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le 5 févr. 2019
Noter un essai, quel sens ça a ??
La volonté du peuple, peut-on faire plus utopique que ça ?! Mettez dix personnes de différentes provenances dans une salle, personne ne tombera d’accord, car chacun réfléchira à faire valoir son propre intérêt. Si l’on trouve une solution, alors on parlera de compromis, puisque rien n’aura été trouvé qui satisfasse chacun individuellement. Les gens vivent différemment, naissent différemment, vivent différentes choses, plus ou moins difficiles à porter. Chacun a sa petite culture, sa sensibilité propre, sa fin en soi. Bref, Rousseau, en tentant de modeler cette volonté du peuple, s’affaire à une chimère, mais voyons comment il s’en sort.
Premièrement, la recherche de la légitimité : quel type de pouvoir pourra administrer les hommes sans léser qui que ce soit ? Qui pourra satisfaire les intérêts de tout homme ? L’homme naît libre mais partout il est dans les fers, dit-il, fustigeant ainsi tout type de pouvoir en place qui aliène l’homme en le rendant prisonnier d’un système qui le prive de liberté. Il critique ensuite la figure paternelle, le chef qui doit forcément être le plus fort, en vertu d’une convention qu’il juge obsolète et illégitime. Celui qui courbe l’échine devant le fort n’est pas nécessairement celui qui approuve, mais plus celui qui craint. Il y a quelques nuances à apporter : si je déteste les tyrans aux gros bras, je ne conçois pas un pouvoir sans une force pour le légitimer. Comme disait Pascal, La force sans la justice est tyrannique, la justice sans la force est faible. Je rejoins plus Kant : l’homme doit être mis sous tutelle, mais pas sans faire usage de la raison à tout moment pour critiquer, de manière argumentée, des décisions souveraines que la masse jugerait absurde. C’est l’état de majorité.
Donc, comment gouverner de manière légitime pour satisfaire tout le monde ? Eh ben, il faut que le peuple devienne le pouvoir. L’intérêt général doit être trouvé, et établi comme fondement absolu des affaires politiques. De ce fait, nul ne pourra nuire à quiconque sans se nuire à lui-même. « Chacun se donnant à tous ne se donne à personne ». Là encore, c’est surestimer l’humain et sa médiocrité. Les humains sont cauteleux, il y en aura toujours un pour léser l’autre, quelle que soit la forme du pouvoir.
Je m’arrêterais sur une idée que je trouve pertinente et actuelle : le type de régence d’un pays ne peut être le même de partout. Pour un Etat grand et opulent, il faut une monarchie. Pour un Etat moyennement grand et riche, il faut une aristocratie. Pour un Etat petit et pauvre, il faut une démocratie. Les prêchi-prêcha de la sacro-sainte démocratie devraient lire ça avant de penser que ce régime, réputé gentil outre mesure, doit gouverner tous les pays du globe.
Les idées utopiques, en soi, sont toujours teintées d’un optimisme qui nous donne envie d’y croire. Mais pour le pouvoir, on ne peut pas compter sur le peuple, ou alors sur un peuple en état de majorité kantienne. Les idées sont bonnes, car toujours admirablement justifiées et pertinentes, mais en théorie seulement.
Créée
le 10 févr. 2023
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