Cover Odyssée tricolore (2023)

Odyssée tricolore (2023)

Comme chaque année depuis 2015, la liste qui recense tous les films que j'ai vu et revu cette année ! Beaucoup d'attentes pour 2023 après une année 2022 pas forcément colossale en nombre de visionnage mais riche en belles découvertes !

Années précédentes sur SensCritique :
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Nouveau départ (2022) - 241 films
https://old.senscritique.com/liste-edition/cinephagia_2022/3164396/page-1

A travers les âges du cinéma (2021) - 295 films
https://www.senscritique.com/liste/2021_A_travers_les_ages_du_cinema/2911742

Confiné entre le sabre et l'épée (2020) - 264 films
https://www.senscritique.com/liste/Confine_entre_le_sabre_et_l_epee_2020/2575608

Révélation hongkongaise (2019) - 174 films
https://www.senscritique.com/liste/n_a/2303316

Retour aux classiques (2018) - 141 films
https://www.senscritique.com/liste/2018/1980698

Horizons étendus (2017) - 226 films
https://www.senscritique.com/liste/Tableau_de_chasse_Annee_2017/1496628

Suprématie nippone (2016) - 170 films
http://www.senscritique.com/liste/Concept_toujours_aussi_peu_original_Mes_films_vus_en_2016/1142721

Matin calme pour départ en beauté (2015) - 320 films
http://www.senscritique.com/liste/Archive_Concept_100_Original_mes_films_vus_en_2015/723041

Liste de

324 films

créée il y a plus de 3 ans · modifiée il y a environ 2 ans
Un singe en hiver
7.8

Un singe en hiver (1962)

1 h 45 min. Sortie : 11 mai 1962 (France). Comédie dramatique

Film de Henri Verneuil

Psycox a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

---- Janvier ----

Quelle belle manière de commencer l'année ! L'inculte du cinéma français que je suis était aux anges hier soir en découvrant à quel point ce film fait chaud au coeur. Une sorte de feelgood movie simple dans les faits - deux hommes qui se rencontrent et partagent une passion commune pour la picole - mais qui sort clairement du lot de part la qualité et la complicité de ses acteurs et surtout la saveur toute particulière de ses dialogues. Ca faisait un bail que j'avais pas vu un film aussi fou à ce niveau-là, le travail est colossal. Les punchlines brillantes s'enchaînent aussi vite que les verres descendent, c'est dire ! Le duo Gabin/Belmondo est merveilleux, dès les premiers échanges on comprend qu'une amitié va naître naturellement, c'est réjouissant du début à la fin.

On est vraiment face à un film qui fait du bien, devant lequel on ne peut s'empêcher de sourire et qui dénote de part sa bienveillance générale. Le thème de la nostalgie me touche tout particulièrement, c'est un sentiment qui peut paraître négatif parfois mais pour moi c'est tout l'inverse. Se rappeler des bons souvenirs ensemble autour d'une bonne bibine, ça me parle ! Pour moi on est clairement dans la vibe d'un Kitano style "L'été de Kikujiro", en plus bavard certes, mais le même genre de film qui invite à découvrir les autres et qui rassemble. Du coup j'ai pas besoin d'en dire plus, l'année 2023 cinéma commence à merveille !

Les Gens de la pluie
7.2

Les Gens de la pluie (1969)

The Rain People

1 h 41 min. Sortie : 21 octobre 1970 (France). Drame, Road movie

Film de Francis Ford Coppola

Psycox a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Ce qui est fou avec Coppola, c'est que le mec a tellement bouleversé le cinéma avec "Le Parrain" & "Apocalypse Now" qu'on a tendance à ne jamais entendre parler de ses autres films. J'avais vu et apprécié son "Dracula", mais je n'avais absolument jamais entendu parler de "The Rain People" avant une rencontre hasardeuse en m'égarant sur le site. Et je trouve ça super triste parce que c'était génial. Au delà même de son magnifique titre, "The Rain People" c'est une aventure belle et douloureuse à travers les Etats-Unis aux côtés de deux personnages qui d'ordinaires auraient été oubliés de tous, mais qui sont mis à l'honneur dans ce film.

D'un côté, on découvre une jeune femme qui apprend qu'elle est enceinte et ne se sent pas prête. Elle panique et décide de fuir loin de son mari faute d'autre solution, tiraillée entre le pseudo-devoir de rester fonder une famille et ses rêves de liberté avortés. De l'autre, un ancien footballer américain qui suite à un accident en match se retrouve avec des séquelles psychologiques. Diminué mentalement, il est petit-à-petit délaissé par tout son entourage et se retrouve sans le moindre but. C'est en fuyant à travers le pays de l'oncle Sam qu'ils vont se rencontrer totalement par hasard, alors qu'il faisait du stop pour rejoindre son ancienne copine, et qu'une amitié inattendue et singulière va naître.

Le road movie est un terrain fertile sur lequel poussent d'innombrables drames sociaux magnifiques aux USA, peut-être même le genre qui leur réussi le mieux. Au delà même du fait que le pays est propice au voyage, il sert surtout de prétexte pour parler de quêtes intérieures, de personnages qui cherchent à trouver un sens à leur existence ou tout simplement un nouveau départ... même s'ils savent que cela est parfois (voir souvent) impossible. Je suis vraiment tombé sous le charme de ce film, intimiste, sincère, poétique, bouleversant même. Je trouve qu'on peut facilement s'identifier aux personnages, en particulier quand on est dans une phase de sa vie où on se pose des questions, ce qui est clairement mon cas depuis un an environ. Donc oui, clairement je recommande vivement cette pépite injustement méconnue, ça reste un film très particulier même dans sa forme donc pas sûr qu'il plaira à tout le monde, mais je vous souhaite de tout mon coeur d'être autant séduit que j'ai pu l'être hier soir.

Le crime était presque parfait
7.9

Le crime était presque parfait (1954)

Dial M for Murder

1 h 45 min. Sortie : 2 février 1955 (France). Policier, Thriller

Film de Alfred Hitchcock

Psycox a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Si Hitchcock est de base connu pour ses films à suspens savamment construits, “Dial M for Murders” pourrait être comparé à LA montre Suisse méticuleusement fabriquée à la main où tout s’imbrique parfaitement et rien n’est laissé au hasard. Un jeu de piste particulièrement intelligent durant lequel on est invité à scruter le moindre détail en espérant trouver la faille, et qui finalement arrive toujours à surprendre du début à la fin. Si le plan semble parfait sur le papier, le moindre incident même minime peut tout faire basculer…

Ce qui est brillant avec Hitchcock c’est qu’il saborde lui-même son scénario de base pour le faire évoluer, et toujours atteindre de nouveaux sommets en termes de suspens et tension. L’histoire aurait pu être fascinante déjà sans accroc, mais ces derniers la rendent encore plus savoureuse à suivre. Hitchcock aime mettre en avant des anti-héros, laisser toujours de l’espace aux antagonistes qui sont souvent tout autant - voir plus - intéressants que les personnages plus vertueux.

Peu de lieux différents, mais pas une seule seconde d’ennui tant la mise en scène est d’une efficacité redoutable. La scène d’introduction donne directement la couleur et on reconnaît dès les premières images la patte du cinéaste. Mais ce que je préfère par-dessus tout chez lui et dans ce film en particulier, c’est les dialogues. Les rapports de force, le jeu de dupes, les doutes et craintes, mais surtout les pirouettes des personnages pour garder une certaine forme de contrôle lors de leurs joutes verbales. En témoigne cette superbe scène dans la première partie qui confronte le personnage principal à son ancien collègue où on tourne longtemps autour du pot pour asseoir une domination progressive et imposer sa volonté. C’est toujours un plaisir et une chance immense de découvrir un film du maître, “Dial M for Murders” ça tue !

Do the Right Thing
7.5

Do the Right Thing (1989)

2 h. Sortie : 14 juin 1989 (France). Drame

Film de Spike Lee

Psycox a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Et si la bonne chose à faire était justement de réaliser ce film. Spike Lee est une figure incontournable de la lutte antiracisme aux Etats-Unis, un personnage qui a su s'imposer comme indispensable et profiter de son statut médiatique pour faire entendre ses arguments. Je ne suis pas là pour parler des différents débats interminables sur ce sujet, ce qui m'intéresse aujourd'hui c'est son célèbre "Do the Right Thing" que je me devais de voir depuis longtemps... Et pour le coup je trouve que non seulement il n'y a aucun doute qu'il sait de quoi il parle, mais qu'en plus il le fait de la meilleure manière possible avec ce film. Pourquoi ? Parce qu'il montre parfaitement qu'il n'y a pas de solution idéale, que la violence ne résout rien sur le papier c'est vrai... mais sans elle que reste-t-il aux plus opprimés ? Pour moi ce film est un parfait constat du problème, de la situation, et même si j'ai personnellement envie de croire que les choses évoluent, les faits divers, de manière cyclique, viennent nous rappeler que ce n'est jamais vraiment le cas.

Au delà-même de son important message, "Do the Right Thing" c'est aussi un très bel objet filmique. Une immersion au plus proche dans un quartier où la tension entre les différentes communautés est palpable à chaque instant, bouillonne en attendant le moindre petit accident pour mieux exploser. Très bon choix de contexte que de choisir une journée de canicule comme catalyseur, un climat favorable qui vient agresser les corps pour mieux échauffer les esprits. La caméra met en avant les visages, mais surtout les émotions des personnages, au plus proche elle aussi. On sait pertinemment qu'à un moment ou à un autre, on atteindra la rupture et le point de non-retour, ce dès le début du film, la seule question qui persiste alors est: Quand ? Casting monstrueux, discours intemporel, fin sobre mais pertinente avec ces deux citations historiques: "Do the Right Thing" porte la double casquette de bon film et de message d'alerte puissant face aux abus de pouvoir, à l'importance de rester soudés et fiers de ses convictions, mais en même temps aux dangers du communautarisme et l'évidente absurdité du racisme. C'est pour moi une grande réussite et ça me permet de continuer à savourer le sans-faute de ce début 2023 en matière de visionnages encore un peu plus longtemps, donc merci M'sieur Lee !

Tenacious D in The Pick of Destiny
6.9

Tenacious D in The Pick of Destiny (2006)

1 h 33 min. Sortie : 4 juillet 2007 (France). Aventure, Comédie, Comédie musicale

Film de Liam Lynch

Psycox a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Même si c’était bien la première fois que je voyais le film hier, on ne peut pas vraiment parler de découverte ici. Je connaissais déjà des extraits, j’avais déjà écouté pas mal des musiques de la BO, je partais donc avec un avis un peu biaisé positivement. Ces films un peu fun & meta, c’est définitivement pas ce que je préfère mais ça reste des visionnages un peu à la cool qui font du bien de temps en temps. Le film en lui-même est sympathique, mais ça s’arrête là, je ne suis pas certain de le revoir un jour.

Ce qui m'a beaucoup plus c’est la sincérité du projet et son côté ouvertement décomplexé. On sent qu’on est sur un produit fait par des gens qui voulaient avant tout s’amuser, faire un peu de musique dans la comédie et inviter les copains à la fête tant qu’à faire. J’adore les caméos dans ce film: rien que de savoir qu’on peut découvrir John C. Reilly déguisé en sasquatch, ça justifie l’intérêt du visionnage.

Du coup même si on est clairement pas au niveau de mes précédents visionnages de ce début 2023, je reste content de l’avoir enfin découvert. Ce n’est pas un classique au sens premier du terme si on se réfère aux puristes du cinéma, mais ça reste un immanquable en particulier pour les gens de notre génération, ça aurait été dommage de n’avoir que des références partielles toute ma vie !

Le Samouraï
7.6

Le Samouraï (1967)

1 h 45 min. Sortie : 25 octobre 1967. Film noir, Policier, Thriller

Film de Jean-Pierre Melville

Psycox a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Deuxième film de la nouvelle série préférée des internautes: l’année 2023 bien franchouillarde de votre humble serviteur. S’il y a bien un cinéaste que je comptais découvrir tôt ou tard et que j’attendais au tournant, c’est Melville. En pur inculte que je suis, je n’avais vu (et adoré) qu’uniquement le fameux “L’armée des ombres”. Un film très dur, sombre et grave du fond à la forme. Loin de moi la prétention de pouvoir dire que j’ai cerné le cinéaste en deux films, je remarque tout de même un style très similaire dans “Le Samouraï”. On a vraiment ce côté très austère, sérieux à chaque instant, avec une image terne tout en nuances de gris. Y’a une classe certaine dans la réalisation et surtout la mise en scène, avec une caméra qui semble lourde, comme si elle supporte aussi le poids qui accable le protagoniste. Delon est parfait en héros mutique, monstre de charisme, de la tenue au regard il crève l’écran. Je parlais plus tôt de la gravité des situations, mais elle se ressent aussi beaucoup je trouve dans le jeu d’acteur. On est à la fois dans un registre qui se veut très réaliste, mais en même temps on a l’impression de vivre dans une version plus pessimiste et intense que notre réalité. J’ai trouvé que le film était aussi une belle immersion dans le milieu policier de l’époque, le film a beau aller assez vite, on voit beaucoup de scènes différentes entre les traques, les interrogatoires et les tentatives d'interpellation. Un classique français qui ne déçoit pas, une fois de plus.

Les Banshees d'Inisherin
7.2

Les Banshees d'Inisherin (2022)

The Banshees of Inisherin

1 h 54 min. Sortie : 28 décembre 2022 (France). Comédie dramatique

Film de Martin McDonagh

Psycox a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Quel dommage de ne pas avoir découvert ce film en 2022 avant de clôturer mon top de l'année... Parce que clairement ce film aurait mérité sa place et aurait même sans doute figuré assez haut dans le classement. Il entre parfaitement dans la catégorie des films que je n'attendais pas du tout et qui ont dépassé toutes mes espérances. C'est bien simple: avec quelques jours de recul, je crois que je le préfère même à "3 Billboards" du même réalisateur que j'avais pourtant déjà aimé ! Un pitch qui tient sur un post-it, qui peut ne pas faire rêver sur le papier, et pourtant quelle magnifique surprise. "Les Banshees d'Inisherin" c'est l'histoire de deux potes isolés au sein d'une petite communauté sur une île en Irlande alors que la guerre fait rage sur la terre principale. Sauf que voilà, un d'entre eux décide que cette amitié doit prendre fin, jugeant que toute sa vie manque de sens et que cette dernière ne mêne à rien. Une situation qui ne va pas du tout convenir au second, cette relation avec son ami étant une des seules choses concrètes et positives de son existence.

"Les Banshees d'Inisherin" offre une expérience purement singulière, faussement contemplative malgré le cadre propice et le thème de l'ennui - entre autres - abordé. Un film absolument magnifique de part la justesse folle avec laquelle sont dépeints les personnages. On éprouve une tendresse folle pour ces derniers, pitoyablement attachants. Collin Farrell est juste légendaire dans ce film, j'ai rarement éprouvé autant d'empathie et de tristesse pour un personnage. C'est tellement difficile de jouer ce rôle de simplet candide et d'y apporter autant de drame que de comédie. A côté de lui, Brendan Gleeson n'a jamais autant débordé de charisme, ce musicien sur le tard désespéré et profondément terrifié par le fait de tomber bientôt dans l'oubli est interprété lui aussi avec brio. Aucun temps mort, tantôt drôle, tantôt émouvant, "Les Banshees d'Inisherin" c'est brillant et ça n'augure que du bon pour la suite pour Martin McDonagh qui continue de briller ! J'ai adoré la séance, j'étais vraiment trop content de démarrer 2023 au cinéma de cette sublime manière.

Vivre
8

Vivre (1952)

Ikiru

2 h 23 min. Sortie : 31 août 1966 (France). Drame

Film de Akira Kurosawa

Psycox a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Il était hors de question que je découvre le remake de 2022 avant le film de Kurosawa, du coup une seule solution: le voir juste avant. Contre aucune attente, c'était un visionnage absolument fabuleux. Il confirme d'ailleurs le fait que mes Kurosawa préférés sont définitivement ceux qui se déroulent dans le Japon moderne. "Ikiru" c'est l'histoire d'un type qui bosse au bureau des plaintes dans la mairie de Tokyo. Il mène une vie monotone, sans passion, tel un robot formaté par la société japonaise et son devoir de père qui a du élever seul son fils unique. Un beau matin, alors qu'il se décide enfin à rater une journée de travail après 30 ans de bons et loyaux services pour aller consulter un médecin pour ses douleurs au ventre, il apprend qu'il est atteint d'un cancer de l'estomac en phase terminale: l lui reste à tout casser 6 mois à vivre. Entre escapades désespérées pour tenter de rattraper le temps perdu sans savoir où donner de la tête, rencontres inattendues, il va finalement trouver un but à son existence: réhabiliter une zone détruite pour créer un parc pour enfant...

"Ikiru" c'est magnifique à tous les niveaux. L'histoire est belle, magnifiquement racontée par Kurosawa. Non content d'avoir un bon scénario, la narration est habilement construite, avec une scène d'introduction originale pour l'époque et une ellipse temporelle très élégante pour passer à la seconde moitié du film. Plus globalement y'a un nombre assez fou d'idées de réalisation brillantes, comme notamment ce montage très énergique au début pour exposer les soucis rencontrés par les femmes du quartier, ou encore cette caméra toujours très proche du protagoniste, qui ignore presque totalement la ville pour se concentrer sur les gens. Car c'est ça la grande force de "Ikiru" à mes yeux: magnifier les petites gens. Si on se pose deux secondes, on se rend compte que tout ce qui se passe dans ce film sera sans doute vite oublié, mais qu'importe, pour les gens de ce quartier et à cet instant précis, c'est important et c'est tout ce qui compte. J'ai trouvé le film d'une sincérité rare, même pour le Japon. Le protagoniste est vraiment touchant, avec son côté presque enfantin, finalement plus perdu qu'apeuré, dévasté et en même temps foncièrement bon. Y'a des choses assez violentes dans le film, notamment sa relation avec son fils et certains travers de la société japonaise qui se révèlent au pire moment. Cerise sur le gâteau, le film jouit de son contexte historique, sorti à une période où le

Vivre
6.5

Vivre (2022)

Living

1 h 42 min. Sortie : 28 décembre 2022 (France). Drame

Film de Oliver Hermanus

Psycox a mis 6/10.

Annotation :

Expérience très intéressante que de découvrir à un jour d'intervalle le film originel et son remake en salle sorti 70 ans plus tard. Si le film est loin d'être mauvais, il reste tout de même une copie un peu faible de l'original selon moi, mais on va essayer de décortiquer tout ça ! C'est amusant de voir à quel point le cinéaste a tenu à rester proche le plus possible de l'oeuvre originelle, parfois jusque dans des détails assez précis comme des agencements de décors, le clin d'oeil du jouet lapin-sauteur ou le positionnement des personnages !

On a vraiment affaires à une version modernisée ni plus ni moins. Les deux films sont uniquement séparés dans le temps réel, car l'action a été transposée en Angleterre à la même époque dans le film. Ca change quand même pas mal de choses sur le contexte historique et la société, ce qui fait qu'on ne peut vraiment avoir un personnage identique et avec les mêmes préoccupations. C'est peut-être pour moi ce qui constitue le plus gros défaut du film. Le traitement familial est un peu moins violent et important dans ce film, c'est dommage car c'était une vraie clef de voûte du scénario de Kurosawa, apportant une urgence supplémentaire à la situation et un côté plus fataliste. Je trouve que même si Nighy fait le taf, il n'arrive pas à nous faire ressentir la détresse de Shimura avec la même intensité, et je pourrais dire la même chose des moments de joie. La réalisation n'est pas de mauvais facture mais n'arrive clairement pas à la cheville de Kurosawa et ses superbes idées que j'ai pu évoquer dans mon précédent commentaire. L'introduction du personnage du nouvel employé n'apporte pas grand chose à mon sens également, ça détourne un peu l'attention autour du protagoniste qui était vraiment le centre de l'attention durant toute la première moitié du film dans l'oeuvre originelle. Conclusion, on en revient toujours la sempiternelle question: est-ce que c'est un remake pertinent ou non ? Bah pas vraiment... c'est pas un mauvais film mais il ne sert concrètement à rien. Je pense que quitte à remake, autant faire une vraie réécriture. S'il peut au moins donner envie aux gens de découvrir Kurosawa, ce serait super ! Pas un mauvais film, mais voyez "Ikuru" plutôt.

La Règle du jeu
7.7

La Règle du jeu (1939)

1 h 47 min. Sortie : 8 juillet 1939. Comédie dramatique

Film de Jean Renoir

Psycox a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Encore un titre que je connaissais par coeur à force de le voir dans tous les top de classiques français à voir avant de mourir, une oeuvre que je découvre enfin aujourd'hui suite aux bonnes résolutions de 2023 ! "La Règle du Jeu" propose une immersion le temps d'un week-end dans l'univers des ultra-riches où les relations sociales, amicales et amoureuses sont aussi instables et changeantes que la météo sur une île en plein coeur du Pacifique. Un milieu où tout est permis, où tout devient vite ennuyeux et où on convoite parfois maladivement les rares choses que l'on ne possède pas encore... L'expérience est assez déroutante, un film très bavard avec des personnages assez exubérants et une certaine forme de véhémence générale qui s'installe dès le début du récit. Ce côté très expressif permet de très vite catégoriser les personnages, qui sont vraiment le gros point fort du film à mon sens. On en découvre plein d'un coup et on est très vite catapultés dans leur milieu, volontairement perdu dans cet univers d'or et de paillettes dans lequel les manants comme vous et moi n'ont pas leur place normalement. Une immersion à la dure mais qui paye, puisque plus le récit avance plus on se laisse prendre au jeu. Le récit nous balade gentiment durant sa première partie pour mieux nous secouer lorsque tout va exploser le temps d'une soirée... Le final est glaçant tant on minimise la situation avec un détachement purement inhumain, c'est vraiment la cerise sur le gâteau, la petite touche qui m'a fait réellement apprécier le film. "La Règle du Jeu" ne m'aura peut-être pas autant plu que mes visionnages précédents, mais c'est un troisième excellent classique français que je découvre cette année !

Garde à vue
7.8

Garde à vue (1981)

1 h 27 min. Sortie : 23 septembre 1981. Policier, Drame, Thriller

Film de Claude Miller

Psycox a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Le film policier, c'est certainement mon premier amour au cinéma. J'aime les enquêtes, les personnages souvent torturés, poussés dans leurs retranchements, à la limite de craquer et de franchir la ligne. "Garde à vue", c'est un huis-clos dans un commissariat qui - comme son nom l'indique - raconte l'histoire d'une garde à vue le soir de nouvel an 1981. Un homme que tout accable est accusé d'un double homicide odieux, sans doute la pire chose que l'on puisse imaginer, seuls ses aveux sont manquants pour clôturer le dossier... Manque de pot, le coupable n'est pas du genre à se laisser faire. Personne n'ira fêter le passage à la nouvelle année ce soir.

D'une efficacité redoutable, avec des dialogues signés Audiard toujours aussi brillants, des personnages magnifiquement construits portés par des acteurs légendaires du cinéma français, "Garde à vue" porte la double casquette de splendide exercice de style et fascinante réflexion sur la culpabilité, la responsabilité et le jugement. J'ai été scotché du début à la fin par la proposition, j'ai éprouvé une vraie haine envers certains personnages, j'ai eu de la peine pour d'autres voir parfois pour les mêmes, à l'image des personnages on est mis à rude épreuve nous aussi en tant que spectateurs. Le film est efficace au possible, avec un final très dur mais une fois encore savamment mis en scène et sublimé par les acteurs, y'a rien à dire on est clairement face à un incontournable du cinéma français qui mérite toutes les louanges. Plus ça va, plus je me dis que cette quête de cinéma français était une bonne résolution pour 2023.

Terrifier
5.1

Terrifier (2016)

1 h 26 min. Sortie : 16 décembre 2022 (France). Épouvante-Horreur

Film de Damien Leone

Psycox a mis 6/10.

Annotation :

Entre la flemme carabinée et la crève tenace, il est vrai que j'ai énormément procrastiné mes notations. Notations qui se sont accumulées, de quoi être encore moins motivé, mais bon quand faut y aller, faut y aller ! J'ai eu la chance de découvrir ce fameux "Terrifier 1" lors d'une soirée spéciale double programmation clownesque à Strasbourg au cinéma, le cadre idéal pour découvrir ces films hauts en couleur ! Le moins qu'on puisse dire avec ce film, c'est que toutes les promesses - bonnes comme mauvaises - sont respectées. Le film souffre cruellement de son budget minime, toute la technique est horrible, faut vraiment faire l'impasse sur la mise en scène, la photo et le scénario pour l'apprécier. Mais bon clairement je vais pas sur-intellectualiser ce film, le but c'est clairement de proposer un divertissement gore à souhait, violent et jusqu'au-boutiste... et à ce niveau là non plus, y'a pas erreur sur la marchandise: c'est du grand cru. On va vraiment super loin dans la violence, avec des FX vraiment saisissants pour un budget aussi minime. Il y a surtout une grande créativité sadique dans les différents meurtres et des concepts tordus savoureusement horribles. Je trouve qu'on arrive vraiment à faire la part belle entre l'horreur et la comédie pour que le côté jouissif soit présent et qu'on ne tourne pas dans cet horrible genre qu'est le torture porn. Le gros point fort du film reste l'antagoniste principal, l'immonde Art le clown et ses mimiques. J'adore le personnage, c'est pour le coup un vrai cauchemar ambulant et traumatisant. J'aime aussi qu'on essaye à aucun moment de l'humaniser, de lui donner un but, il fait ça pour le plaisir et c'est encore pire. C'est dégueu, c'est clairement mal branlé, mais ça joue son rôle comme il faut, et découvert dans de bonnes circonstances comme ici pour moi, bah c'est un chouette film ambiance festival cinéma bis pour les amoureux du mauvais goût.

Terrifier 2
5.6

Terrifier 2 (2022)

2 h 20 min. Sortie : 11 janvier 2023 (France). Épouvante-Horreur

Film de Damien Leone

Psycox a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

On enchaîne avec le deuxième volet directement. Budget toujours aussi ridicule même s'il est clairement plus conséquent que le premier, et pourtant on voit qu'on peut vraiment faire des dingueries avec peu d'argent. J'ai jamais vu un film aussi gore de ma vie je pense, du moins aussi crade et réaliste dans ses mises à mort. Y'a vraiment une scène en particulier dans la première moitié du film qui atteint des sommets en terme de violence sanguinolente. J'aimerais vraiment voir une suite avec un budget colossal pour voir ce que ça peut donner, sans doute mon côté malsain qui s'exprime. Au delà de ça, même si le film se tient mieux que le premier, j'ai personnellement eu un peu du mal avec les différents ajouts. A trop vouloir coûte que coûte créer une histoire, on saborde un peu le concept de base du film. Déjà il est vraiment long et on le sent passer, mais en plus je trouve qu'on s'en fiche royalement de l'histoire des protagonistes... C'est une sorte de teen-movie basique au possible, sur lequel se greffe un chef d'oeuvre de créativité morbide, je trouve ça super dommage. Soit faut trouver un truc plus intéressant à raconter, soit faut accepter qu'on est pas là pour ça et vraiment faire du slasher hardcore. C'est rarement bon d'avoir le cul entre deux chaises. En plus ça rend le personnage de Art moins présent quelque-part, du moins fatalement avec moins de présence à l'écran vis à vis de la durée de l'oeuvre et c'est bien dommage parce que c'est lui qu'on veut voir. Je vais être honnête j'ai quand même passé un bon moment, c'est horrible et drôle à la fois quand ça veut bien, donc globalement oui meilleur que le premier, mais on peut faire mieux encore j'en suis sûr ! Le final nawak over the top laisse présager un délire total pour une potentielle suite, je veux voir ça.

Babylon
7.3

Babylon (2022)

3 h 09 min. Sortie : 18 janvier 2023 (France). Comédie dramatique, Historique

Film de Damien Chazelle

Psycox a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Y'a des séances qui font quand même vraiment plaisir. Je suis sorti de la salle complètement soufflé. N'en déplaise aux rabats-joie qui aiment cracher sur Chazelle parce qu'il est populaire, à la manière de Nolan, faut dire que le bougre ne m'a encore jamais déçu. J'attendais le film de pied ferme, confiant, et malgré des attentes colossales j'ai non seulement été surpris mais comblé. "Babylon" offre une immersion de 3h dans le monde totalement fou des débuts d'Hollywood. Une version exacerbée du rêve américain dans laquelle on peut aussi vite percer que sombrer. J'ai adoré cette magnification du chaos, le côté survolté et euphorique qui se dégage du film. C'est tout aussi entraînant que cela fait tourner la tête, on se rend compte des limites mais on a envie de tout risquer, tout miser pour tenter le coup. L'histoire de l'industrie nous est racontée par le prisme de trois personnages assez atypiques. Il y a d'abord le rêveur Manny qui va commencer tout en bas de l'échelle et gravir les échelons de par son acharnement au travail. Il y a ensuite l'opportuniste et confiante Nellie qui va provoquer la chance pour se faire une place dans ce milieu de requin très vite tout en haut de l'échelle. Et enfin la superstar Jack Conrad, bien installé et immanquable au sommet de son art. Heureusement pour certains, malheureusement pour d'autre, dans un milieu aussi sulfureux, aussi nouveau, tout change très vite et les vies et destins basculent en un claquement de doigt.

Ce qui est fou avec ce "Babylon" c'est qu'on passe par toutes les émotions en 3h. Le film est drôle, touchant, il joue parfaitement le rôle de témoin d'une époque et d'un milieu dont on entend tout et n'importe quoi, n'est jamais ennuyeux, surprenant dans son déroulé, et surtout il parle admirablement bien de cinéma. Les travers de l'industrie, la magie du cinéma, tout y est traité frontalement et de façon divertissante et intelligente à la fois. La fin du cinéma muet a été un véritable cataclysme pour les stars de l'époque, qui ont vu leur vie s'écrouler du jour au lendemain, si le sujet vous intéresse y'a beaucoup de chose à creuser c'est aussi triste qu'intéressant à lire. Qui dit Chazelle dit Justin Hurwitz à la BO, et une fois encore c'est une masterclass. La musique est en adéquation parfaite avec l'image, ultra présente tout au long du récit pour notre plus grand plaisir. La scène d'introduction est une pure dinguerie où le vice est exposé frontalement dans une sorte de bordel jouissif au possib

Le Chat potté
5.7

Le Chat potté (2011)

Puss in Boots

1 h 30 min. Sortie : 30 novembre 2011 (France). Animation, Aventure, Comédie

Long-métrage d'animation de Chris Miller

Psycox a mis 3/10.

Annotation :

Je sais. Je sais que j'avais pas forcément besoin de voir ce film pour aller me faire le 2 au cinéma qui apparemment mérite le coup d'oeil... mais que voulez-vous ? J'aime faire les choses correctement, même si parfois -comme ici- ça vous joue des tours. Je savais que je me lançais dans un truc douteux, mais c'était bien pire que je ne le pensais. "Le Chat Potté" c'est très moche, l'histoire n'a aucun sens, les personnages sont éclatés comme disent les djeunzs, et l'humour est quand même globalement très douteux. Je crois qu'il y a une seule blague, qui arrive vers la fin, qui m'a fait sourire et où je me suis dis "bonne idée". Maigre en 1h30 de torture vous en conviendrez. J'ai même pas passé un bon moment devant, j'avais hâte que ça se finisse. Le personnage de l'oeuf est limite plus angoissant que Art le clown, conceptuellement et visuellement ça doit être une des plus grosses aberrations que j'ai vu de ma vie (même si j'ai compris les refs, super). Franchement pas grand chose à sauver, pire encore ça m'a un peu refroidi alors que j'avais fini par être un peu hypé à l'idée de voir un prétendu bon film avec la suite au cinéma... Si j'ai vais, ce sera à reculons, j'espère être agréablement surpris.

L'Enfant du diable
6.6

L'Enfant du diable (1979)

The Changeling

1 h 47 min. Sortie : 29 octobre 1980 (France). Épouvante-Horreur, Drame, Thriller

Film de Peter Medak

Psycox a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

On me l'avait conseillé il y fort longtemps maintenant, nos chemins se sont finalement croisés par hasard suite à une grosse crève qui a entraîné une errance sur la plateforme Shadowz sur ma tablette, alité. "The Changeling" c'est du bon film d'horreur bien ancré dans son époque comme on en voit plus. Un film qui dès sa scène d'introduction annonce la couleur: on est pas là pour rigoler. Tout le côté ésotérique est vraiment pris au sérieux et traité de façon plutôt réaliste au final. Face aux constats concrets que vont faire les personnages, ils vont tenter de résoudre la situation en menant une enquête en détail. C'est assez fascinant à suivre et l'ambiance pesante est vraiment très bien installée du début à la fin. J'ai bien aimé les personnages et surtout les relations qui se construisent avec une certaine forme de compréhension et d'appartenance. On utilise certes certains poncifs, mais de manière habile et cohérente, des trucs d'horreur qu'on connait mais qui marchent toujours très bien. En fait c'est ça "The Changeling", un film d'horreur qui invente certes pas la roue, mais qui a vraiment de la gueule et qui arrive à tenir en haleine le spectateur. On essaye pas forcément d'en faire un film terrorisant, mais qui tient la route et captive le spectateur. Ca a bien marché sur moi en tout cas, j'ai beaucoup aimé l'expérience proposée !

Ebola Syndrome
6.6

Ebola Syndrome (1996)

Yi bo la beng duk

1 h 38 min. Sortie : 3 octobre 2006 (France). Épouvante-Horreur

Film de Herman Yau

Psycox a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Wow... je connaissais la réputation de ce film, mais j'ai quand même été un peu choqué par la proposition. Je m'attendais pas à ce que ça aille aussi loin, j'avais jamais vu nulle part que c'était le célèbre Anthony Wong dans le rôle principal, j'aurais jamais cru le voir dans ce genre de rôle avec ce look si déguelasse, bref que de surprises positives ! Je croyais vraiment que c'était un produit catégorie III un peu basique, juste provoc, mais en vrai c'est vachement cool si vous aimez les trucs déviants et violents au possible. Un horrible type qui a commis un triple homicide particulièrement virulent s'enfuit en Afrique du Sud pour refaire sa vie. Suite à une échappée dans une tribu native, il va contracter le virus Ebola, devenir porteur sain sans le savoir et propager la maladie au rythme de ses méfaits partout où il passe... Immoral, brutal, bestial, "Ebola Syndrome" fait du sale et assume du début à la fin. J'ai aimé le sadisme avec lequel Yau dépeint son personnage principal. Ce personnage qui se fait presque toujours récompenser pour son comportement abjecte, qui à maintes reprises est chanceux, comme si une providence déviante le remerciait encore et encore plus il allait loin dans l'infamie. Alors ouais clairement c'est pas à mettre entre toutes les mains, mais personnellement j'ai retrouvé le Hong Kong violent et sans retenue que j'aime !

Le Quai des brumes
7.5

Le Quai des brumes (1938)

1 h 31 min. Sortie : 17 mai 1938. Policier, Drame, Romance

Film de Marcel Carné

Psycox a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Encore un classique ajouté à mon tableau de chasse dans ma quête visant à perdre mon statut de patriote raté ! Deuxième expérience du cinéma de Carné après le somptueux “Les Enfants du Paradis” qui m’avait fortement marqué durant mon challenge des années en 2021. De ce fameux “Le Quai des Brumes”, je ne connaissais que la célèbre réplique prononcée par l’immense Jean Gabin: “T’as de beaux yeux tu sais”. Ca fait mine de rien un petit quelque-chose de la découvrir en contexte, y’a un côté satisfaisant de complétion cinéphile que je ne peux nier en plus.

Ce qui me frappe à nouveau avec Carné, c’est la tendresse avec laquelle il présente ses personnages, on se retrouve assez vite attaché à ces derniers. Ils sont complexes, portés par leurs émotions, le film compte beaucoup sur eux, et force est de constater que ça fonctionne à merveille. Y’a un naturel dans les dialogues qui rend tout plus vrai, sincère à mes yeux. Certes l’époque est différente, donc fatalement les mœurs et le dialecte a évolué, mais on peut quand même facilement s’imaginer parmi ces personnages et s’identifier. Même les antagonistes ont un côté humain revendiqué; on peut quelque-part comprendre leur peine… jusqu’à un certain point du moins. Forcément en inculte du cinéma français que je suis, je découvre encore avec plaisir Pierre Brasseur que je n’avais vu que dans “Les Yeux sans Visages”, rôle très différent au demeurant bien qu’encore antagoniste ici, brillant dans ce rôle de la petite frappe complexée. On notera également Michel Simon dans un rôle assez original et surprenant à mes yeux, ne le connaissant que de “Le Vieil Homme et l’Enfant”. Reste Gabin bien entendu, la star du film, campant un rôle qui lui va à ravir. Ce mec bourru au bon fond, le genre de gentils grognons que j’apprécie par nature.

Même si la trame est relativement classique, qu’on s’attend globalement à ce genre de final, le film est ponctué par quelques très belles scènes, comme celle de l’offrande de vêtement (disons-le comme ça pour éviter de spoil), qui m’a particulièrement marqué. Mais encore une fois la vrai force du film, c’est ses personnages et leurs interactions, et là vraiment y’a rien à dire c’est très fort. J’ai vraiment passé un super moment devant le film, une durée relativement courte mais du coup bien remplie, c’est un classique que je pense même relativement accessible pour un public un peu réticent de base aux vieux films ! Donc si comme moi vous ne l’aviez jamais vu, foncez !

Les Rascals
6.6

Les Rascals (2022)

1 h 45 min. Sortie : 11 janvier 2023. Drame, Thriller

Film de Jimmy Laporal-Trésor

Psycox a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Tradition oblige, je manque toujours chaque année un film majeur de la sélection du festival fantastique de Strasbourg. Même s'il ne s'agissait pas d'un film de la compéition fantastique, c'était une avant-première qui avait fait sensation et suscité beaucoup d'engouement de la part de mes amis qui avaient pu le voir. J'attendais donc de pied ferme sa sortie officielle en salle pour pouvoir corriger ce manquement honteux ! C'est donc en compagnie de l'acolyte Gloomy, la principale source de propagande de ce film, que je l'ai découvert aujourd'hui. Résultat : j'avais sans doute trop d'attentes concernant le film. C'était une séance tout à fait décente, mais je pensais vraiment que la proposition allait être plus originale, osée, inventive. Qu'on allait avoir une sorte de "West Side Story" non-chanté français. Au final "Les Rascals" c'est un énième film sur les dangers de l'extrémisme et du communautarisme, une thématique certes pertinente et malheureusement toujours d'actualité, mais qui au cinéma - français de surcroît - souffre de la comparaison avec ses pairs. Même si le film n'a peut-être pas une vocation purement engagée, ça reste une thématique qu'on peut difficilement voir autrement. Bref, si on se focalise sur le positif, on notera tout de même une oeuvre qui globalement tient quand même vraiment la route, avec de jeunes acteurs franchement convaincants et une bande de protagoniste qui fonctionne et dégage un style certain. Même si on anticipe un peu le déroulé, les moments forts n'en sont jamais atténués, y'a une vraie tragédie qui se met en place et qui semble inévitable. On ne s'ennuie pas, et même si le film ne me laissera pas un souvenir impérissable, j'ai passé une bonne séance et je suis content de l'avoir vu !

The Fabelmans
7.2

The Fabelmans (2022)

2 h 31 min. Sortie : 22 février 2023 (France). Drame, Biopic

Film de Steven Spielberg

Psycox a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Aucune musique dans les oreilles, insensibilisé au froid pourtant bien présent, l'esprit totalement ailleurs, voilà comment je suis rentré chez moi ce soir. C'est quand même fou à quel point Spielberg est omniprésent dans nos vies, à quel point il a quelque-part toujours été là pour nous faire rêver. Et ça tombe bien parce que même sur un sujet aussi personnel et intime, il laisse le spectateur se frayer un chemin et l'accompagne découvrir la génèse de toute cette aventure. L'histoire d'un petit garçon terrifié par un accident de train spectaculaire sur grand écran, un petit trouillard rêveur comme il en existe tant. L'histoire d'un petit garçon pas plus doué qu'un autre mais ô combien passionné et bien déterminé à aller au bout de ses rêves. L'histoire d'un petit garçon qui a trouvé sa place à travers le regard d'une caméra qui l'a aidé à grandir.

C'est avec une tendresse absolument infinie, accompagné par la douce BO de John Williams (que j'écoute en écrivant ces lignes), que Spielberg nous parle de son enfance. De sa famille aimante qui a su le soutenir malgré certaines craintes dans cette aventure folle. Un père brillant, sans doute un peu trop, mais modèle de gentillesse et de bienveillance; une mère tout aussi attentive, créative, qui a su se sacrifier longtemps pour leur offrir le meilleur qu'elle ait pu donner. Deux interprétations au niveau du challenge demandé de la part de Paul Dano & Michelle Williams. Très beau casting d'enfant / adolescent également, on sait à quel point c'est parfois périlleux de trouver des jeunes au niveau. Rogen est également très bon dans ce rôle d'élément perturbateur malgré lui, pilier pour le nouveau départ de chaque membre de cette famille. J'ai aimé profondément tout ces personnages, j'ai aimé chaque instant en leur compagnie, ça m'a vraiment beaucoup touché. Et puis une légende comme Lynch qui en incarne une autre, deux époques mais deux talents singuliers, c'est un petit clin d'oeil qui ne se refuse pas.

Mais je crois que ce qui m'a vraiment achevé, qui m'a convaincu du statut de grand film de ce "The Fabelmans", n'ayons pas peur des mots, c'est bien ses jeux de regards. Qu'ils soient là pour transmettre aux spectateurs la vraie passion d'un enfant, au travers de la bobine d'un super 8, éclairés par un faisceau de lumière; la détresse totale d'une épouse tiraillée; la tristesse d'un père profondément meurtri mais compréhensif... tant de moments purs et suspendus dans le temps qui m'ont foudroyés. C'est vraiment

La Conquête de l'Ouest
6.9

La Conquête de l'Ouest (1962)

How the West Was Won

2 h 44 min. Sortie : 27 novembre 1962 (France). Western

Film de John Ford, Henry Hathaway, George Marshall et Richard Thorpe

Psycox a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Je n'ai pas tout le contexte historique autour de la création de ce film en co-réalisation, chose assez rare mine de rien dans le cinéma américain j'ai l'impression, mais ce qui est sûr c'est qu'ils rendent vachement bien hommage à leur histoire ça c'est sûr ! "La Conquête de l'Ouest" est une ambitieuse reconstruction d'une page importante de l'histoire des Etats-Unis vue à travers la vie de deux familles sur 3 générations, soit une cinquantaine d'année environ. 50 petites années et pourtant tellement de changements, d'aventures, de joies et de peines pour ces gens rêvant de la vie de rêve promise par l'Ouest. Un rêve jonché d'or, de liberté, coupé dans son élan par la guerre de sécession et tout le malheur qui l'accompagne. Une fresque très ambitieuse sur le papier mais suivi par une super production titanesque, une ambition absolument démesurée et un casting XXL au rendez-vous. Des films comme ça on en voit pas tous les jours ça c'est une certitude.

Quelle proposition hallucinante visuellement parlant. On est sur un des plus beaux cinémascopes en technicolor que j'ai pu voir de ma vie. Ca doit être une dinguerie absolue sur grand écran. Des paysages variés, magnifiques, qui témoignent de la richesse et de l'immensité du pays. Que ce soient les montagnes, les déserts, les steppes ou même les villes naissantes, tous les décors sont absolument à couper le souffle. Avec ce format d'image et ce matériel utilisé, on découvre des compositions plans fabuleuses à chaque seconde du film. On pourrait très bien faire des pauses à n'importe quel moment et se perdre dans les plans pour les analyser. Il se passe toujours des choses à tous les niveaux, ça grouille de vie et de réalisme, c'est d'une immersion unique en son genre. Les couleurs sont ultra vives et chaleureuses, de jour comme de nuit, ce sont de véritables peintures qui se dessinent sous nos yeux.

Si le film ne m'aura personnellement pas autant marqué que ça pour son histoire ou ses personnages, qui au final ont à mes yeux plus la vocation d'être remplaçables pour pouvoir mieux s'effacer pour l'Histoire avec un grand H, faut reconnaitre que "La Conquête de l'Ouest" a tout du film pour faire rêver des générations d'enfants. Le genre de récit qui donne envie de sortir jouer aux cow-boys et aux indiens dehors avec ses copains, de fantasmer à l'idée d'un jour aussi se lancer dans de grandes aventures. J'ai vraiment pas vu le temps passer malgré une durée conséquente, c'est bien trop riche pour laisser le te

À bout de souffle
7.1

À bout de souffle (1960)

1 h 30 min. Sortie : 16 mars 1960. Policier, Drame

Film de Jean-Luc Godard

Psycox a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Mon deuxième Godard ! Vu dans dans le cadre de la fameuse série préférée des français: les aventures du Patriote Raté ! Un réalisateur qui jouit d'une sacrée réputation, déchaînant haines et passions, symbole d'une vague de cinéma jugée souvent élitiste dont je ne sais trois fois rien. J'avais vu (et aimé) seulement "Pierrot le fou" jusqu'à présent, qui malgré un côté arti indéniable qui peut déplaire, méritait selon moi le détour pour son audace, son côté anti-système et son originalité. Avec "A Bout de Souffle", Godard dépeint à sa façon une certaine forme de rébellion, de liberté, d'ennui et d'amourettes intenses. Un personnage principal impulsif, anarchiste sans réelle grande portée ou ambition, qui va tenter de convaincre la femme qu'il aime de fuir le pays avec lui après avoir assassiné un policier. C'est un peu un film d'errance, une sorte de portion de vie volée l'espace de quelques jours dans une capitale impersonnelle mais fourmillante de vie. Un film fortement basé sur les dialogues, centralisé autour de Seberg & Belmondo, qui crèvent globalement tous les deux l'écran avec leur charisme presque insolent et leurs physiques qui ne passent pas inaperçu. Je ne peux pas dire que le film m'aura autant passionné que mes précédents visionnages de classiques français, mais j'arrive très facilement à concevoir son statut d'oeuvre culte. Je pense même que je pourrais être amené à le réévaluer - et plus positivement encore - lorsque je me serai plus imprégné du cinéma de Godard et/ou de la Nouvelle Vague. Intéressant donc même s'il ne m'aura pour le moment pas forcément transcendé !

L'assassin habite au 21
7.7

L'assassin habite au 21 (1942)

1 h 24 min. Sortie : 7 août 1942. Comédie, Policier, Thriller

Film de Henri-Georges Clouzot

Psycox a mis 7/10.

Annotation :

Votre procrastinateur de notes & commentaires est enfin de retour... Même si je suis à la bourre pour mes reviews, je dois dire que ma passion pour le cinéma en ce début 2023 est plus ardente que jamais ! J'enchaine les films avec un plaisir fou, en salle comme chez moi, pourvu que ça dure ! J'ai donc continué l'aventure du patriote raté avec un film de Clouzot, réalisateur que je ne connais que trop peu bien sûr. "L'Assassin habite au 21" est indéniablement très sympathique et bien fichu, mais il faut reconnaître que contrairement aux précédents films que j'ai pu voir dans le cadre de cette aventure franco-française, il souffre plus du syndrome du "vieux film" que les autres. Je trouve qu'on ressent bien plus le gap générationnel avec ce dernier, il est beaucoup moins facile d'y entrer je trouve aujourd'hui. Tout ce que je dis et que je vais dire est purement subjectif et personnel, mais je trouve son côté vaudevillesque et très théâtral un peu déstabilisant. Les personnages sont trop exubérants à mon goût, c'est un jeu très expressif et une écriture des personnages particulière qui me laisse un peu plus sur la touche qu'à l'accoutumée. Tout l'inverse en fait de ce que j'avais pu ressentir devant "Le Quai des Brumes" par exemple de Carné, où là au contraire on se focalise sur les émotions et sentiments très humains des personnages, un aspect intemporel et universel qui me parle bien plus. Du coup pour revenir à "L'Assassin habite au 21", j'ai trouvé que le film était malin, tout de même divertissant, et tout ce qui gravite autour des meurtres en eux-mêmes témoigne d'une vraie maîtrise, mais il ne m'a jamais marqué ou emporté réellement.

La Folle Ingénue
7.7

La Folle Ingénue (1946)

Cluny Brown

1 h 40 min. Sortie : 4 juin 1947 (France). Comédie romantique

Film de Ernst Lubitsch

Psycox a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Si y'a bien un mec qui sait y faire avec la comédie, c'est Lubitsch. Je suis toujours stupéfait de voir à quel point l'écriture comique est brillante dans son cinéma. Les dialogues et situations improbables sont toujours hilarantes, même aujourd'hui ça fonctionne du tonnerre. Y'a un côté absurde toujours très bien dosé, juste ce qu'il faut pour créer un décalage comique sans que ça n'altère le récit; au contraire, ça le nourrit. Typiquement pour faire un parallèle avec mon précédent commentaire, le côté assez exubérant des personnages fonctionne bien mieux ici dans ce registre comique. On créé quelque-part des parias attachants, des gens qui sortent du lot de part leur maladresse, leur absence de connaissances des codes sociaux ou encore le hasard qui les mène en territoire totalement inconfortable. En soi c'est souvent du qui-pro-quo qui est employé, mais c'est juste bien utilisé, faut se rendre à l'évidence. Lubitsch confirme avec ce film son talent tout particulier pour la comédie romantique, un genre souvent associé à tort à des films de seconde zone de nos jours. "La folle ingénue" quelque-part c'est un peu un film sur la friendzone pour parler djeunzs. Une histoire improbable de bout-en-bout, qui commence avec un évier bouché et qui nous emmène vers l'inconnu. On devine où on veut nous emmener, mais le chemin en lui-même est impossible à anticiper. Sans être mon préféré, ça reste définitivement un film vraiment drôle qui m'a beaucoup plu ! Hâte de voir d'autres films du réal !

La Famille
7.7

La Famille (1970)

Kazoku

1 h 46 min. Sortie : 24 octobre 1970 (Japon). Drame, Road movie

Film de Yôji Yamada

Psycox a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Ca fait tellement plaisir de faire une petite pause pour revenir à mes fondamentaux. Le drame social et plus particulièrement familial japonais, c'est quelque-chose qui résonne tout de même tout de suite très vite et très fort en moi. Cette pudeur et sincérité propre au pays du soleil levant, je ne m'en lasserais jamais. Ca faisait un bail maintenant que je lorgnais ce film, oeuvre mine de rien assez méconnue par chez nous du célèbre Yamada. Non-content de son histoire très intime de famille, le film jouit de la seconde casquette formidable de road movie. L'histoire d'une famille qui suite à un licenciement prend la décision difficile de traverser l'intégralité du pays pour démarrer une reconversion en tant que paysans sur l'île d'Hokkaido. Entre joies intenses, peines difficilement surmontables, le voyage sera semé d'embuche et aucun retour en arrière n'est réellement possible. C'est assez fou de voir tout ce qu'il peut se passer en aussi peu de temps, aussi bien de manière intra- que extradiégétique. On se focalise vraiment sur l'humanité criante des personnages. Ce grand-père - incarné par l'irremplaçable Chishû Ryû - qui sert de ciment à la famille d'une bienveillance et gentillesse profonde, cette mère dévouée et battante, ce père un peu ronchon et renfrogné au bon fond, ce gamin trop petit pour tout saisir mais suffisamment grand pour se souvenir à jamais de ce voyage unique. J'aime qu'on sublime à ce point l'importance des rencontres, de ces moments qui semblent un peu anodins mais qui peuvent parfois changer une vie (positivement ou négativement) et qui finissent par nous marquer parfois sans qu'on sache réellement pourquoi. J'aime le fait qu'on sublime le courage et l'intrépidité, sans négliger le risque, avec tout de même en finalité un vrai message optimiste qui montre que les efforts et sacrifices finissent par nous renforcer et payer. Un vrai coup de cœur donc, c'est tout ce que j'aime vraiment. Et puis en bonus, le fait qu'on mette autant en avant le train n'est pas anodin. C'est vraiment le personnage le plus récurrent du cinéma japonais classique, un incontournable qui signifie beaucoup de choses symboliquement pour le pays.

La Traversée de Paris
7.4

La Traversée de Paris (1956)

1 h 20 min. Sortie : 26 octobre 1956. Comédie dramatique, Historique

Film de Claude Autant-Lara

Psycox a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

En voyant ce film je me suis fait une réflexion toute particulière. Si le cinéma français a - contrairement à ce que beaucoup de gens pensent - encore de nos jours et chaque années de belles choses à proposer, des acteurs brillants et un rayonnement international toujours respecté, il faut reconnaître qu'on a quand même - je trouve - perdu un truc en particulier: des vraies gueules iconiques. Gabin, Bourvil et De Funès. Qu'on aime ou qu'on aime pas l'un ou l'autre, ça reste des gueules mythiques du cinéma avec un univers et un style qui dépasse les films dans lesquels ils jouent, des personnages qui naviguent entre les oeuvres. Je tenais à en parler parce que c'est sans doute ce qui donne le plus son identité au film ici. L'imposant Gabin rencontre le maladroit Bourvil, emportés dans une embrouille par le frénétique De Funès. Attention aucune arrière pensée négative là dedans, ils n'ont pas toujours les mêmes rôles partout, mais on sent une vraie incarnation personnelle greffée sur les personnages, pour peu que ces derniers n'aient pas été écrits en sachant déjà qui allait les incarner ! Au delà de ça, c'est assez rafraichissant de voir que ce film jongle un peu entre les genres; c'est en soi une vraie comédie au sens premier du terme mais avec vrai fond dramatique et historique qui apporte de réels enjeux fascinants au récit. On profite également de l'aspect presque temps réel de cette histoire, et son déroulement quasi intégralement nocturne. Y'a un mood très particulier avec ce jeu à travers les ombres, laissant beaucoup de places aux personnages. C'est finalement très divertissant et la durée relativement courte permet d'éviter d'épuiser le concept, donc franchement une très belle découverte à bien des égards.

Le Chat potté 2 - La dernière quête
7.4

Le Chat potté 2 - La dernière quête (2022)

Puss in Boots: The Last Wish

1 h 42 min. Sortie : 7 décembre 2022 (France). Animation, Aventure, Comédie

Long-métrage d'animation de Joel Crawford et Januel Mercado

Psycox a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Après un premier opus catastrophique à tous les niveaux, "Le Chat Potté 2" est arrivé dans nos salles et a reçu étonnement beaucoup de retours positifs partout autour de moi. Je suis allé le voir partagé entre crainte et curiosité, et il faut reconnaître qu'on est sur un upgrade global qui fait plaisir à voir. Déjà visuellement c'est le jour et la nuit, le premier étant sorti à la fin de la période ingrate du numérique en animation. On a vraiment une proposition très sympa, surtout en terme d'animation, avec un style un peu saccadé style comics comme on avait pu voir dans "Into the Spiderverse", et avec une DA pas incroyable mais tout à fait décente cette fois-ci. Et puis c'est surtout le chara-design général qui est bien amélioré, on a plus des abominations qui pop sur notre écran en mode screamer comme cette saleté d'oeuf qui m'a fait cauchemarder dans le 1. Globalement l'humour fonctionne vraiment mieux, y'a plein de petits trucs bien pensés qui font sourire, là où avant le ton était plutôt au facepalm. Y'a quelques scènes assez classes aussi dans le lot, en particulier celle qui introduit l'antagoniste principal. Personnage très symbolique avec un flow certain, qui se tient bien jusqu'à la fin et apporte un vrai plus au film. Après voilà, globalement rien de révolutionnaire niveau histoire, thématiques, personnages (surtout secondaires), etc... Ca restera quand même un film oubliable je pense, ne fois la pseudo-hype retombée. Je ne sais pas si c'est forcément nécessaire de le voir en salle, mais c'est vraiment un truc sympa à regarder chez soi en film du dimanche aprem, ça fait le café ! Donc non globalement content de l'avoir vu quand même, c'est inoffensif mais agréable.

Le Blob
6.6

Le Blob (1988)

The Blob

1 h 35 min. Sortie : 1 février 1989 (France). Épouvante-Horreur, Science-fiction

Film de Chuck Russell

Psycox a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Les années 80 marquent l'âge d'or des effets spéciaux en dur, juste avant la période ingrate des débuts du numérique. Des gros monstres dégueulasses en latex, du sale et purulent de partout, de la tripaille colorée, le cocktail ultime pour satisfaire les amoureux du cinéma bis dont je fais parti. J'avais bien entendu eu vent du fait que "The Blob" était un immanquable du genre, l'occasion rêvée de voir un chewing gum OVNI géant désintégrer de la chair humaine et l'assimiler pour devenir gigantesque. Commençons donc par l'évidence, ce dont on parlait en introduction de ce commentaire et qui ne m'a aucunement déçu: c'est une pure dinguerie en terme de FX. Les mises à mort sont bien plus violentes que je n'aurais pu l'imaginer. Déjà parce que c'est archi trash, mais en plus parce qu'elles sont mises en scène de manière souvent très sadique. On a toujours le danger qui est exposé de façon évidente, mais inéluctablement les personnages se jettent dans la gueule du loup. Finalement la surprise n'est pas d'où vient la menace, mais bien de quelle manière odieuse cette dernière va s'exprimer sur nos écrans. C'est jouissif à fond, et c'est d'autant plus agréable qu'on dynamite bien souvent les attentes concernant le sort des personnages. A maintes reprises, le film n'hésite pas à tuer un personnage qu'il a pris soin de bien introduire, humaniser et charger en empathie pour le spectateur. Vicieux mais d'autant plus satisfaisant in fine. La trame du film suit au final un schéma assez classique pour l'époque fin 80 - début 90s. On pourrait y voir une faiblesse, mais au contraire, on essaie à aucun moment d'intellectualiser le film ou de lui donner une dimension profonde, on hésite pas à foncer tête baissée dans certains clichés pour proposer un divertissement bis over the top qui tape où il faut comme il faut. Alors oui, c'est clairement pas un grand film au sens premier du terme, il ne figurera pas parmi mes films préférés, mais j'ai passé un tellement bon moment devant, c'est vraiment LE genre de divertissement que j'ai envie de voir sans faim. Amis des festivals fantastiques, si vous ne connaissez pas ce film, il n'est pas trop tard pour vous éclater devant !

Ne vous retournez pas
7

Ne vous retournez pas (1973)

Don't Look Now

1 h 50 min. Sortie : 18 septembre 1974 (France). Drame, Thriller, Épouvante-Horreur

Film de Nicolas Roeg

Psycox a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Un de mes nouveaux pote-collègue au boulot est un habitué du cinéma fantastique et autres joyeusetés bis que j'affectionne tout particulièrement. C'est donc avec un plaisir non-dissimulé que nous partageons régulièrement nos conseils films entre deux cafés ! Sa recommandation du lundi était cet intriguant "Ne vous retournez pas", film dont j'ignorais l'existence jusqu'alors malgré une popularité tout de même conséquente auprès de mes éclaireurs. Un film qui reste tout aussi étrange même en sortant du visionnage, de part sa nature si mystérieuse et sa thématique ésotérique. Au delà même du fait que le film parle quelque-part du deuil qui - vous en conviendrez - n'est pas vraiment une thématique fun, il y a ton très grave et solennel dans cette oeuvre. La musique est très peu présente, elle laisse souvent place à des silences pesants qui ne peuvent être brisés que par des fracas. Autre fait assez surprenant, le film est relativement lent... mais le montage est très dynamique, jouant avec l'image comme si cette dernière était déréglée. Souvent on assiste à deux temporalités ou scènes issues de lieux différents en même temps par plan interposés. La plus belle reste selon moi la scène de sexe très explicite, qui à priori a beaucoup marqué le public à l'époque. Très élégante puisqu'en plus des ébats, on assiste en parallèle au moment où le couple se prépare en silence pour sortir après l'acte, toujours complices. Durant tout le récit, on est conscient que quelque-chose de supérieur se cache tapis dans l'ombre, qu'une chose qui échappe à la compréhension humaine se trame, mais on en est jamais certain pour autant. Ce doute nourrit une part de curiosité qui personnellement m'a fortement donner envie d'avancer et tenu en haleine jusqu'à la fin. Une fin que j'ai particulièrement apprécié, aussi bien en terme de scénario pour clore dignement ce récit, mais aussi et surtout visuellement parlant. Elle est super bien filmée, les images sont belles et inquiétantes à la fois, la révélation de l'origine du mal est glaçante. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce "Ne vous retournez pas" est une oeuvre vraiment originale. Peut-être même un peu trop par moment, ce qui peut expliquer qu'elle laisse sur le carreau quelques personnes en route, mais ce ne fut pas mon cas ! Un film surprenant, rafraîchissant et sombre dans lequel je suis heureux de m'être aventuré !

Knock at the Cabin
5.6

Knock at the Cabin (2023)

1 h 40 min. Sortie : 1 février 2023 (France). Épouvante-Horreur, Thriller

Film de M. Night Shyamalan

Psycox a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

---- Février ----

Après l'horrible "Old", les oubliables "Split" & "Glass", je partais vraiment à reculons découvrir ce "Knock at the Cabin" dont la bande annonce ne donnait pas forcément très envie. L'avantage quand on part au cinéma avec cet état d'esprit, c'est qu'on peut facilement être agréablement surpris et force est de constater que cela n'a pas raté ! "Knock at the Cabin" signe à mon sens le retour de Shyamalan vers ses premiers amours. Exit les tentatives d'explications rationnelles, enfin le retour de la thématique de la croyance et la place d'une certaine forme d'entité supérieure insaisissable dans son cinéma. Et ça fait plaisir bon sens, d'autant plus que le film jouit d'une superbe mise en scène et arrive à créer une vraie tension avec trois fois rien. C'est pas non plus parfait, ça ne sera sans doute pas le film qu'on retiendra de sa filmographie, mais j'ai passé un vrai bon moment devant et ça n'était pas arrivé depuis belle lurette avec le cinéaste. J'ai finalement beaucoup aimé le casting assez improbable de ce film, avec notamment Groff que j'aime vraiment bien de base, et très agréablement surpris par Bautista dont le rôle est aux antipodes de ce qu'on attend de base de lui. J'ai trouvé que l'opposition entre son apparence physique colossale et la tendresse réelle de son personnage marchait vraiment bien. Non vraiment même quelques jours après je reste convaincu que ce "Knock at the Cabin" est un film sympa et qui me redonne Foi (*rire*) en Shyamalan !

Psycox

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