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Avis sur Andreï Konchalovsky : ni dissident, ni partisan,...

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J'ai arrêté d'écrire des critiques par manque de temps plus d'envie (pas de bonne résolution de ce point de vue là, je ne la tiendrai sans doute pas), mais je me permets de le faire pour ce livre que je suis visiblement le seul à avoir lu sur ce site ! Critique rapide, sans véritable travail, donc on me pardonnera le style !

Pourquoi cette lecture d'abord ? Elle n'est probablement pas très intéressante si on ne s'est jamais intéressée à l’œuvre d'Andreï Konchalovsky. Cette année était pourtant l'occasion rêvée pour le faire : rétrospectives à la cinémathèque française et à Toulouse, sortie remarqué de son dernier film, Michel-Ange/Il Peccato, présentation à Venise de son prochain film, Dear Comrades... l'octogénaire russe est plus que jamais en vue.
C'est surtout un auteur absolument fascinant. Il n'a pas fait que des chefs d'oeuvre mais sa filmographie est d'une incroyable diversité : du cinéma soviétique (avec les incroyables Premier Maître et Sibériade), une période hollywoodienne (avec des projets personnels comme Maria's Lover, des OVNI comme Runaway Train - film d'action écrit par Kurosawa - et des films d'exécutant comme Tango & Cash), une période contemporaine marquée par des films russes et des projets occidentaux (des téléfilms US, un Casse-noisette pour adulte assez hallucinant). Ce livre permet de retracer toutes ces époques et de montrer que le cinéma est loin d'être un art universel tant on ne semble pas faire le même métier en fonction du contexte.
Le format - des entretiens - permet de laisser une grande liberté de parole au personnage central du livre : Konchalovksy, une grande gueule un peu cynique et visiblement assez clivante, qui a réussi à survivre pendant 60 ans dans des univers très variés (parfois en devant dealer du caviar aux américains en attendant de pouvoir enfin tourner un premier film là bas). L'ouvrage regorge d'anecdotes passionnantes sur les tournages, sur la censure, sur la critique, sur les relations avec ses acteurs et actrices, sur la politique, sur sa famille. Tout est exposé sans filtre (son premier mariage assez... étrange, ses relations difficiles avec Stallone ou Patrick Stewart, sa rencontre avec Kurosawa avant de faire Runaway Train, et j'en passe) mais on peut parfois douter de leur exactitude vu la capacité d'exagération de Konchalovksy. Un exemple : il persiste pendant tout l'ouvrage à dire qu'Alberto Testone (qui incarne Michel-Ange) n'est pas un acteur mais "un dentiste", un amateur. Une simple recherche sur internet montre que c'est inexact. Inexpérimenté, peut-être, mais de là à dire qu'il n'est pas acteur...
Parmi les défauts de ces entretiens, je retiens essentiellement que le format favorise les répétitions. Les entretiens ont été réalisés sur deux ans et n'ont peut-être pas assez été retravaillés et lissés pour donner un ensemble cohérent. Résultat : quand on lit tout en quelques jours, on a l'impression que papy Koncha radote et répète toujours les mêmes choses.
En résumé, sans être un livre essentiel sur le cinéma, c'est un recueil d'histoires très intéressant qui vient en complément du visionnage de l’œuvre de ce personnage assez singulier.

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