Selon les éditions, cette nouvelle est (ou non) rattachée à une « Autre étude de femme » dont elle est la suite.
Vers deux heures du matin, alors que plusieurs personnages récurrents de la Comédie Humaine sont autour d’une table – ayant soupé – Horace Bianchon, le narrateur, prend la parole et entreprend de conter une anecdote qu’il vécut à Vendôme alors qu’il séjournait dans une auberge de la ville.
Attenante à l’hôtellerie, une vaste propriété à l’abandon intriguait le narrateur. Chaque soir il se glissait dans le jardin et tentait de pénétrer à l’intérieur. Sans succès. Il ne chercha pourtant pas à se renseigner auprès du personnel de l’auberge, préférant laisser intact le mystère afin de pouvoir bâtir de son imagination sa propre histoire.
Mais un jour, un notaire se présenta à lui et lui demanda de ne plus retourner à la Grande Bretèche. Sa propriétaire, feue madame de Merret, a fait de lui son exécuteur testamentaire et a légué la maison à ses propres héritiers à la seule condition que la maison reste fermée durant cinquante années. Durant cette période, nul ne pourra y entrer, ni entretenir la bâtisse ou le jardin, ni même y faire la moindre réparation.
Intrigué par de telles dispositions, Horace Bianchon mène son enquête en n’hésitant à payer de sa personne pour assouvir sa vive curiosité. Grace aux bavardages de la tenancière de l’auberge et surtout à ceux de Rosalie – l’ancienne femme de chambre de madame de Merret – le narrateur apprit la terrible vérité. Madame de Merret avait un amant – un espagnol – qui, chaque soir, traversait la rivière pour rejoindre discrètement sa maîtresse. Un soir que le mari rentra plus tôt que prévu, l’amant se réfugia dans le cabinet de toilette attenant à la chambre de madame. Comme son épouse refusait d’avouer qu’il y avait un homme à l’intérieur, le mari fit immédiatement murer la porte, condamnant ainsi l’amant à la mort.
La maison, décrite merveilleusement dans cette courte nouvelle, faisait désormais office de tombeau. Un texte empreint de mystère, à l’ambiance austère et inquiétante. Jusqu’à l’horreur du final qui glaça les convives.
BibliOrnitho
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le 29 août 2013

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