Pour l'année de terminale, en philosophie et HLP, 1984 de George Orwell est le livre parfait puisqu'il aborde la question de l'État, de la justice, de la liberté, de la raison, du langage...
L’histoire se passe dans une société contrôlée complètement par Big Brother, Oceania n’écoute et ne croit qu’en Big Brother. Big Brother les écoute et les surveille grâce à ses “télécrans”, Big Brother est partout, tout le temps. Big Brother contrôle le pays, impossible d’aller à son encontre, il faut le suivre lui et ses idéologies. Winston Smith, 39 ans, travaille pour le Parti, au ministère de la Vérité. Son travail consiste à modifier les archives pour que le passé corresponde à ce que le gouvernement souhaite transmettre. Winston ment aux gens du présent et aux gens du futur, il modifie l’histoire et la vérité, ou ce qu’on croit être vrai. Winston est contre ça, il veut connaître la réalité, connaître la vie d’avant, être libre de penser et d’aimer. Mais il est bloqué dans la routine qui lui est imposée, le travail qu’il doit effectué, les cigarettes qu’il doit fumer, l’amour et le désir qu’il doit éviter, le langage qu’il doit parler.
Le livre montre très bien les conséquences de la dictature, la répression des sentiments, la censure de l’expression. Les humains sont traités comme des machines suivant un programme, ils ne doivent pas désobéir au risque de “disparaître”, et que leur nom soit effacé des archives, comme s’ils n’avaient jamais existé. Ils n’ont plus le droit d’aimer, plus le droit d’avoir de plaisir, plus le droit d’expérimenter une vie libre et simple, telle qu’elle l’était avant Big Brother. Ils sont obligés de parler le “novlangue” qui est une version simplifiée du langage du passé, le “vieulangue”. Pourquoi avoir autant de mots et synonymes qui veulent dire la même chose quand nous pouvons garder qu’un seul mot pour tout décrire ? Pourquoi dire “incroyable” alors que nous pourrions dire "plusbon" ou “double-plusbon” ? Le “novlangue” est imposé, et ainsi réduit la capacité de la société à penser correctement, à développer leur esprit critique. Ils sont dans une guerre constante, mais l’adversaire ne cesse de changer, Oceania est parfois contre l’Eurasie, puis contre l’Estasie. Cela ne choque pas la population qui croit tout ce que l’on dit, qui ne pense plus, ils suivent les ordres, et c’est tout. Winston, lui, doit donc constamment changer les archives pour que ce soit cohérent, que ça aille dans le sens de Big Brother, Winston est conscient qu’on leur ment. Il le sait et tout cela le ronge.
C’est un très bon livre de “science-fiction” qui est au final le portrait d’une triste réalité, que ce soit dans le passé ou le présent. En le lisant, on ne cesse de réfléchir, se rendre compte des impacts, à quel point ça peut aller loin. On se demande ce qu’on aurait fait à leur place : Est-ce qu’on s’en serait rendu compte, ou est-ce qu’on aurait suivi le mouvement aveuglément ? Est-ce qu’on aurait essayé de changer les choses, au risque de perdre la vie ? Y-a-t-il d’autres gens qui le savaient mais qui ne faisaient rien ? Si toute la population se rebellait, qu’est-ce qu’il se passerait ?
J’ai beaucoup aimé ce livre, en plus il m’aide pour ma question de grand oral sur le lien entre langage et pensée, donc je ne peux que vous le recommander ! C’est un livre à lire au moins une fois dans sa vie.