Court roman, Adolphe me laisse un avis atypique : j’ai détesté les deux personnages principaux, Adolphe et Ellénore, mais j’ai apprécié l’œuvre qui, sous couvert de nous conter une histoire somme toute assez banale, présente une description profonde et bien sentie de ce couple. Puis ce n'est pas de sitôt que vous retrouverez un héros de roman portant ce prénom.

Pourquoi les détester ?

Adolphe, jeune-homme qui se rend compte qu’il n’a jamais connu la passion, se prend d’amour, enfin c’est ce qu’il croit, pour une femme mariée, n’aura de cesse de la conquérir et, une fois arrivé à ses fins, se rendra compte que son cœur n’est déjà plus enflammé par celle qu’il a réussi à posséder. Plutôt couillon.Mais Adolphe est un lâche, un indécis qui, sous le prétexte de ne pas vouloir blesser ou rendre malheureuse la femme devenue éperdument amoureuse de lui, ne réussira jamais à mettre un terme à cette relation de plus en plus amère et laissera « pourrir » la situation.
Ellénore, femme d’une trentaine d’années, mariée au comte de P*** pour tenter d’effacer un passé peu glorieux et qui depuis, en vain ou presque, tente de restaurer sa réputation au sein de la société dans laquelle son couple évolue. Elle voit en Adolphe sa dernière chance de connaître l’amour, la passion, et après avoir montré très peu de résistance, quitte mari et enfants pour s’abandonner totalement à son nouvel amour. Plutôt couillon. Le prix à payer se fait lourd : seule, honnie par la société qu’elle avait eu le plus grand mal à intégrer, elle sent son jeune amant se détacher d’elle et fera tout pour le retenir, devenant possessive, autoritaire, le faisant culpabiliser (qui a dit "C'est une femme,quoi..." ?!), enchaînant les crises de larmes jusqu’à, en apprenant par un tiers l’intention d’Adolphe de la quitter, se rendre mortellement malade.

Les défauts de ces personnages, bien que ne m’ayant pas donné d’empathie pour eux, font qu’ils n’en paraissent que plus humains, et Benjamin Constant décrit très bien les caractères complexes des deux, hésitant, lent de l’un et emporté de l’autre.
Ce récit, car raconté tout du long à la première personne et ne nous laissant percevoir un point de vue à sens unique, ressemble à une confession d’Adolphe, qui de par son comportement causa tout de même la perte d’une femme et semble nous prendre à témoin pour découvrir si, oui ou non, il est responsable aussi de la mort de cette dernière. Même ça il ne peut le faire seul, il faut que nous nous fassions notre propre avis.

Histoire assez commune donc, mais intense et dépeinte avec un style vif et agréable à lire. Si vous avez une heure à perdre, vous pouvez aller zyeuter un épisode de Secret Story (humhum)… Ou vous pouvez faire votre ménage (humhum²)… Trier vos papiers ? (pitié)

Sinon, vous pouvez découvrir Adolphe.
Pravda
7
Écrit par

Le 10 juin 2013

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