1984 en 2011

Avis sur 1984

Avatar Kemelvor
Critique publiée par le

Conseillé à maintes reprise par mon entourage, je n'ai cependant jamais eu l'envie ni les sous pour m'y plonger, car je suis un radin paresseux.
Mes parents ayant obtenu l'ouvrage il y a peu et m'ayant traîné à la plage de force, j'ai emporté le livre avec moi pour m'occuper.

L'oeuvre a été publiée en 1949, soit directement après les grands tremblements qu'ont causé les dictatures. L'une d'elle est d'ailleurs encore vivante, en URSS. Aujourd'hui, les dictatures ne sont plus aussi mises en avant, se contentant soit de se terrer dans son coin ( Corée du Nord ), soit se faire ravager la gueule par la "police du monde" nommée USA sous quelques prétextes. Et même aujourd'hui, en France, nous baignons dans un endroit béat et pas si restrictif que ça. J'y suis né et j'ai vécu dans un monde de bisounours sans voir de traumatisants pays me marcher dessus.

C'est ce qui fait que le discours tenu par 1984 a sans doute eu un impact moindre sur moi. Mais ça reste tout de même une lecture agréable.

On suit les aventures de Winston Smith, citoyen lambda ni trop con, ni trop intelligent, qui vit dans un monde cerné et surveillé par Big Brother. Les télés écoutent, les affiches vous regardent, les espions sont partout, tout est surveillée. Surtout la Pensée : Elle est régulée, manipulée pour faire des moules conformes à l'idéal du pays, du Parti.

Le passé est modifié pour apporter raison au Parti, la glorifier. Une nouvelle langue, le novlangue, est établi, ayant un vocabulaire dramatiquement réduit pour éviter de "nommer" une pensée, voire d'en parler. Les écrits des grands anciens, tel que V.Hugo ou Shakespeare, sont modifiés ... Tout est là pour faire un culte de la personnalité, pour faire de ses partisans de véritables fanatiques : On ne peut se plaindre de la situation si on n'a rien pour comparer.

Winston n'est pas aussi dupe, il se souvient de brides où le monde était meilleur, il tenait un document prouvant que des hommes n'avaient pas fait ce que dont ils étaient accusés, il se sentait oppressé, malmené et désirait changer de train de vie. Même si cela nécessitait de se battre.

La lecture est agréable, George Orwell ( ou du moins le traducteur français ) n'utilisant pas de grands mots compliqués pour nos têtes étroites. Le langage est commun, facilement lisible et adapté pour tout le monde. Elle se permet même d'être efficace et accrocheuse. Malgré quelques lourdeurs, le récit se laisse suivre, la fin est géniale et tout à fait inattendue et le passage précédent est plutôt intéressant.

Il ne vous marquera pas autant à ce qu'il était destiné, faisant maintenant partie de la bibliothèque des révolutionnaires qui pestent contre Sarkozy alors qu'il était censé dénoncer les régimes totalitaires. Mais ça reste malgré tout un petit incontournable si vous voulez avoir une petite culture littéraire.

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