largement tous ces bouquins pour cinéphiles qui font rapidement le portrait d'un cinéaste sans trop prendre le risque d'en dire trop. On résume les pitchs un par un, ça fait déjà une trentaine de pages, quelques éléments autobiographiques, hop, deux trois remarques, un jeu de mots pour le titre, le compte est bon. Je ne veux pas être trop sévère avec Narboni en particulier, j'ai lu son Fuller avec plaisir et j'ai eu envie de me replonger dans ses films (c'est bon signe) mais il manque au moins un ingrédient pour que tout ça ait du goût.
  • Bêtes féroces, bêtes farouches (2014)

    Wir haben Raketen geangelt

    Sortie : 2014. Recueil de nouvelles.

    Livre de Karen Köhler

    Les nouvelles de Karen Köhler mettent toutes en scènes une femme dans une période de transition, en fuite parfois, à l'étranger souvent, que ce soit après une rupture, en période de deuil, autour de remises en questions essentielles. Une femme s'engage sur un paquebot de croisière et trouve un boulot ingrat, une autre passe d'une ville italienne à une autre sans trop savoir quand elle retournera à sa vie, son boulot, son quotidien. Chaque texte offre une procédé un peu différent et original, une nouvelle est par exemple entièrement composée de cartes postales, une autre d'entrées d'un journal etc. On sent l'envie d'allier dans un geste doux-amer une légèreté de façade avec des choses plus graves, effleurées davantage que réellement évoquées. Ce programme on le connait, Köhler n'invente rien, elle s'y prend assez bien, trouve un point d'équilibre, et je suis immédiatement rentré dans chaque nouvelle alors que parfois je trouve dans un recueil des textes auxquels je "résiste" un peu malgré moi. Il y a un donc un certain talent mais je ne trouve rien non plus de très mémorable ici.
  • Ici n’est plus ici (2018)

    There There

    Sortie : . Roman.

    Livre de Tommy Orange

    (anglais)

    Bluffé par l'intelligence de ce premier roman, que ce soit les vannes, les métaphores, les idées, ça fuse et c'est précis. Evidemment Orange a aussi pour lui de donner voix à une minorité qui n'existe quasiment pas, dans la littérature ou les médias. Les indiens aujourd'hui, c'est surtout des souffrances, l'alcoolisme partout, la dépression, et l'envie malgré tout de continuer et de perpétuer certaines traditions, comme un geste fort d'identité et de résistance. La violence est une toile de fond qu'il est impossible de percer parce que l'histoire des indiens est indissociable d'histoires sanglantes. On a souvent l'impression d'être plongé dans "The Exiles", ce beau film des années 1960 qui montrait des "natives" dans les villes aujourd'hui, perdus, cherchant à se raccrocher aux branches d'un monde qui les ignore. Il y a bien une jeunesse dans "There there" (beau titre !) mais pas tout à fait d'espoir pour autant. On sent aussi que le racisme à la peau dure - et que c'est réciproque. En fait la seule lumière de ce livre qui est assez désespérant, c'est le livre lui-même, qu'un texte ait pu jaillir pour élever tout cela et permettre de sentir au plus près ces vies.
  • La Supplication (1997)

    Tchernobylskaïa Molitva

    Sortie : 1997. Essai.

    Livre de Svetlana Alexievitch

    Alexievitch a écrit le livre ultime sur Tchernobyl. Je ne sais pas si ça intéresse encore quelqu'un de discuter si c'est de la littérature ou du journalisme... Le résultat est tellement puissant, émouvant, les témoignages sidérants, on comprend qu'on pouvait mettre des mots sur la guerre parce qu'on la reconnait mais qu'est-ce que c'est Tchernobyl. Et le livre fait habilement le parallèle, en faisant parler les survivants, entre l'explosion du réacteur et celle du monde communiste, de l'ancien monde, qui a tout pourri par ses mensonges et sa propagande. Alexievitch en étant à la fois étrangère et Biélorusse elle-même inspire une telle confiance qu'elle recueille des propos à peine imaginables, les horreurs dépassent de loin celles de son livre sur la guerre en Afghanistan. C'est l'apocalypse baignée dans une sorte de douceur irréelle, de nature et de couleurs presque hypnotisantes. Je suis époustouflé par la simplicité et l'efficacité de la "méthode" Alexievitch comme on peut le dire pour Wiseman au cinéma. C'est évident et d'une grande profondeur.
  • L'Ordre du jour (2017)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Eric Vuillard

    Déception. On sent Vuillard fier de ses anecdotes, de ses recherches. Il explique combien sont rares certains documents. Le livre cumule donc des anecdotes historiques et frôle l'anecdotique lui-même. L'écriture, de même, est honnête mais là encore on devine l'auteur plutôt satisfait de ses formules. Pas de quoi casser des briques ou gagner un Goncourt. Après le fond n'est pas nouveau mais il est intéressant : que les industriels allemands aient négocié avec Hitler et se soient assuré de profiter de la situation : les Siemens, Agfa, Bayer et autres n'ont pas les mains propres. C'est la haine que Fassbinder vouait à la génération de ses parents, l'impression que ce vieux monde a traversé la guerre sans trop d'égratignures et que la société d'aujourd'hui est encore salie par des multinationales qui se sont enrichies en faisant des profits pas jolis jolis (le capitalisme, ce n'est pas la petite maison dans la prairie...). Le livre manque en réalité de point du vue : il se concentre sur des personnages antipathiques en les faisant passer pour des idiots, des cyniques ou des lâches. C'est seulement dans les toutes dernières pages qu'apparait le contre-champ et qu'on réalise à quel point tout cela est dramatique - le texte trouve enfin une émotion, bien tard. J'irai voir du côté de "Congo" parce que ce livre me laisse un peu frustré.
  • Une saison amère (1961)

    The Winter of Our Discontent

    Sortie : 1961. Roman.

    Livre de John Steinbeck

    (anglais)
  • Ethan Frome (1911)

    Sortie : 1911. Roman.

    Livre de Edith Wharton

    (anglais)
  • Les Extraordinaires Aventures de Kavalier & Clay (2000)

    The Amazing Adventures of Kavalier & Clay

    Sortie : . Roman.

    Livre de Michael Chabon

  • Le Pays des autres (2020)

    Sortie : . Roman.

    Livre de Leïla Slimani

  • Zipper et son père (1928)

    Zipper und sein Vater

    Sortie : 1928. Roman.

    Livre de Joseph Roth

  • Béatrix (1839)

    Sortie : 1839. Roman.

    Livre de Honoré de Balzac