Je n'avais aucune attente particulière, étant juste conscient de commencer un pilier de la SF et de la dystopie, dont l'héritage est visible partout.
La première partie est un peu longue, c'est surtout de l'exposition. Mais de l'exposition du point de vue de Winston, laissant énormément de zones d'ombre.
Puis ça se débloque avec Julia, l'univers devient l'antagoniste, surnois et mal défini, de l'histoire.
Ensuite, le récit nous ouvre une porte béante et s'engouffre à pieds joints dedans. C'est le moment de dévoiler tout son "lore" et le fonctionnement de cette uchronie. Et c'est un beau "cadeau" que l'acteur fait au lecteur, qui a l'impression de prendre de la hauteur. Un cadeau un peu longuet, aujourd'hui on aurait distillé ces révélations plutôt que tout envoyer de façon brute.
Puis, on replonge dans les profondeurs, avec une partie assez horrible, très graphique. Couplée à des discussions philosophiques où l'on comprend le but du Parti.
Et enfin, l'apothéose, une fin qui fait corps avec son propos, aussi terrifiante que satisfaisante (dans le sens où il n'y avait pas de meilleure fin possible).
L'histoire est donc prenante malgré son âge, les pointes de racisme, de sexisme (contrebalancées par le personnage de Julia) et les quelques longueurs.
Il est compliqué d'imaginer aujourd'hui le retentissement de la publication de 1984, en 1949, entre inspirations réelles au sortir de la guerre, et "peur du rouge" grandissante aux US. Mais ça fonctionne toujours bien aujourd'hui, quelque soit l'idéologie que l'on imagine à l'origine du Parti.