Mi-thriller, mi-réflexion métaphysique, Anima est un livre étonnant, à n’en pas douter.
Au commencement, un crime abject, dont les détails nous sont narrés avec précision et méthode. Puis viennent les narrateurs, dont nous découvrons qu’il ne s’agit pas d’êtres survolant l’histoire, mais d’animaux, identifiables soit par le texte et les indices qui y sont disséminés, soit, pour qui maîtrise un latin savant, par leur nom scientifique.
Le mari, découvrant sa femme assassinée, se lance à la poursuite dudit assassin, constamment observé et scruté par les animaux rencontrés sur son chemin.
Si l’on peut être, au début, attiré par cette forme novatrice, elle perd de son intensité à mesure que la lecture progresse. Elle finit par éclipser les personnages et la diégèse elle-même. Le propos devient alors trop évident (parler de la bestialité de l’espèce humaine à travers le regard des animaux), au point d’en perdre toute sa force, notamment dans un final tout bonnement ridicule.