Films découverts en 2025

Juste une liste recensant les films que je vois pour la première en 2025, histoire qu au prochain bug du live, je puisse toujours être en mesure de consulter mes avis.

Liste de 91 films créée il y a plus d’un an · modifiée il y a 6 mois
Nosferatu
6.3

Nosferatu (2024)

2 h 12 min. Sortie : 25 décembre 2024. Épouvante-Horreur, Fantastique

Film de Robert Eggers

Alfred Tordu a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Très fidèle au film de Murnau, Robert Eggers s’évertue à en restituer la puissance cinématographique d’époque, grâce à une mise en scène moderne, nourrie par un siècle de cinéma horrifique. Une démarche qui devrait être à la base de tout projet de remake, mais que je n’avais pas vu au cinéma depuis le King Kong de Peter Jackson en 2005. C’est impressionnant de voir à quel point chaque élément du script original se retrouve ici magnifié par l’intelligence d’une réalisation aux effets toujours savamment maîtrisés.

L’iconisation du Conte Orlok est à elle seule une magnifique leçon de cinéma. Eggers arrivant très bien à retranscrire visuellement l’influence sensitive du vampire sur ses victimes, notamment cette capacité à pénétrer leurs esprits pour hanter leurs cauchemars et brouiller leur perception du réel. A peine perceptible lors de sa première apparition, s’exprimant avec une voix d’outre tombe et affublé d’une saillante moustache stalienne ; le comte apparaît comme un monstre de virilité rustre et barbare, en complète opposition avec ce frêle anglais de Nicolas Hoult qui lui fera officie de rival sexuel.

Car si le désir de chaire fraîche revêtait un sens beaucoup plus littéral dans le film originel, la connotation sexuelle est ici clairement explicite, devenant par la même le véritable sujet du long-métrage. Dans cette version, Orlok est ouvertement présenté comme l’ex toxique d’Ellen Huter. Un ex dont la jeune femme a pu s’affranchir grâce à son mariage avec un gentil gars bien comme il faut, mais qui continue de hanter son existence, lui intimant de céder à ses avances, sous peine de voir tout son petit monde s’écrouler. Eggers fait ainsi de son vampire la personnification du prédateur sexuel, un être dénué de toute considération sentimentale à l’égard de sa partenaire et prêt à toutes les perfidies pour parvenir à ses fins.

On regrettera juste le choix de Lilly-Rose Depp qui semble se regarder jouer en permanence, mimant (non sans dévotion) les scènes de possession ou de somnambulisme qu’elle a pu glaner dans les références filmiques du réalisateur, mais sans jamais donner l’impression de croire véritablement à ce qui se joue devant ses yeux. Heureusement que cette petite ombre au tableau n’entache nullement le résultat au global.

Un ours dans le Jura
6.3

Un ours dans le Jura (2025)

1 h 53 min. Sortie : 1 janvier 2025. Comédie, Policier

Film de Franck Dubosc

Alfred Tordu a mis 7/10.

Annotation :

On n’attendait pas Franck Dubosc sur le terrain de la comédie noire, mais force est de constater qu’il a su l’emprunter avec brio. A l’instar de Fargo ou de Burn After Reading des frères Coen, le récit prend place dans un cadre anti-cinématographique et confronte des villageois ordinaires (bien qu’un peu dérangés sur les bords) à une sombre histoire criminelle de polar. L’intérêt du film reposant sur le décalage entre l’horreur des situations et l’amateurisme avec lequel elles sont affrontées par les protagonistes. A cela s’ajoute bien sûr une ribambelle de seconds couteaux mémorables, dont les quêtes annexes rajouteront des bâtons dans les roues déjà bien amochées de nos pieds nickelés.

Un scénario hilarant et parfaitement ficelé dont la réussite doit surtout à la tenue de la mise en scène et de l’ensemble du casting. Car quelle que soit l’absurdité des séquences, le réalisateur ne cède jamais au piège de la dédramatisation. Les acteurs vivent toujours la situation au premier degré, sans que personne ne sorte de sa partition pour faire son petit numéro, comme c’est généralement le cas dans ce genre de comédie grand public. Et c’est justement cette rigueur qui rend le décalage comique si efficace.

Pas spécialement client de la prestation de Dubosc, un peu trop sobre et pas suffisamment incarnée à mon goût, mais le reste du casting se défend bien. En particulier Laure Calamy, toujours débordante de naturelle et l’inénarrable Benoît Poelvoorde, impeccable dans ce rôle de gentil flic ordinaire constamment dépassé par les événements.

Wallace et Gromit - La Palme de la Vengeance
7

Wallace et Gromit - La Palme de la Vengeance (2024)

Wallace & Gromit: Vengeance Most Fowl

1 h 19 min. Sortie : 3 janvier 2025 (France). Animation, Aventure, Comédie

Long-métrage d'animation de Nick Park et Merlin Crossingham

Alfred Tordu a mis 6/10.

Annotation :

Dans la moyenne haute des dernières productions Aardman : drôle, bien animé et bourré d’idées inventives, tant au niveau des gags, des designs ou des péripéties. Le simple fait d’avoir rendu Wallace dépendant de ses inventions et de le confronter à des robots piratés, c’est à la fois un excellent postulat, dans l’air du temps et totalement cohérent avec la personnalité de notre inventeur excentrique.

Mais comme pour le second volet de Chicken Run, quelque chose s’est perdu chez le studio britannique : leur ambition cinématographique. Ce qui faisait jusqu’ici la force des Wallace et Gromit, c’était ce décalage entre des films de genre très premier degré dans leur mise en scène, et leurs histoires fantaisistes aux personnages cartoonesques. C’est parce ces films étaient suffisamment aboutis sur le plan filmique, pastichant à merveille les codes du thriller, du film policier, de la Science Fiction ou du cinéma d’horreur, qu’au delà des rires, nous nous sentions réellement impliqués dans ces récits de pâte à modeler. Il y avait une vraie tension, un suspens et un sens de la dramaturgie que je ne retrouve plus chez Aardman.

J’ignore si c’est dû au manque de budget, à l’utilisation des CGI toujours plus nombreux, ou à l’image numérique qui donne plus de netteté à la texture des personnages et de leurs environnements par rapport au grain de la pellicule ; mais je n’y retrouve pas le charme d’autrefois. Aussi, si je reste admiratif du délire général, l’absence d’ampleur dans la mise en scène annihile toute possibilité de dramaturgie, ce qui fait que je ne suis jamais pris aux tripes et que les quelques tentatives d’émotions tombent complètement à l’eau.

Conclave
6.8

Conclave (2024)

2 h. Sortie : 4 décembre 2024 (France). Thriller

Film de Edward Berger

Alfred Tordu a mis 6/10.

Annotation :

Sympathique thriller politique transposant intelligemment les codes du genre dans le monde ecclésiastique. Cela permet d’aborder la papauté en tant qu’institution politique à part entière, traversée par des luttes internes entre différentes lignes directrices, et dont la conquête du pouvoir requiert nécessairement son lot de stratégies, arrangements ou dénigrement en tout genre, quel que soit le côte de Dieu où l’on se situe. C’est plutôt malin d’avoir traité cette institution spirituelle de la manière la plus matérialiste qui soit. Mais en dehors de ce parti pris, le film n’a rien d’extraordinaire non plus. Suffisamment bien écrit pour se suivre sans déplaisir, mais il ne laissera pas un souvenir impérissable.

Le Dossier Maldoror
6.4

Le Dossier Maldoror (2024)

2 h 35 min. Sortie : 15 janvier 2025 (France). Drame, Thriller, Policier

Film de Fabrice Du Welz

Alfred Tordu a mis 7/10.

Annotation :

Agréablement surpris par ce Zodiac belge, certes beaucoup moins raffiné que son modèle américain, mais tout de même sacrément bien raconté, réalisé et interprété. Fabrice du Welz accouche d’un super thriller haletant et viscéral qui ravira sûrement tous les amateurs du genre, à condition de ne pas trop prendre tout ça au sérieux. Car le film se dit librement inspiré de l’affaire Dutroux, et il suffit d’écouter brièvement un Hondelatte Raconte sur le sujet pour se rendre compte que le scénario prend effectivement beaucoup de liberté avec la réalité des faits, au point de transformer l’affaire en pamphlet conspirationiste, fustigeant l’impuissance et la corruption des pouvoirs publics.

Dans cette réalité alternative, la gendarmerie belge, pourtant principale fautive dans le fiasco judiciaire, se voit dégagée de toutes responsabilités. Leur rétention d’informations est même légitimée et il est insidieusement sous-entendu que si ils avaient pu aller plus loin dans leur surveillance, au mépris de toutes les lois sur la vie privée, d’innocentes victimes auraient été épargnés. Le réalisateur va jusqu’à faire de son héros fictif, un vigilante tuant le meurtrier de ses propres mains, et renonçant pour cela à son statut de gendarme qui ne lui aurait jamais permis de terrasser le mal une bonne fois pour toute.

Cela n’enlève rien à la qualité intrinsèque du long-métrage, mais à titre personnel, je trouve ça extrêmement déplacé de tordre à se point une histoire vraie pour donner du poids à une vision proto-fasciste de la justice.

Mémoires d’un escargot
7.5

Mémoires d’un escargot (2024)

Memoir of a Snail

1 h 34 min. Sortie : 15 janvier 2025 (France). Animation, Drame

Long-métrage d'animation de Adam Elliot

Alfred Tordu a mis 7/10.

Annotation :

Dans la droite lignée de Mary et Max, avec cette narration à la Amélie Poulain, mettant l’emphase sur toutes les petites manies, bizarreries et autres traits de caractère composant la personnalité de protagonistes profonds et humains.

Après 16ans d’absence, Adam Eliott revient avec cette très belle fable sur l’enfermement, au sens large du terme. La prison dans laquelle on se retrouve enfermé de force, ou celle qu’on se construit soit même pour se protéger du monde, finissant par cloisonner les corps et les esprits dans une lente dépression.

Fort heureusement, la noirceur du récit est à nouveau contrebalancée par cet univers fait de pâte à modeler, carton pâte et polystyrène ; peuplé de silhouettes au design enfantin et aux animations très expressives. Un traitement iconoclaste apportant une légèreté et un décalage comique permettant d’atténuer un peu la dureté des évènements racontés. Et puis, quand on sait que le film a été réalisé sans aide numérique, par une équipe de 7 personnes et à raison 5 secondes tournées sur une journée de travail, il y a quelque chose de touchant à voir ce réalisateur australien exorciser ses névroses en jouant avec ses figurines de pâte à modeler, comme certains d’entre nous ont pu le faire avec des legos ou des playmobiles.

Elyas
5.6

Elyas (2024)

1 h 39 min. Sortie : 3 juillet 2024. Action, Thriller

Film de Florent-Emilio Siri

Alfred Tordu a mis 6/10.

Annotation :

Un bon film d’action français au scénario sans grand intérêt, mais maintenant habilement le spectateur en tension, ce grâce à l’ambiguïté permanente sur la santé mentale du personnage principal et aux excellentes scènes d’action, largement mieux filmées et beaucoup plus lisibles que dans 80% des actioners ricains.

Delphine 1 - Yvan 0
4.9

Delphine 1 - Yvan 0 (1996)

1 h 31 min. Sortie : 19 juin 1996 (France). Comédie, Romance

Film de Dominique Farrugia

Alfred Tordu a mis 5/10.

Annotation :

Je salue l’audace du long-métrage qui par une succession de saynètes en plans séquences, dépeint avec justesse la déliquescence d’un jeune couple, à travers une myriade de situations dans lesquelles nous sommes tous et toutes susceptibles de nous reconnaître. Mais l’originalité du dispositif est à la fois la plus grande force et la plus grande faiblesse du projet.

Contraints d’enquiller leurs textes d’une traite sans se louper, les comédiens nous livrent donc des performances en deçà de leurs capacités habituelles. De plus, les interventions de Thierry Rolland et de Jean-Michel Larqué, commentant les éléments de l’intrigue comme dans un match de foot, auraient été beaucoup plus drôles si les animateurs ne donnaient pas la sensation de découvrir leurs répliques en les lisant sur le prompteur devant eux. Enfin, malgré sa courte durée, le film accuse quelques longueurs et se termine abruptement, après une réconciliation vite expédiée, alors qu’il restait encore tant de choses à raconter.

Borgo
7

Borgo (2023)

1 h 57 min. Sortie : 17 avril 2024. Drame

Film de Stéphane Demoustier

Alfred Tordu a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Le réalisme du long-métrage rend compte de la réalité matérielle du milieu carcéral corse dans toute sa complexité, notamment sur les relations ambiguës qui peuvent se tisser entre des matons en sous-effectif et des dizaines de détenus plus ou moins abandonnés à leur sort.

Tout comme Melissa, gardienne de prison fraîchement arrivée sur l’île singulière, on ne peut que constater les règles tacites régissant cette prison de Borgo. On sent la nécessité pour elle d’entretenir des relations cordiales avec les prisonniers à sa charge et on se surprend à se prendre d’affection pour cette bande de loubards sympathiques qui lui rendent bien des services. Au point de s’insurger contre certaines mesures injustes de la direction ou de se réjouir lorsque notre gentille matonne fait preuve d’altruisme à leur égard. L’empathie pour Melissa est telle que, même si l’on devine aisément le dangereux chemin sur lequel elle s’engage, on se dit qu’à sa place, on aurait pu très bien réagir de la même manière, sans forcément voir venir le point de non-retour.

Une empathie qui tient en grande partie sur la prestation d’Hafsia Herzi, parvenant toujours à expliciter les sentiments contrastés de son personnage, tout en restant à la fois subtile et naturelle dans son interprétation.

Le Dernier des Mohicans
7

Le Dernier des Mohicans (1992)

The Last of the Mohicans

1 h 52 min. Sortie : 26 août 1992. Action, Aventure, Romance

Film de Michael Mann

Alfred Tordu a mis 3/10.

Annotation :

Le titre m’avait fait miroiter un tout autre film. Je m’étais imaginé suivre Daniel Day-Lewis, dernier de sa fratrie, reclus dans sa pampa et continuant à faire vivre une culture ancestrale que la colonisation britannique aurait réduit à néant. Or, je me retrouve finalement avec un énième film à oscar, revisitant à nouveau l’histoire des USA de façon simpliste et manichéenne, sans même avoir le mérite d’être réussi sur le plan technique.

Car les nombreuses scènes de baston font vraiment pitié. On sent que les cascadeurs font plus attention à bien exécuter leurs chorégraphies qu’à se maraver la gueule, rendant ainsi les combats très artificiels. De plus, le découpage inégal nuit souvent à la lisibilité de l’action, en particulier lors des scènes de nuit où l’on peine à situer les protagonistes dans leur environnement. Et de ne parlons pas de tous ces effets de ralenti d’un autre temps, sensés iconiser les actions des guerrier, mais qui paraîtront juste terriblement ringards à toute personne née après la seconde moitié des années 90. La palme du mauvais goût revenant à ce ralenti sur nos deux tourtereaux, fixant l’horizon devant le soleil levant.

Je ne savais même pas que Michael Mann était derrière la camera, mais au vu du résultat, cela n’est pas franchement étonnant. J’ai ressenti le même désintérêt que pour 1’histoire de Heat, Ali ou Ferrari. En même temps, comment ne pas s’ennuyer devant un récit extrêmement programmatique et des personnages dénués de toute profondeur ? Est-il possible de prendre au sérieux une histoire d’amour aussi bateau et ne reposant que sur un jeu de regard ?

Il n’y a bien que la magnifique OST qui sorte un tant soit peu du lot, et cette dernière doit largement plus sa postérité à l’émission A Prendre ou à Laisser sur TF1, qu’à ce film de merde qui finira, comme la tribu des Mohican, à disparaître de notre mémoire collective.

5 Septembre
6.7

5 Septembre (2024)

September 5

1 h 31 min. Sortie : 5 février 2025 (France). Drame, Thriller, Historique

Film de Tim Fehlbaum

Alfred Tordu a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Une plongée palpitante dans les coulisses d’une rédaction apprenant sur le tas comment couvrir une actualité qui s’écrit en direct sous leurs yeux. L’urgence de la situation et l’implication des comédiens compensent parfaitement la pauvreté d’une mise en scène reposant majoritairement sur du camera épaule peu inspiré. C’est passionnant de voir à l’œuvre cette jeune bande de journalistes, partagés entre leur devoir d’informer et les obligations inhérentes au format télévisuel, les conduisant bien souvent à adopter des choix esthétiques ou éditoriaux déplacés au regard de la situation. Il est d’ailleurs regrettable que cet évènement n’est pas fait office de référant dans les écoles de journalisme, tant les erreurs commises par les protagonistes et les questionnements éthiques qu’elles sous-tendent, se manifestent encore à chaque attentat ou catastrophe couverts en direct.

The Brutalist
7

The Brutalist (2024)

3 h 35 min. Sortie : 12 février 2025 (France). Drame, Romance

Film de Brady Corbet

Alfred Tordu a mis 4/10 et a écrit une critique.

La Fabrique du mensonge
5.8

La Fabrique du mensonge (2024)

Führer und Verführer

2 h 15 min. Sortie : 19 février 2025 (France). Biopic, Drame, Historique

Film de Joachim Lang

Alfred Tordu a mis 6/10.

Annotation :

Vraiment le bon produit didactique calibré pour les sorties scolaires d’Allemagne et d’ailleurs. Le film reste intéressant à voir, mais plus pour l’importance de son sujet que pour ses faibles qualités cinématographiques. Dommage d’ailleurs d’avoir débuté l’histoire en 1938, car j’aurais adoré voir la naissance du mythe Adolf Hitler, construit pas à pas par Goebbels.

Joaquim Lang préfère se concentrer sur la propagande en temps de guerre, afin de montrer l’inévitable escalade du mensonge permettant à la post-vérité de perdurer dans le temps. On commence par présenter les informations sous un jour positif pour la nation, en évitant soigneusement ce qui pourrait écorner son image, ensuite on prépare doucement la population à des changements de cap radicaux, on embellit la situation par de petits mensonges pour justifier l’injustifiable, puis par de plus gros pour garder la face, jusqu’à basculer dans la fiction la plus complète.

Et il est amusant de constater que le seul allié du furher qui soit demeurer fidèle au IIIème Riech jusqu'au bout, soit justement la personne ayant façonné sa légende. Comme si Goebbels avait finit par croire à sa propre fiction.

Le Roman de Jim
6.7

Le Roman de Jim (2024)

1 h 41 min. Sortie : 14 août 2024. Comédie dramatique

Film de Arnaud Larrieu et Jean-Marie Larrieu

Alfred Tordu a mis 6/10.

Annotation :

J’ai rarement été autant énervé par le sort réservé à un personnage dans un film. Aymeric est une crème, il adopte sans problème le fils de sa compagne et remplit à la perfection son rôle de papa pendant 7 belles années, tout ça pour se retrouver reléguer au rang de parrain et être privé de son gamin, à qui on laisse croire que son père adoptif ne l’aime plus.

Certains auront peut-être vu la douille arriver, mais moi au départ, je trouvais l’initiative de Florence tout à fait légitime. Le père biologique l’avait peut-être abandonné, ça restait un homme brisé par la perte de toute sa famille et il était compréhensible qu’il souhaite repartir de zéro avec la seule progéniture qui lui restait. Ce projet d’improbable famille recomposé, moi j’y croyais parce que, j’avais vis-à-vis de Florence, la même confiance que lui portait Aymeric depuis le début du film et ma déception a donc été aussi éprouvante que la sienne.

Alors quelque part, si je ressens cela, c’est que le film réussi parfaitement ses intentions. Mais j’ai du mal à comprendre l’intérêt de la démarche, à part pour nous dire que l’être humain est fondamentalement mauvais, qu’il faut se méfier de tout le monde et que quand on est trop gentil dans ce bas monde, on tend facilement le bâton pour se faire exploiter. Karim Leklou, lauréat du meilleur acteur pour son rôle, présentait le film comme une ode à la gentillesse, alors que c’est tout le contraire, et je suis profondément en désaccord avec cette vision misanthrope de mes contemporains.

D’autant qu’à côté de ça, le métrage est quand même très pauvre cinématographiquement. Y a même quelques erreurs de montage assez grossières pour un film nommé aux césars et le casting est globalement assez mauvais ; même Leklou, certes impeccable dans sa gestuelle ou dans ses expressions faciales, mais peu naturelle dès qu’il s’agit de déclamer son texte. Et il en va malheureusement de même pour les autres interprètes principaux.

A Real Pain
6.6

A Real Pain (2024)

1 h 30 min. Sortie : 26 février 2025 (France). Drame, Road movie

Film de Jesse Eisenberg

Alfred Tordu a mis 6/10.

Annotation :

Sympathique road movie mémoriel à travers la Pologne, portés par deux cousins tout aussi névrosés l’un que l’autre, mais ayant une manière très différente d’exprimer et de gérer leur mal être intérieur. La relation complexe entre les deux cousins prend corps à l’écran par le biais de situations et de dialogues lourds de sens, traduisant avec subtilité toute l’affection et la rancœur que se portent ces hommes que tout oppose, mais qui demeurent unit par leur passé commun, ainsi que leur importante histoire familiale.

Bien évidemment, le film ne serait rien sans son duo d’interprètes, et si à l’instar de son personnage, c’est l’extravagant Culkin qui accapare tous les regards, la performance touchante et toute en retenue d’Eisenberg n’est pas en reste.

Après, les péripéties ne sont pas particulièrement mémorables, les seconds couteaux font surtout office de faire valoir aux rôles principaux et ces derniers manquent d’une évolution significative pour donner du liant et du sens à leur périple. Cela donne un long-métrage inabouti et assez anecdotique, mais pleins de qualités et plutôt agréable à suivre.

Coup de cœur
6.8

Coup de cœur (1982)

One from the Heart

1 h 47 min. Sortie : 29 septembre 1982 (France). Drame, Romance

Film de Francis Ford Coppola

Alfred Tordu a mis 3/10.

Annotation :

J’y vois beaucoup de similitudes avec New York, New York de Martin Scorsese. On y retrouve la même passion pour la comédie musicale qui transparaît dans un maniérisme exacerbé prenant le pas sur tout le reste. Car même si Coup de Cœur fut entièrement tourné en studio afin de laisser à Coppola la latitude nécessaire pour réaliser son film comme il l’entend, ce parti pris donne plus la sensation d’assister à une captation de spectacle scénique qu’à un véritable long-métrage. Le film ne brille ni par sa mise en scène, ni par la bluette cul cul au possible qu’il porte à l’écran. Reste les décors imposants et la somptueuse photographie bien sûr, mais ça ne suffit pas à faire un bon film.

Mickey 17
6.3

Mickey 17 (2025)

2 h 17 min. Sortie : 5 mars 2025 (France). Science-fiction, Action, Comédie

Film de Bong Joon-Ho

Alfred Tordu a mis 4/10.

Annotation :

Bong Joon-Hoo croque avec pertinence les travers de la société américaine dans cette dystopie quasi prophétique où le progrès scientifique sert avant tout les velléités impérialistes d’un techno fasciste, maintenant son autorité par un culte de la personnalisé à la limite du messianisme. Les parallèles avec notre monde contemporain sont assez grossiers mais plutôt bien vu. Le concept même de remplaçable étant par exemple une métaphore évidente des métiers mal considérés par le monde du travail, dont la pénibilité est souvent négligée sous prétexte que ça fait partie du job et que ceux qui l’effectuent sont justement remplaçables.

Le réalisateur renoue avec la satire sociale outrancière du mal aimé Okja. On y retrouve ce même goût pour les parallèles appuyés et les personnages caricaturaux que leurs interprètes sont invités à sur-jouer sans retenue. Et si comme pour Okja, cette lourdeur se justifie dans le cadre d’une satire, elle rend également le métrage assez insupportable sur la longueur, en dépit de la bonne volonté du casting.

Le film souffre également d’un gros problème de dramaturgie, car les morts à répétition de Mickey ne sont pas suffisamment dédramatisées pour être traitée de façon burlesque, à la manière d’Edge of Tomorrow, sauf que dans le même temps, rien n’est fait pour nous faire ressentir viscéralement la prétendue souffrance endurée par le protagoniste, dont il n’est fait mention que par le biais de ces pénibles monologues intérieurs. Coincée le cul entre deux chaises, la première heure apparaît alors comme une longue exposition, parfaitement inutile au regard du flashforward qui le précède, et au cours de laquelle nous ne sommes ni amusé par la situation, ni en empathie pour le personnage principal.

Je n’ai commencé à rentrer dans le film que dans sa seconde partie, lorsqu’il prend enfin son récit un peu plus au sérieux, pose des enjeux et développe une véritable intrigue, même si celle-ci tombe facilement sur des rails très convenus, aboutissant à un climix certes bien mené, mais prévisible et sans saveur. Dommage, car à côté de ça, le script possède quelques subtilités intéressantes, notamment sur le statut de Mickey, considéré comme un objet par tout le monde, y compris par les rares à lui témoigner une sincère affection ; ou dans ce final amer, mettant en garde contre le possible retour du fascisme. Mais l’ensemble reste trop fouillis et mal maîtrisé.

La Guerre du feu
6.9

La Guerre du feu (1981)

1 h 40 min. Sortie : 16 décembre 1981. Aventure, Drame, Historique

Film de Jean-Jacques Annaud

Alfred Tordu a mis 5/10.

Annotation :

Je respecte la radicalité du projet, ainsi que la réussite de sa mise en scène. Esthétiquement, le film est impossible à dater, ce qui est tout de même un sacré tour de force, lui permettant de traverser facilement toutes les générations de spectateurs.

Dommage que ce remarquable exercice de style se limite à une fastidieuse quête bourrée d’idées reçues sur le monde préhistorique. A titre de comparaison, le Apocalypto de Mel Gibbson n’était pas forcément plus rigoureux sur le plan historique, mais avait au moins le mérite de proposer une véritable épopée avec son univers, rivalisant avec les meilleurs blockbusters de son temps et dressant même quelques parallèles entre le monde décadent des mayas et notre civilisation occidentale contemporaine.

A côte de ça, La Guerre du Feu ne propose qu’une immersion pseudo réaliste chez les hommes de cro-magnon, mais n’a rien d’intéressant à raconter sur notre passé, notre présent ou notre avenir.

Canicule
6.1

Canicule (1983)

1 h 38 min. Sortie : 11 janvier 1984. Drame, Thriller

Film de Yves Boisset

Alfred Tordu a mis 3/10.

Annotation :

Boisset avait probablement l’ambition de réaliser un Western poisseux à la française, sauf qu’au lieu de faire du western avec des éléments typiquement français, il préfère incorporer des éléments typiquement américains (les gangsters, la grange perdu au milieu de nulle part ; le saloon, la maison close ou les personnages sur armés qui se tirent dessus à tout va) dans une France provinciale des années 80, ce qui rend de fait l’ensemble très artificiel.

Je n’ai pas du tout adhérer à la démarche et encore moins à ce scénario bébête et archi violent bourré d’archétypes unidimensionnels, pour lesquels on n’éprouve aucune sympathie.

Le but était peut-être de dresser un parallèle entre la violence de la société américaine, dépeint dans certains westerns spaghettis des années 60/70, notamment les films de Sergio Leone ; et celle de la société française, tout aussi pétrie de machisme, d’alcoolisme et d’appât du gain. Mais le cadre du récit est tellement surréaliste dans sa représentation, que ce parallèle ne saute pas vraiment aux yeux.

Deux jours à tuer
7

Deux jours à tuer (2008)

1 h 25 min. Sortie : 30 avril 2008 (France). Drame, Romance

Film de Jean Becker

Alfred Tordu a mis 6/10.

Annotation :

S’il est assez jubilatoire de voir un homme, ayant à priori tout pour être heureux, tomber le masque social qu’il semblait revêtir jusque ici pour exprimer à son entourage la médiocrité de leur petit confort bourgeois ; la révélation finale gâche complètement cette apparente crise de sincérité, car elle fait d’elle un mensonge du personnage, lui permettant de détruire lui-même son petit monde, avant que la maladie ne le fasse à sa place.

Un retournement bien consensuel, renvoyant les diatribes d’Antoine à une simple posture nihiliste de façade et ce, quelles que soient les critiques légitimes soulevées par son discours. C’est d’autant plus rageant que le long-métrage était jusque là d’une grande réussite formelle et narrative, avec un récit dénué de longueur qui va droit au but, des dialogues écrits au cordeau, ainsi qu’un brillant casting savamment composé. Dupontel brille de mille feux sous la camera de Jean Becker. On sent toute son ironie dans cette fausse bonhomie qu’il arbore auprès de ses proches, mais aussi le désespoir sous-jacent du personnage lorsque celui-ci s’exprime (ou semble s’exprimer) à visage découvert.

Le film est tellement agréable à regarder que même lorsque la vacuité de sa démarche apparaît au grand jour, cela ne suffit pas à gâcher complètement le plaisir de visionnage.

Maya, donne-moi un titre
6.3

Maya, donne-moi un titre (2024)

1 h 01 min. Sortie : 2 octobre 2024. Animation, Aventure, Comédie

Long-métrage d'animation de Michel Gondry

Alfred Tordu a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

On a vraiment l’impression d’entendre le type d’histoires que les parents racontent à leurs enfants le soir, mais mises en image par un professionnel du 7ème art. C’est hallucinant de voir toute l’ingéniosité déployée par Gondry pour représenter n’importe quoi avec littéralement une paire de ciseaux, trois bouts de papier et beaucoup de patience. Malgré les maigres moyens à sa disposition, il arrive toujours à nous embarquer dans ses aventures rocambolesques, dont les absurdes péripéties semblent avoir été improvisées au fur et à mesure. L’artisanat de leurs réalisations confère même à l’ensemble un charme inégalable, celui des premières productions Aardman, lorsque ces dernières étaient encore animées à la main, par une ou deux personnes maximum et sans trucages numériques.

Attention, je ne reproche pas au studio de s’être donné les moyens de ses ambitions cinématographiques, surtout au vu des résultats qu’on lui connaît. Mais à trop vouloir jouer sur l’étalonnage, gommer l’aspérité de la pâte à modeler ou remplacer les décors en dur par des fonds verts pour faire plus “cinéma” ; on finit par ne plus avoir conscience du dispositif initial. Alors qu’ici, on ne peut pas l’ignorer. On voit très bien les bouts de papiers découpés et bougés à la main sur un plan de table, toujours éclairé par la même source lumineuse. Rien n’est fait pour nous le dissimuler et pourtant, c’est tellement bien réalisé que, même en voyant toutes les ficelles, on rentre sans problèmes dans les histoires qui nous sont racontées.

A l’instar de Soyez Sympas, Rembobinez qui faisait la part belle à un cinéma artisanal déjà sur le déclin à Hollywood ; Gondry revient aux fondamentaux de l’animation pour nous rappeler sa plus grande force : animer des dessins immobiles pour donner vie à quelque chose qui dépasse le cadre étriqué du monde réel.

Tardes de soledad
7.5

Tardes de soledad (2024)

2 h 05 min. Sortie : 26 mars 2025 (France). Portrait

Documentaire de Albert Serra

Alfred Tordu a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Les Linceuls
5.1

Les Linceuls (2024)

The Shrouds

1 h 59 min. Sortie : 30 avril 2025 (France). Thriller, Science-fiction

Film de David Cronenberg

Alfred Tordu a mis 1/10.

Annotation :

Le souvenir douloureux de Cosmopolis m’est revenu en flash back lors de ma séance. J’y ai retrouvé le même rythme soporifique, le même personnage principal complètement amorphe, ces mêmes tunnels de discussions pseudos philosophiques filmés en champ contre champ avec un sound design minimaliste et aux bruitages semblant sortir d’une banque de sons libre de droit. Tout ça pour un propos extrêmement convenu sur le rapport de l’homme face à la technologie du monde moderne, et ce que révèle cette technologie sur sa nature profonde. Soit, précisément ce que Black Mirror ne cesse de nous rabâcher depuis 15 ans, avec beaucoup plus d’ambition cinématographique, même dans les saisons les plus faibles. Je recommande toutefois le film aux insomniaques pour ses fortes propriétés asmrisantes.

Un monde merveilleux
5.7

Un monde merveilleux (2025)

1 h 18 min. Sortie : 7 mai 2025. Comédie dramatique

Film de Giulio Callegari

Alfred Tordu a mis 6/10.

Annotation :

A défaut d’être la comédie SF de la décennie, le film a le mérite de bien exploiter son concept durant sa très courte durée. Je suis de toute façon assez client des buddy movie avec un robot très protocolaire s’humanisant au contact d’un humain cabossé. C’est un trope récurrent dans les productions jeunesse mais que j’ai rarement vu ailleurs. Alors voir ce récit prendre place en France, dans un univers réaliste, avec des gags plus “adultes” ça fait forcement plaisir.

The Phoenician Scheme
6.1

The Phoenician Scheme (2025)

1 h 41 min. Sortie : 28 mai 2025 (France). Comédie, Drame, Policier

Film de Wes Anderson

Alfred Tordu a mis 3/10.

Annotation :

Ça y est, je commence à me lasser de Wes Anderson. J’en ai marre de ses cadres fixes parfaitement symétriques, de son découpage de bande dessinée ou de la rigidité de ses interprètes. J’y suis toujours sensible lorsque ces partis pris de mise en scène sont porteurs de sens, d’humour ou d’émotion ; mais pas quand ils font office de simples gimmicks, répétés mécaniquement d’un plan à l’autre.

Idem pour le scénar. On nous ressert à nouveau l’histoire de l’artiste fou, essayant d’aller au bout de son ambition tout en renouant le contact avec une progéniture qu’il a négligé ou abandonné. Trope déjà à l’œuvre dans Fantastic Mr Fox ou La Vie Aquatique, avec une nouvelle galerie de personnages névrosés qui s’expriment dans un langage ridiculement précieux, le tout parsemé de quelques runnings gags.

Heureusement que la direction artistique sublimée par la magnifique photo de Bruno Delbonnel est là pour nous rincer l’œil. Le métrage a également pour lui quelques chouettes moments, mais l’ensemble manque clairement d’action, de suspens et d’enjeux par rapport aux autres films d’aventure de Wes Anderson.

Mission: Impossible - The Final Reckoning
5.7

Mission: Impossible - The Final Reckoning (2025)

2 h 49 min. Sortie : 21 mai 2025 (France). Action, Aventure, Thriller

Film de Christopher McQuarrie

Alfred Tordu a mis 4/10.

Annotation :

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce huitième volet se révèle beaucoup plus avare en terme d’action et de cascades. Comme si l’équipe n’avait cette fois pas été en mesure de relever sa mission de divertissement à grand spectacle. Alors on essaye de combler le vide en donnant à cet opus une vibe crépusculaire, ce par des rappels incessants aux opus précédents, tentant maladroitement de lier les films entre eux, comme pour donner l’impression d’assister au chapitre final d’une gigantesque mythologie cinématographique à la Star Wars. Sauf que Mission Impossible, c’est une pure saga d’action aux histoires prétextes, indépendantes les unes des autres. Il n y a aucun lore cohérent sur lequel s’appuyer pour faire vibrer la corde sensible du spectateur, et prétendre le contraire à ce stade, c’est vraiment nous prendre pour des jambons.

Reste les deux uniques séquences d’action du long-métrage, à la tension, au suspens et à l’exécution irréprochables. Mais avant d’y arriver, on doit quand même se taper presque 2h de gros plans débullés sur des persos au regard suspicieux qui passent leur temps à expliquer les enjeux du film en boucle. Y a clairement quelque chose qui ne va pas là-dedans.

Life of Chuck
6.8

Life of Chuck (2024)

The Life of Chuck

1 h 50 min. Sortie : 11 juin 2025 (France). Drame, Fantastique, Science-fiction

Film de Mike Flanagan

Alfred Tordu a mis 1/10.

Annotation :

Pas étonnant que Stephen King ait fait de Mike Flanagan son réalisateur fétiche, Life of Chuck est dans le sillage de toutes les lamentables adaptions que l’auteur avait produit pour la télévision au début des années 2000 : Une transposition ligne par ligne filmée de la manière la plus basique possible, avec une photo très moche, des acteurs médiocres (hormis Tom Hiddleson qui apparaît 10min à l’écran montre en main) et une musique insipide typique des téléfilms ricains à faible budget. Pas la moindre trace d’une quelconque singularité artistique. La mise en scène ne transmet rien, aucun propos, aucune émotion ; tout passe par les dialogues ampoulés de Stephen King et par la narration en voix off reprise du bouquin. C’est le degré zéro de l’adaptation cinématographique, mais j’imagine que cela convient parfaitement à un écrivain plus attaché au respect de ses écrits qu’à la réussite de leurs mises en images. Le principal, c’est qu’il puisse y retrouver tout ce qu’il a couché sur papier, peu importe que le rendu soit aussi plat qu’un épisode de sitcom, que le rythme ne soit pas au rendez-vous ou que les acteurs soient incapables de sortir une phrase en ayant l’air naturel.

Et non contente d’être une énième adaptation ratée de King, il a fallut en plus que ce soit une histoire de merde. 2h pour un propos aussi neuneu sur la valeur de la vie humaine ? Mais au secours !!!! Surtout quand, encore une fois, il nous est assené par des tunnels de dialogues à la con. La seule idée intéressante à la rigueur, ce serait ce concept de monde “intérieur”, malheureusement complètement sous-exploité. Cette belle idée devient juste une allégorie exprimée de manière très littérale, servant surtout à accrocher le spectateur avec une première partie mystérieuse, et à garder son attention dans l’interminable troisième partie, avec des clins d’œil bien lourdauds sur des éléments qu’il aura vu auparavant. Un bon tour de passe passe bien putassier et faussement intelligent, mais qui n’aborde jamais cette question du monde intérieur, devenant au final quelque chose d’anecdotique alors qu’elle aurait pu devenir le cœur thématique et émotionnel du récit.

Bref, ne vous laissez pas avoir par les retours positifs sur ce site et ailleurs. Le manque de bons films en salles peut parfois provoquer des réactions de ce genre, mais je vous garanti que quand les grosses sorties arriveront, il sera instantanément oublié.

28 ans plus tard
6.2

28 ans plus tard (2025)

28 Years Later

1 h 55 min. Sortie : 18 juin 2025 (France). Épouvante-Horreur, Thriller, Road movie

Film de Danny Boyle

Alfred Tordu a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.

Elio
6.3

Elio (2025)

1 h 39 min. Sortie : 18 juin 2025 (France). Animation, Aventure, Comédie

Long-métrage d'animation de Madeline Sharafian, Domee Shi et Adrian Molina

Alfred Tordu a mis 3/10 et a écrit une critique.

Amélie et la Métaphysique des tubes
7.4

Amélie et la Métaphysique des tubes (2025)

1 h 17 min. Sortie : 25 juin 2025. Animation, Jeunesse, Fantastique

Long-métrage d'animation de Maïlys Vallade et Liane-Cho Han

Alfred Tordu a mis 5/10.

Annotation :

C’est marrant, le film m’a fait exactement le même effet que le bouquin. D’abord amusé par le concept et sa narration atypique, je m’en suis rapidement lassé pour finalement en ressortir avec une relative indifférence.

Si l’autrice met le doigt sur quelques sensations caractéristique de la petite enfance qui feront forcement écho à nos premières bribes de souvenir ; elle conserve un regard d’adulte sur son enfance, quitte à extrapoler ses ressentis d’enfant en partant vers des délires philosophiques ou métaphysiques parfois bien tarabiscotés. Le récit est par ailleurs exclusivement centré sur sa petite vie de gamine privilégiée, dans tout ce qu’elle peut avoir d’ordinaire (jouer avec ses parents, découvrir la mer, nourrir des poissons dans l’eau…) ou d’extraordinaire comme son statut d’expatriée belge dans un Japon encore marqué par les traumatismes de la guerre. Sans doute l’aspect le plus intéressant du film.

L’excellente animation illustre à merveille les propos de la petite Amélie, mais j’avoue que cette off omniprésente et détachée m’a toujours laissé à distance des évènements. D’autant que malgré la noirceur du récit, le film conserve un ton très enfantin, voire assez niais qui ne m’a pas non plus aider à rentrer dedans.

Alfred Tordu

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