Dès son titre, Bégaudeau s'amuse : prenant le maquis dans son versant syrien (le désert, avec ou sans rochers, donc), deux frères désertent certes un morne quotidien provincial, mais entrent de fait en action de résistance ( ce qui est à la fois une désertion et son envers ). Suivant d'ailleurs l'aîné qui, contre-intuitivement, suit son cadet, la plume du vendéen se contente d'ailleurs pour l'essentiel de croquer un corps actif mais passivement suiveur, qui attendra dans les déserts des barbares et des soutanes, son heure guerrière qui ne viendra jamais vraiment. On appréciera le style plutôt laconique (à l'inverse de sa faconde orale logorrhéique, ce qui peut produire une petite dissonance appréciative à la découverte), qui captent prosaïquement les affects du quotidien, par des gestes simples, non sans humour (la focale attendrie sur Grégory Lemarchal dénote avec l'attitude soldatesque, le running gag sur le Rocky T-Shirt Show).