Un livre qui ne peut laisser indifférent.
L'auteur, trente ans après les évènements, nous conte l'histoire de son premier mariage : il rencontre Sylvia dans l'appartement d'une amie qu'ils ont en commun. Cette première rencontre, forte, scelle les quatre années suivantes. Quatre années marquées par des crises et engueulades quotidiennes et souvent violentes.
Rapidement, Sylvia nous montre sa folie. Elle est exigeante, colérique et profondément paranoïaque. Elle se persuade que tout ce que fait ou dit son compagnon a comme unique dessein de la vexer et de l'humilier. Elle lui demande de comptes sans cesse et pour tout, le harcelle et finalement l'opprime.
D'abord, l'amour étant aveugle, l'auteur ne réagit pas. Il s'interroge mais avoue ne pas savoir si le comportement de son amie est normal ou non. Il n'a pas de réelle expérience de la vie à deux et craint de ne pas se comporter correctement vis-à-vis d'elle. Pour lui, le problème vient de lui. Puis les problèmes s'aggravent pour se terminer tragiquement.
Pourquoi est-il resté aussi longtemps à ses côtés ?
Pourquoi n'est-il pas parti en claquant la porte ? Me posant cette question d'un bout à l'autre du livre, j'ai scruté le texte à la recherche d'éléments de réponse.
Par manque d'expérience d'abord : il hésitait à reconnaître le problème de sa compagne. Par la pression de son environnement, de son éducation ensuite. Par lâcheté enfin sous couvert de bons sentiments.
« Il aurait été facile de quitter Sylvia. Si cela avait été difficile, je l'aurais peut-être fait ». (p. 57)
« Elle est orpheline, tu ne peux pas l'abandonner » (discours de son père après une tentative de confidence) (p. 72)
« Mes parents auraient trop de peine si j'annulais le mariage et Sylvia perdrait complètement la boule ». (p 89)
Reste, la dernière page tournée, un profond malaise. Je suis resté cloué au canapé durant de longues minutes, les yeux dans le vague. Puis, sorti de ma torpeur, un profond soupir m'a échappé. J'étais KO ! Absolument extraordinaire.