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Traduit en justice
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le 8 sept. 2014
— Qu'est-ce que tu veux que je dise ?
— Je ne sais pas, mettons, ce que tu penses de ta relecture et ce qu’elle t’apporte…
— Je suis perdu, comme toujours chez Dostoïevski, je réfléchis avec les personnages, leurs actions, leurs dires, leur ton, leur fièvre.
— Commence par ça déjà, de quoi ça parle ?
— De crimes, et de châtiment, mais j’en suis qu’au crime et à l’explication du crime…
— Quel crime ?
— En fait il y en a deux, ce dont je ne me souvenais pas : le crime de la vieille salope aigrie, et celui de Lizaveta. Je ne me souvenais plus qu’il en tuait deux de bonnes femmes, t’y crois à ça ?
— Bizarre, mais admettons, que penses-tu de la structure, des personnages, de la traduction ? Qu’est-ce que tu lis ? Un polar ? Ou autre chose… quelque chose d’ambitieux sur les thèmes abordés ?
— Je m’en fous de la structure, non, sincèrement, oui… enfin, non je m’en fous complètement.
En réalité je n’avais d’amour que pour deux personnages (peut-être trois), c’est-à-dire Razoumikhine, Porphiri et très légèrement Sonia.
— Ah oui ! Ils ont plusieurs noms ces personnages, comme d’habitude chez les Russes, les vieux Russes, oui, tu aimais ces trois personnages et pas tellement Rodion d’ailleurs, ses thèses elles te font peur ? Ou tu ne sais pas plus sur cela non plus… ?
— Cela fait longtemps que je n’apprécie presque plus que l’humour chez les écrivains, les classiques, disons. Et là il y en a, mais il y a autre chose, de la métaphysique, des dialogues étranges. J’aime le côté littéral de Crime et Châtiment, le côté limpide, et malgré cela, je m’embrouille !
— Peut-être qu’il faut que tu laisses libre cours à ton imagination : à quoi ressemblent les personnages, qu’est-ce qu’ils disent ou plutôt comment ils le disent, le père Markovicz, il te gonfle ? Ou au contraire tu le trouves bon traducteur ? Tu sais lire le russe ? Ah non c’est vrai, tu ne sais pas.
— Non je ne sais pas lire le russe, et mon imagination est atrophiée, mais j’aime un personnage, Razou. Je crois qu’il est essentiel car il me permet d’apprécier toute cette bande de frimeurs (Porphiri en tête). Il est un peu con Razou, mais il essaye de faire le bien… il essaye de… d’arranger les choses.
— De toute façon, la folie de Raskolnikov, le sang, des discours échevelés, ça te gonfle je crois, tu ne l’aimes pas ce héros, de la même manière que tu n’aimes pas Martin Eden… le mascu… Mais t’aimes quoi au fond chez Dostoïevski ? Son humeur ? Ou sûrement parce qu'il met les mains dans le cambouis à la différence de toutes ces fantoches du XIXᵉ siècle.
— Oui ! C’est ça, c’est ça ! Il met les mains dans le cambouis !
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Créée
le 23 nov. 2025
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