Une production "philosophique" d'aujourd'hui : un titre racoleur, très "Psychologie magazine" ; peu de contenu personnel, mais beaucoup, beaucoup de commentaires ; une façon de procéder par fragments, sans grande rigueur (la mère, l'amer, la mer) ; des considérations sur l'époque qui relèvent du café du commerce cultivé. À picorer, ce n'est pas du tout désagréable. Contrairement à ce que certains disent ici, la référence à la psychanalyse reste à mes yeux relativement discrète, comme si Fleury avait intériorisé le rejet dont celle-ci fait maintenant l'objet de façon systématique, après avoir été systématiquement louée (l'autrice nous épargne quasiment Lacan, merci à elle, et cite même le DSM, c'est dire !). Tout cela n'est pas du tout désagréable, encore une fois. On se dit toutefois qu'entre le commentaire universitaire qui ne touche personne et la vulgarisation qui ne dit rien, il y aurait place pour une philosophie personnelle, exigeante et accessible, dont cet ouvrage n'est malheureusement pas l'illustration.