Après une longue pause j'ai repris la lecture de cet ouvrage qui porte un regard plus que cynique sur la politique, en nous présentant, comme s'il s'agissait de la chose la plus naturelle du monde la fameuse "real politique".
Ici on parle des Etats-Unis seulement mais la généralisation est facile et laisse un goût amer.
Tous les personnages, même des icônes telles que Martin Luther King, ressortent salis de leur passage sous la plume "décomplexée" de Clyve Taylor, le narrateur et n°2 du FBI pendant la période "Hoover" (des années 30 aux années 70).
Ce même Edgar Hoover, qu'il adule pourtant n'en est pas le moins éclaboussé, présenté comme un réac complexé par son homosexualité imposant à son pays et au monde un combat pour la morale et les valeurs libérales que lui-même a perdu.
Un style dépouillé, des mémoires façon ancien temps mélangées à des comptes-rendus d'écoute qui renforcent le sentiment d'un monde à plusieurs vérités, où ceux qui sont aux manettes vivent dans leurs fantasmes tandis que la "populasse", maintenue dans l'illusion d'images fabriquées, paye au prix fort la mégalomanie de certains.
On ressort de cette lecture avec une furieuse envie de virer anarchiste et de lire du Camus...