Eléments d'une conscience critique

"Mais les idées ne sont indépendantes ni dépendantes. Elles dépendent plutôt de notre indépendance d'esprit, de notre capacité de liberté et d'équité : c'est l'histoire de cette liberté, ce heurt perpétuel de la vérité et de la pesanteur, cette dialectique jamais surmonté de l'élan et de l'enlisement ...

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103 livres

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modifiée il y a 3 mois

Fragments
8.2

Fragments

(traduction Marcel Conche)

Περὶ φύσεως

Sortie : juillet 1991 (France). Aphorismes & pensées, Philosophie

livre de Héraclite

steka a mis 10/10 et a écrit une critique.

Résumé : Quel est le véritable Héraclite ? Celui de Hegel ? Celui de Nietzsche ? Celui de Heidegger ? Un autre ? La présente édition des Fragments de son œuvre perdue vise, en conjuguant l'étude philologique et l'analyse philosophique, à restituer, autant que cela est possible, la pensée même d'Héraclite, dans son unité et sa cohérence. Ce qui surgit ainsi des ruines du texte est une structure belle, un cosmos, une sorte de temple grec déployant son harmonie dans la durée. Chaque fragment apporte sa précision nécessaire ; chacun est complémentaire de tous les autres; même si quelques-uns, plus décisifs, jouent le rôle de pierres d'angle. De ce temple, profondément logique, émanent un rayonnement, une sagesse, un appel, un espoir. De l'éternelle vérité, aucun philosophe fut-il jamais dans une proximité plus grande ? Avec Héraclite, dit Hegel, « la terre est en vue ».

Annotation :

"Ne sachant pas écouter, ils ne savent pas non plus parler.
Commentaire :
Les hommes parlent sans avoir l'art de la parole parce qu'ils n'ont pas le savoir qui fonde la parole. Ils ne sont pas muets. Ils parlent beaucoup au contraire.
Mais le résultat de ce bruissement multiple de paroles est un grand silence.
Ils parlent d'autant plus que, n'ayant pas le savoir qui doit commander à la parole, ils peuvent dire n'importe quoi ( = rien)."

voir mon commentaire sur l’œuvre

La Démocratie athénienne à l'époque de Démosthène
8.3

La Démocratie athénienne à l'époque de Démosthène (1991)

Structure, principes et idéologie

The Athenian Democracy in the Age of Demosthenes

Sortie : 1991. Essai, Culture & société

livre de Mogens H. Hansen

steka a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Résumé : Ce livre est un exposé ordonné de la structure, des principes et de l'idéologie de la démocratie athénienne à l'époque de Démosthène (IVe siècle). Elaboré au terme de vingt-cinq années de recherches, il nous fait découvrir avec clarté et exhaustivité le fonctionnement du meilleur exemple de démocratie directe qu'ait connu l'Histoire, dont les leçons se trouvent encore au coeur du débat sur nos institutions politiques. De l'édition anglaise de ce livre, le Times Literary Supplement a écrit : " L'exposé le plus complet et le plus précis des mécanismes de la démocratie athénienne par son historien le plus compétent et le plus incontestable. Cette oeuvre lui a peut-être pris vingt-cinq ans, mais elle aurait ravi Aristote lui-même ". Mogens Herman Hansen a été professeur à Cambridge.

Annotation :

"Chacun ou presque, écrivant sur la démocratie, commence par distinguer des "démocraties "directes" et "indirectes" ou "représentatives". Ceux qui se concentrent sur les institutions opposent parfois la "démocratie d'assemblée" à la "démocratie parlementaire"; mais la distinction est la même : dans une démocratie directe, le peuple se gouverne effectivement lui-même, c'est-à-dire que chacun a le droit de participer à la prise de décision, tandis que dans l'autre, indirecte, au contraire, la seule décision que chacun a le droit de prendre, c'est de choisir ses décideurs. "

Histoire de la guerre du Péloponnèse
8.3

Histoire de la guerre du Péloponnèse

(traduction Romilly, Bodin, Weil)

Πελοποννησιακός Πόλεμος

Récit, Histoire

livre de Thucydide

steka a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Résumé : Thucydide a vécu l'affrontement entre Athènes et Sparte comme citoyen, comme général, comme exilé qui ne revit sa patrie qu'après la défaite.

Annotation :

" D'abord ils ne voulurent pas prêter l'oreille à ces accusations, pour la raison majeure qu'ils ne voulaient pas qu'elles fussent fondées. "

Les Œuvres de maître Tchouang
8.7

Les Œuvres de maître Tchouang

Sortie : 4 mars 2010 (France). Art de vivre & spiritualité

livre de Tchouang-Tseu

steka a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Résumé : Parue en 2006, la version du Tchouang-tseu proposée par Jean Levi est ici présentée dans une édition révisée, et augmentée en annexe de plusieurs textes pouvant servir à éclairer les problèmes que posent la compréhension et la traduction d'une telle œuvre. Il s'agit en particulier du compte rendu de Jean François Billeter paru dans la revue Etudes chinoises, ainsi que d'un échange de lettres entre celui-ci et Jean Levi, où ils discutent de leurs conceptions de la tâche du traducteur. C'est pour eux l'occasion d'aborder divers points concernant aussi bien le taoïsme et l'histoire de la Chine que les théorisations arbitraires, mais fort en vogue, d'un François Jullien.

Annotation :

"Mais c'est évidemment en tant que polémique contre la civilisation - ce qu'il est assurément, et de la plus truculente façon - que ce texte antique trouve sa place dans notre catalogue, à coté d'autres qui s'en sont pris plus récemment à l'artificialisation et à tout ce qui, sous prétexte de faciliter la vie, la dévore. Car, avant même qu'en notre Occident le grand Pan ne meure, chassé par le culte de l'homme abstrait, le christianisme, Maître Tchouang avertissait déjà : " Veille à ce que l'artificiel ne détruise pas le naturel, l'intentionnel l'instinctif."

Leçons sur Tchouang-Tseu
8.1

Leçons sur Tchouang-Tseu

Sortie : 2002 (France). Essai

livre de Jean-François Billeter

steka a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Résumé : "Je m'inscris donc en faux contre une sorte d'accord tacite que les sinologues paraissent avoir établi entre eux. Le texte serait si difficile, son état si problématique, la pensée qui s'y exprime si éloignée de la nôtre que ce serait de la naïveté ou de l'outrecuidance de prétendre le comprendre exactement. Mon intention est de briser ce préjugé. Je ne le ferai pas en essayant d'imposer une lecture particulière, mais en exposant comment je m'y suis pris pour tenter de comprendre le Tchouang-tseu, en présentant quelques résultats que je tiens pour acquis, mais en faisant aussi état de mes doutes et des questions que je me pose. Je souhaite donner une idée des découvertes que l'on fait quand on entreprend d'étudier ce texte de façon à la fois scrupuleuse et imaginative."

Annotation :

" Le Tchouang-tseu est pour une part l’œuvre d'un philosophe, c'est-à-dire d'un homme qui pense par lui-même, consulte avant tout sa propre expérience, médite aussi ce que disent les autres et fait un usage réfléchi du langage.
Il fallait poser cela parce que nous ne savons presque rien de la personne de Tchouang-tseu. Nous n'avons que le texte et nous n'y trouverons pas sa pensée philosophique si nous ne l'y cherchons pas. "

900 conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques

900 conclusions philosophiques, cabalistiques et théologiques (1486)

Conclusiones philosophicae, cabalisticae et theologicae

Sortie : février 1999 (France). Essai, Philosophie

livre de Jean Pic de La Mirandole

steka a mis 7/10.

Résumé : Les 900 conclusions de Pic de la Mirandole sont une des premières tentatives de pensée globale du savoir global. Entendons par là une volonté de dresser un panorama de toutes les thèses savantes analysées selon tous les axes de la foi et du savoir, et ce aux fins de (ré)concilier les hommes. L'artisan de cette tentative est, à l'image de l'ouvrage, un être mythique. Né en 1463 dans le nord-est italien, le comte Jean Pic de la Mirandole meurt à trente ans, en 1493 ; entre-temps, il a usé de sa fortune et de ses fabuleuses capacités intellectuelles pour, outre devenir l'encyclopédie vivante de son époque, maniant toutes les langues, débâtant de toutes les sciences et doctrines, tenter de penser et de réconcilier en leur source les différentes connaissances. Tentative qui lui vaudra prison, persécution inquisitoriale et excommunication.

Annotation :

"Les Neuf cents conclusions renouvelèrent l'idée d'une langue universelle, qui puisse aller au-delà des conventions et soit tout à la fois réellement naturelle, rationnelle et divine, selon chaque moment de la réalité. (...) Les Neufs cents conclusions n'ont pas été discutées mais brûlées en place publique et personne ne réalisa jamais ici la concorde. "

Le Prince
7.7

Le Prince (1532)

(traduction Jacques Gohory)

De Principatibus

Sortie : 1532 (Italie). Essai, Philosophie, Politique & économie

livre de Nicolas Machiavel

steka a mis 9/10 et a écrit une critique.

Résumé : «Après que le duc eut occupé la Romagne, il trouva que le pays était plein de larcins, de brigandages et d'abus de toutes sortes : il pensa qu'il était nécessaire pour le réduire en paix de lui donner un bon gouvernement. À quoi il proposa messire Remy d'Orque, homme cruel et expéditif. Celui-ci en peu de temps remit le pays en tranquillité et union. Mais ensuite Borgia, estimant qu'une si excessive autorité n'était plus de saison, voulut montrer que, s'il y avait eu quelque cruauté, elle n'était pas venue de sa part, mais de la mauvaise nature du ministre. Prenant là-dessus l'occasion au poil, il le fit un beau matin, à Cesena, mettre en deux morceaux, au millieu de la place, avec un billot de bois et un couteau sanglant près de lui. La férocité de ce spectacle fit le peuple demeurer en même temps content et stupide.»

Annotation :

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Discours sur la première décade de Tite-Live
8.6

Discours sur la première décade de Tite-Live (1517)

Discorsi sopra la prima deca di Tito Livio

Sortie : 14 octobre 2004 (France). Essai, Histoire

livre de Nicolas Machiavel

steka a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Résumé : Les Discours sont présentés ici dans une nouvelle traduction, plus proche de la langue de Machiavel, et sont accompagnés pour la première fois en France d'un apparat critique indispensable à la lecture du texte. Conçus sous la forme d'un commentaire des dix premiers livres de l'Histoire de Tite-Live, ils représentent l'achèvement de la pensée machiavélienne, à mi-chemin entre Le Prince (1513), l'Art de la guerre (1519-1521) et les Histoires florentines (1520-1525). Ils marquent la naissance, au moment du déclin de la Respublica Christiana et du Sacrum Romanum Imperium, d'une nouvelle théorie et pratique de la " politique ", à l'écart des idées antiques sur le meilleur gouvernement, des conceptions éthico-juridiques médiévales, et des modèles humanistes des " miroirs des princes ". Il est essentiellement question dans les Discours de la sécurité et de la puissance des Etats, sur fond de cet état de pierre qui va désormais constituer la trame de leurs rapports. Apparaît ainsi ce qui jusque-là n'avait pas encore été pensé, la " politique étrangère ", domaine pour la première fois " problématisé " par Machiavel. La politique nouvelle se déploie sur le plan d'une historicité radicale où la vertu, c'est-à-dire la liberté des choix et des décisions, se subordonne à la fortune, à savoir aux nécessités de l'histoire. Face à cette historicité, se sont défaites aussi bien la métaphysique chrétienne du salut que la métaphysique platonicienne des formes iléales et intemporelles. La pensée de Machiavel ne restera-t-elle pas la limite infranchissable de toute politique tant que les " relations internationales " seront assujetties aux lois et aux raisons de la puissance ? Il n'était pas inutile de rendre cette œuvre fondatrice pleinement accessible aux lecteurs français, à la fois dans sa littéralité et dans le détail des allusions historiques dont elle est tissée.

Annotation :

"... En sorte que le peuple, trompé ou contraint, en vint à ne plus délibérer que sur sa propre ruine. "

Toutes les lettres officielles et familières

Toutes les lettres officielles et familières

Sortie : 1 janvier 1955 (France). Correspondance

livre de Nicolas Machiavel

steka a mis 10/10 et a écrit une critique.

Résumé : Voici un livre passionnant — pour qui, du moins, a encore le loisir d’entrer dans une longue passion. Douze cents pages fort denses, « trente et un ans de malheur » — dans le miroir brisé de l’Italie — la parole familière ou officielle, la respiration même, les battements de cœur et tous les mouvements de l’esprit d’un des hommes les plus idolâtrés et les plus calomniés, les plus méconnus de l’histoire humaine, et à travers lui un chapitre majeur de cette histoire, bref : Machiavel dans sa correspondance. Pour bien nous signifier que le poids y était — si de soupeser les deux volumes n’avait pas suffi — on n’a pas dit : « Correspondance », mais : « Toutes les lettres ». Toutes : je n’ai eu garde de les compter. Et plus, même, que toutes, puisqu’il y a aussi un nombre appréciable de réponses (sans parler des documents extra-épistolaires) qui éclairent notre homme par réfléchissement ou par réflexion. Et quel homme que celui-là ! On serait tenté de dire « quels hommes » : multiple, changeant, divers, on ne sait trop quel est son vrai visage, ou s’il n’en a pas, en vérité, plusieurs, autant et plus que de personnages, que de fonctions, que d’emplois. J’y serais encore demain, si je ne le cernais pas dans un de ses rôles : ce sera naturellement celui de diplomate. Même ainsi réduit, il est encore vaste. On aura tôt fait de s’apercevoir que, partout où il est, il y est tout entier. Yves Florenne, janvier 1957

Annotation :

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Discours de la servitude volontaire
7.9

Discours de la servitude volontaire (1576)

Sortie : 1576 (France). Essai, Philosophie

livre de Étienne de La Boétie

steka a mis 10/10 et a écrit une critique.

Résumé : Dans ce texte écrit vers 1548 alors qu'il était étudiant, mais publié après sa mort, La Boétie porte son attention sur les sujets privés de leur liberté plutôt que sur les tyrans. Comment tant d'hommes endurent quelquefois la volonté d'un seul despote.

Annotation :

"Ils veulent servir pour avoir des biens : comme s'ils pouvaient rien gagner qui fût à eux, puisqu'ils ne peuvent pas dire de soi qu'ils soient à eux-mêmes. "
Voir mon commentaire

La Controverse entre Las Casas et Sepulveda
7.7

La Controverse entre Las Casas et Sepulveda

Sortie : 15 juin 2007 (France). Essai, Culture & société

livre de Bartolomé de Las Casas

steka l'a mis en envie.

Résumé : La controverse entre las Casas et Sepulveda (1550-1551), connue sous le nom de controverse de Valladolid, est une interrogation des fondements de l'impérialisme européen qui le fait apparaître à ses propres yeux comme une entreprise civilisatrice ou génocidaire. Ce débat rigoureusement fondé sur les principes universalistes de la révélation et du droit naturel est un conflit politique pour une nouvelle détermination de l'empire rendue nécessaire par la "découverte" du Nouveau Monde et sa conquête. Sepulveda légitime cette guerre en revendiquant pour l'Espagne, en tant que peuple chrétien et rationnel, un droit a priori sur l'Amérique et ses habitants idolâtres et barbares. Las Casas condamne toute la conquête en niant la barbarie des peuples indiens et en leur reconnaissant la souveraineté. Ce qui aux yeux de Sepulveda est un usage légitime de la force au service de la foi et de la civilisation est pour Las Casas un sacrifice humain inavouable et occulté par la victoire du "faux" christianisme sur le "vrai". Le traité de Las Casas intitulé La Controverse entre Las Casas et Sepulveda, contient un résumé de la discussion par le théologien Domingo de Soto et les arguments exposés par les deux adversaires lors de la controverse.

Annotation :

Controverse de Valladolid 1550-1551

La Destruction des Indes
7.6

La Destruction des Indes (1552)

Brevísima relación de la destrucción de las Indias

Sortie : avril 2003 (France). Récit

livre de Bartolomé de Las Casas

steka l'a mis en envie.

Résumé : Soixante ans après le premier voyage de Christophe Colomb, Bartolomé de las Casas, religieux dominicain, rédige à l'usage du souverain espagnol un réquisitoire contre la colonisation dans les premiers territoires conquis d'Amérique : Cuba, Hispaniola (Saint-Domingue), les Antilles, le Mexique, la Nouvelle Grenade... Il dénonce les atrocités, la cupidité et le cynisme des conquérants, la nocivité du système d'exploitation, du partage des terres et des hommes en encomiendas. Bartolomé de las Casas ne sera pas écouté, et la " destruction des Indes " s'achèvera par la quasi-extermination des Indiens, avec pour conséquence l'importation d'esclaves d'Afrique. Las Casas reste dans l'histoire de l'Amérique comme le premier défenseur des Indiens opprimés. Et son œuvre demeure un document unique, une source de première main, un réquisitoire parfois insoutenable.

Annotation :

1552
Ce n'est évidement pas par sa valeur littéraire que vaut ce texte mais par le fait qu'avec sa parution au milieu du XVIème siècle, plus personne ne put ignorer que l'extension coloniale, la geste des Conquistadores, était dans les faits pillage sans limite et génocide massif des populations d'origine. Après la célèbre controverse de Valladolid, Bartolomé de Las Casas persiste et signe.

L'Homme de cour
8.1

L'Homme de cour (1647)

Oráculo manual y arte de prudencia

Sortie : 1647 (Espagne). Aphorismes & pensées, Philosophie

livre de Baltasar Gracian

steka a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Résumé : Baltasar Gracian (1601-1658) est l'un des plus grands essayistes espagnols du Siècle d'or, que l'on peut comparer à Montaigne et à La Rochefoucauld. Dans L'Homme de cour, dont le texte original date de 1647, qui réunit trois cents maximes ou réflexions, il propose un art de vivre à la cour comme à la ville, en sauvant son honneur et son monde intérieur. La traduction de 1684 est l'un de ces monuments du style littéraire à la française, dont la clé semble oubliée.

Annotation :

Ne pas se laisser aller au dernier
Il y a des hommes de dernière impression (car l'impertinence va toujours à quelque extrémité ); ils ont un esprit de cire; le dernier y met le sceau, et efface tous les autres. Ces gens-là ne sont jamais gagnez, parce qu'on les perd avec la même facilité; chacun leur donne sa teinture, ils ne valent rien pour confidens; ils sont enfans toute leur vie, et, comme tels, ils ne font que flotter parmi le flux et le reflux de leurs sentiments et de leurs passions.

Tuer n'est pas assassiner
7.6

Tuer n'est pas assassiner (1657)

Killing no murder

Sortie : 23 septembre 1980 (France). Essai

livre de Edward Sexby

steka a mis 8/10 et a écrit une critique.

Résumé : Le pamphlet de Sexby est l'un des écrits les plus fameux qu'ait produit la révolution anglaise, entre 1640 et 1660. Il est, après les œuvres de Machiavel, La Boétie et quelques autres, un classique dans la critique de la domination. Sexby fut traduit en français, dès 1658, par Carpentier de Marigny, un frondeur de la bande du Cardinal de Retz.

Annotation :

1658
"Et certainement, les peuples ont raison de ne combattre que faiblement quand ils ne gagnent que des victoires contre eux-mêmes, quand chaque succès doit être la confirmation de leur servitude et un nouvel anneau de leur chaîne. "
Voir mon commentaire

Mémoires
8.5

Mémoires

Sortie : 1717 (France). Autobiographie & mémoires

livre de Cardinal de Retz

steka a mis 10/10 et a écrit une critique.

Résumé : Le cardinal de Retz reste connu pour ses Mémoires, rédigés entre 1675 et 1677, et publiés seulement en 1717. Retz y raconte, d'une plume spirituelle et sous forme romancée, son implication dans la Fronde.

Annotation :

Rédigées entre 1675 et 1677 mais publiées en 1717.
"Ce qui cause l’assoupissement (dans les états qui souffrent) est la durée du mal, qui saisit l’imagination des hommes, et qui leur fait croire qu’il ne finira jamais. Aussitôt qu’ils trouvent jour à en sortir, ce qui ne manque jamais lorsqu’il est venu jusqu ‘à un certain point ils sont si surpris, si aisés et si emportés, qu’ils passent tout d’un coup à l’autre extrémité et que bien loin de considérer les révolutions comme impossibles, ils les croient faciles ; et cette disposition toute seule est quelquefois capable de les faire.."
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Mémoire contre la religion
8.5

Mémoire contre la religion

Sortie : mars 2007 (France). Essai

livre de Jean Meslier

steka a mis 7/10.

Résumé : Quand le curé d'Etrépigny meurt en 1729, il a recopié en trois exemplaires un message destiné à ses paroissiens, copieuse somme philosophique distribuée en huit " Preuves de la vanité et de la fausseté des religions ", qui débouche sur une virulente critique sociale et politique. C'est le vécu, l'insertion durant trente ans dans un petit village de Champagne, et une réflexion assidue, méticuleuse, qui ont alimenté la réflexion de Jean Meslier, donnant profondeur et originalité à cet homme discret et isolé mais précurseur des bouleversements révolutionnaires qui vont suivre, et qu'il annonce. Son message restera un temps occulté. Des trois volumineux manuscrits et des douze copies retrouvées depuis dans des bibliothèques privées, seuls seront connus des extraits centrés sur sa critique exégétique, bientôt truffés de commentaires adventices, voire même de passages d'œuvres du baron d'Holbach. Pourtant, plus de cent exemplaires manuscrits circulent lorsque Voltaire, alerté dès 1735 sur ce " curé de village aussi philosophe que Locke ", publie en 1762 un Extrait des sentiments de Jean Meslier, bientôt appelé Testament du curé Meslier. Mais Voltaire donnant à la pensée de Meslier un tour déiste, l'émascule gravement. Nous reproduisons l'intégralité du Mémoire tel qu'il figure sur l'un des trois manuscrits originaux conservés, à l'exclusion de toute copie ou édition fragmentaire. Toutefois, considérant le combat du curé Meslier comme actuel nous avons actualisé l'orthographe et la ponctuation, devenues aujourd'hui obsolètes et parfois indéchiffrables. L'édition intégrale de cet ouvrage exceptionnel, unique, souhaite rendre justice au courage intellectuel et à la puissance visionnaire de cet humble curé, premier écrivain ouvertement athée de notre histoire.

Annotation :

Rédigé vers 1720
" C'est dans ce dessein que je commence à écrire ceci pour vous désabuser, comme j'ai dit, autant qu'il serait en mon pouvoir, de toutes les erreurs, de tous les abus et de toutes les superstitions dans lesquelles vous avez été élevés et nourris et que vous avez pour ainsi dire sucés avec le lait. "

Oeuvres
8.1

Oeuvres

Sortie : octobre 1965 (France). Essai, Poésie, Conte

livre de Jonathan Swift

steka a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Résumé : Voyages de Gulliver - Écrits de jeunesse - Conte du tonneau - La Bataille des livres - Pensées sur divers sujets moraux et divertissants - Les Écrits de Bickerstaff - Mémoires de Martin Scriblerus - La Conduite des alliés - Journal manuscrit à Stella - Histoire des quatre dernières années du règne de la reine Anne - Lettres du drapier - Instructions aux domestiques - Petits écrits en prose - Poésies [1965], trad. de l'anglais par Émile Pons . Édition d'Émile Pons avec la collaboration de Bénédicte Lilamand et Jacques et Maurice Pons, 1984 pages, rel. peau, 105 x 170 mm.

Annotation :

"L'ambition, souvent, fait accepter les fonctions les plus basses; c'est ainsi qu'on grimpe, dans la posture où l'on rampe."
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Du prince et des lettres
7.6

Du prince et des lettres

Sortie : 20 août 2010 (France). Essai

livre de Vittorio Alfieri

steka a mis 9/10 et a écrit une critique.

Résumé : Tout bien considéré, quelle plus grave insulte peut-on faire aux lettres que de les protéger pour mieux les asservir?, Vittorio Alfieri.

Annotation :

Les hommes et notamment ceux qui, comme nous, sont asservis, pèchent surtout par l'absence du sentiment. Je crois que, du moins parmi nous, cela provient de l'habitude de trop parler, de peu penser, et de ne point agir : existence tout à fait passive; existence dont nous nous montrons dignes par notre bonne grâce à la supporter, ce que même un grand nombre d'entre nous fait sans s'en apercevoir.

Ecrits révolutionnaires, 1790-1794

Ecrits révolutionnaires, 1790-1794

Sortie : juin 1979 (France). Essai

livre de Anacharsis Cloots

steka a mis 8/10.

Résumé : L'orateur du genre humain

Idée sur les romans · Idée sur le mode de la sanction des lois
7.1

Idée sur les romans · Idée sur le mode de la sanction des lois (1800)

Sortie : 1800 (France). Essai, Philosophie

livre de Marquis de Sade

steka a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Résumé : Très prisé au XVIIIe siècle, le genre de l'"Idée sur...", destiné à exposer une pensée sur un sujet ou la conception d'un système, a été adopté par deux fois par le marquis de Sade (1740-1814) : en 1800, idée sur les romans et en 1792, Idée sur le mode de la sanction des lois. Ce qui rassemble ces deux textes, c'est leur caractère d'intervention dans le débat public, à propos de questions disputées dans les domaines de l'art et de la politique. Sade n'y apparaît pas dans son rôle d'auteur libertin et de génie de la transgression, mais comme un homme des Lumières et un acteur de la Révolution en lutte contre le modérantisme politique et les conventions littéraires.

Annotation :

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Écrits politiques

Écrits politiques

Sortie : 31 octobre 1977 (France). Essai, Philosophie

livre de Georg Wilhelm Friedrich Hegel

steka a mis 8/10.

Résumé : Écrits politiques: La Constitution de l'Allemagne (1800-1802), Actes de l'assemblée des états du royaume de Wurtemberg en 1815 et 1816. Analyse critique, A propos du "Reformbill" anglais. "La raison et la croix du présent". Essai de Kostas Papaioannou.

Annotation :

" Comment, poursuit Hegel, le ministère n'a-t-il pas prévu que les "représentants du peuple" à l'assemblée seraient les partisans les plus acharnés du régime des privilèges, ceux qui ont l'intérêt le plus évident à défendre leurs pouvoirs et leurs profits, et que le peuple était bien trop aliéné par cette tradition séculaire pour ne pas prendre ses exploiteurs pour ses défenseurs naturels ?"

Phénoménologie de l'esprit
7.5

Phénoménologie de l'esprit (1807)

(traduction Jean Hyppolite)

Phänomenologie des Geistes

Sortie : 1970 (France). Essai, Philosophie

livre de G. W. F. Hegel

steka a mis 10/10.

Résumé : La Phénoménologie de l'esprit n'est pas seulement un ouvrage décisif dans l'histoire de la philosophie : c'est aussi, aux côtés du théâtre de Shakespeare ou de La Divine Comédie de Dante, l'une des œuvres majeures de la culture occidentale. Achevée dans l'urgence, parue en 1807 dans une Europe agitée par les guerres napoléoniennes, elle eut un succès tardif : en France, il fallut attendre le XXe siècle pour qu'on reconnût en elle le sommet de la philosophie idéaliste allemande - à la fois une remémoration dense et fulgurante de toute la philosophie, et le début d'une nouvelle façon de penser la vie, l'histoire et la pensée elle-même.

Annotation :

"Du cuivre au lieu de l'or, de la monnaie fausse au lieu de bonne peuvent être mis en circulation d'une façon isolée; on peut faire admettre à beaucoup de gens qu'une bataille perdue était une bataille gagnée, et d'autres mensonges sur des choses sensibles et des événements particuliers peuvent être rendus croyables pendant un certain temps; mais dans le savoir de l'esprit, où la conscience possède la certitude immédiate de soi-même, la pensée de l'illusion est entièrement à écarter."

De la guerre
7.4

De la guerre

Vom Kriege

Sortie : 1832 (France). Essai

livre de Carl Von Clausewitz

steka a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Résumé : Carl Von Clausewitz est à juste titre considéré comme le plus grand théoricien militaire. Son traité, De la Guerre, est inachevé.

Annotation :

1832
"Il ne faut pas trop laisser croître les feuilles et les fleurs théoriques des arts pratiques, mais les rapprocher de l’expérience qui est leur terrain naturel."
Voir mon commentaire

Esthétique, tome I
7.7

Esthétique, tome I (1832)

Vorlesungen über die Ästhetik

Sortie : 1832. Essai, Philosophie

livre de G. W. F. Hegel

steka a mis 8/10.

Résumé : L'art est-il éternel ? Dans son Esthétique, publiée en 1832, Hegel soutient que le temps n'est plus à la créativité artistique mais aux musées et à la réflexion sur l'art. C'est une conception particulière de l'activité de l'artiste et de sa mission dans l'histoire qui le conduit à en faire ainsi une chose du passé. L'art ne relève pas, d'après lui, du sentiment : sa vocation n'est pas de plaire mais d'exprimer une quête de sens. En élaborant la matière, il élève les apparences muettes de la nature au rang d'une réalité symbolique. Contrairement au beau naturel, le beau artistique vient de l'homme et parle à l'homme. Un peuple retrouve ainsi dans l'art de son temps les représentations qu'il se fait confusément de lui-même. Dans le cours de l'histoire universelle, la religion puis la philosophie finissent par surpasser le travail de l'artiste : elles parviennent mieux que lui à assumer cette fonction de révélation de l'esprit à lui-même. L'art perd alors sa raison d'être...

Annotation :

1835
" Ce qui caractérise le comique, au contraire, c'est la satisfaction infinie, la sécurité qu'on éprouve de se sentir élevé au-dessus de sa propre contradiction au lieu d'y voir une situation cruelle et malheureuse. C'est la félicité et la satisfaction de la personne qui, sûre d'elle-même, peut supporter de voir échouer ses projets et leur réalisation. La raison étroite et guindée en est le moins capable, précisément là où, dans la satisfaction d'elle-même, elle est la plus risible pour les autres. "

Prolégomènes à l'historiosophie

Prolégomènes à l'historiosophie (1838)

Prolegomena zur Historiosophie

Sortie : 26 juin 1973 (France). Essai

livre de August Von Cieszkowski

steka a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Résumé : La publication en 1838 des Prolégomènes à l’Historiosophie d’August von Cieszkowski, alors âgé de vingt-quatre ans, marque l’effondrement instantané du système hégélien. À partir de cet effondrement, la méthode dialectique, «la pensée de l’histoire», va rechercher la réalité qui la recherche. C’est sur ce mouvement que se constitue, à travers Marx et Bakounine notamment, la première base du projet moderne de la révolution sociale. Cieszkowski dépasse Hegel en des termes purement hégéliens : il anéantit l’aporie centrale du système, simplement en rappelant que le temps n’est pas fini. Hegel avait conclu l’histoire, dans la forme de la pensée, parce qu’il acceptait finalement d’en glorifier le résultat présent. Cieszkowski renverse d’un seul coup le système, en portant à son contact le «moment» de l’avenir, parce qu’il reconnaît à la pensée de l’histoire, dépassement de la philosophie, le pouvoir de transformer le monde. «Réaliser les idées […] dans la vie pratique […] telle doit être la grande tâche de l’histoire.» Dans cette «praxis post-théorique qui sera l’apanage de l’avenir», les héros historiques «doivent être non plus des instruments aveugles du hasard ou de la nécessité ; mais les artisans lucides de leur propre liberté». «L’être et la pensée doivent donc disparaître dans l’action, l’art et la philosophie dans la vie sociale.» «De même que la poésie de l’art est passée dans la prose de la pensée, la philosophie doit descendre des hauteurs de la théorie dans le champ de la praxis. Être la philosophie pratique ou, plus exactement, la philosophie de la praxis.» Le théoricien qui parle ainsi, cinq ans avant le jeune Marx, cent vingt ans avant les situationnistes, devra être tôt ou tard reconnu comme le point obscur autour duquel toute la pensée historique, depuis un siècle et demi, a pris son tournant décisif. Cieszkowski restait dans l’idéalisme objectif, mais à son extrême pointe, là où il se renverse dans la plus totale revendication du concret, de sa construction historique consciente. Le mérite de Marx est d’avoir ultérieurement montré qu’une société de classes ne pourrait être capable de réaliser un programme si grandiose ; et celle-ci a effectivement donné à voir, depuis, la grandeur et le prix de sa carence sur cette question. Le mérite du prolétariat révolutionnaire est d’avoir montré, dans toutes ses luttes, qu’il ne pouvait se définir que par l’acceptation d’une telle tâche ; ce qui suffit à démasquer comme étant du parti de ses exploiteurs tous ceux qui ont prétendu le contenter ou le dissoudre à moins. Ce livre, jamais traduit en français depuis 1838, ni jamais réédité en Allemagne durant toute cette période, a été publié par Champ libre en 1973 ; il est aussi le seul des livres de ces Éditions auquel aucun article de critique n’a jamais été consacré. On sait que la société actuelle est partout lourdement armée pour son combat de retardement, en fin de compte assez vain, contre la pensée historique. (C’est aussi l’intérêt subjectif des spécialistes intellectuels qui y font carrière, et qui tentent de cacher leur honte en négligeant ce qui les révèle d’emblée comme tout à fait négligeables.) Rien peut-être comme le sort d’un tel livre n’est à ce point révélateur des conditions faites à la théorie fondamentale par une époque qui finit en ce moment sous nos yeux, au bout du plus riche accomplissement de toutes ses virtualités d’irrationalité et de misère. Il est normal que reparaisse, avec la faillite de notre société, le verdict de Cieszkowski qui la condamne pour avoir vécu au-dessous de ses moyens. Guy Debord.

Annotation :

Paru à Berlin en 1838.

"L’être et la pensée doivent donc disparaître dans l’action, l’art et la philosophie dans la vie sociale."
. Voir mon commentaire

L'Essence du christianisme
6.8

L'Essence du christianisme (1841)

(traduction Joseph Roy)

Das Wesen des Christentums

Sortie : 8 septembre 1992 (France). Essai, Philosophie

livre de Ludwig Feuerbach

steka a mis 9/10.

Résumé : L'essence du christianisme est l'œuvre majeure de Ludwig Feuerbach, où il y dénonce l'illusion religieuse.

Annotation :

1841
"Et sans doute notre temps (...) préfère l'image à la chose, la copie à l'original, la représentation à la réalité, l'apparence à l'être ... Ce qui est sacré pour lui, ce n'est que l'illusion, mais ce qui est profane, c'est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l'illusion croît, si bien que le comble de l'illusion est aussi pour lui le comble du sacré. "

Critique du droit politique hégélien
7.2

Critique du droit politique hégélien

Sortie : janvier 1990 (France). Essai, Philosophie

livre de Karl Marx

steka a mis 8/10.

Résumé : Au début des années 1840, Karl Marx est encore un idéaliste hégélien. À Berlin, il appartient au cercle des “hégéliens de gauche” (comprenant entre autres Bruno Bauer), qui cherchent à tirer de la philosophie de Hegel des conclusions athées et révolutionnaires, et est l’un des principaux collaborateurs du journal d’opposition La Gazette rhénane, dont il renforcera la tendance démocratique révolutionnaire, et qui sera censuré. Dans ce Manuscrit de 1842-1843, il commente de manière exemplaire une partie de la Philosophie du Droit de Hegel, où il est question de la Constitution,“l’État au plan interne”. Avec ce texte, il entame sa réflexion sur ce qu’il nomme la “vraie démocratie” et critique la conception hégélienne de l’État et par là même la bureaucratie.

Annotation :

Manuscrit de 1842-1843 où Marx dans sa critique de L’État hégélien entame sa réflexion sur la “vraie démocratie” .
"Quant au bureaucrate pris individuellement, le but de l' État devient son but privé : c'est la curée aux postes plus élevés, c'est le carriérisme. Tout d'abord, il considère la vie réelle comme une matière inerte car pour lui l'esprit de cette vie réside dans une réalité séparée et autonomisée : la bureaucratie. L’État n'existe pour lui que sous la forme d'une multitude d'esprits bureaucratiques figés, reliés uniquement par la subordination et l'obéissance passive. "
"La bureaucratie est le matérialisme sordide que nous venons d'évoquer. En revanche, son spiritualisme sordide apparaît dans le fait qu'elle veut tout faire, c'est à dire faire de la volonté la causa prima, la cause première : comme elle est vouée à l'activité et comme elle reçoit son contenu du dehors, elle ne peut prouver son existence qu'en imposant une forme et une limite à ce contenu. Le bureaucrate ne voit dans le monde qu'un simple objet de son activité."

L'Unique et sa propriété
7.9

L'Unique et sa propriété (1844)

Der Einzige und sein Eigentum

Sortie : 1844. Essai, Philosophie

livre de Max Stirner

steka a mis 8/10.

Résumé : Ce recueil de textes est un réquisitoire radical contre toutes les puissances supérieures auxquelles l'individu aliène son « Moi ». L'auteur exhorte chacun à s'approprier ce qui est en son pouvoir, indépendamment des diverses forces d'oppression extérieures à l'individu : l'État, la religion, la société, l'humanité.

Annotation :

1844
"Ils n'ont aucun droit à la liberté parce qu'ils sont incapables d'en user, ou, plus clairement : c'est justement parce qu'ils n'ont pas la liberté qu'ils n'y ont aucun droit."

Critique de l'économie politique
8.4

Critique de l'économie politique (1844)

Sortie : 28 septembre 2007 (France). Essai, Politique & économie

livre de Karl Marx

steka a mis 10/10.

Résumé : La Critique de l'économie politique, aussi connue sous le titre de Manuscrits de 1844 est restée inédite du vivant de Marx et ne fut publiée qu'en 1932. C'est une "oeuvre de jeunesse", une oeuvre d'avant la fameuse "coupure épistémologique" théorisée par Louis Althusser. On peut rappeler que ce philosophe français et sa suite, Étienne Balibar, Roger Establet, Pierre Macherey et Jacques Rancière voyaient dans la publication du Capital châtré du chapitre consacré au caractère fétiche de la marchandise (publié par Allia), une rupture radicale dans l'oeuvre de Marx. Celle-ci devenait désormais "scientifique", et Althusser renvoyait avec mépris dans la sphère de la "philosophie" tout ce qui précédait. C'est que le Marx de 1844 ne faisait pas du tout les affaires de l'idéologue communiste. On découvre en effet avec la Critique de l'économie politique un Marx humaniste, qui dénonçait non seulement l'exploitation économique mais aussi l'aliénation essentielle de l'homme créée par la société capitaliste. Nulle trace de jargon, de ce qui deviendra plus tard la phraséologie marxiste, aucun développement économique technique.

Annotation :

"On voit comment, à la place de la richesse et de la misère de l'économie politique, il y a l'homme riche et le besoin humain riche. L'homme riche est en même temps celui qui a besoin d'une totalité de manifestations humaines de la vie, l'homme chez qui sa propre réalisation existe comme une nécessité intérieure, comme une détresse."

L'Idéologie allemande
7.3

L'Idéologie allemande (1932)

Die deutsche Ideologie

Sortie : 2005 (France). Essai, Philosophie

livre de Friedrich Engels et Karl Marx

steka a mis 9/10.

Résumé : L'Idéologie allemande est un texte d'une importance capitale pour la bonne compréhension de ce que furent les idées de Marx et Engels. Il a été écrit vers 1845-1846.

Annotation :

"Nous ne connaissons qu'une seule science, la science de l'histoire. L'histoire peut-être considérée de deux cotés et être divisée en histoire de la nature et histoire des hommes. Mais les deux cotés ne peuvent être séparés cependant : tant qu'il y aura des hommes, l'histoire de la nature et l'histoire des hommes se conditionneront réciproquement. "