La Proie
7.6
La Proie

livre de Deon Meyer (2018)

Un polar entre Amsterdam, Bordeaux et Le Cap

Je me suis un peu lassé des romans policier. Ils ont trop souvent à mon goût les mêmes travers: des personnages caricaturaux (des flics torturés, (ex)alcooliques, divorcés, assez indépendant), une résolution d'enquête qui sort de nulle part (j'aime bien pouvoir relire du début, et voir les indices disséminés invisibles à l'œil naïf, comme dans Shutter Island par exemple) et souvent précipité.

La proie de Deon Meyer (premier livre que je lis de cet auteur, car c'était le seul livre sous ma main pendant mes vacances) présente une partie de ces clichés, mais s'en écarte assez pour m'avoir accroché de bout en bout.

On y suit le duo d'enquêteur, Benny Griessel et Vaughn Cupido, enquêtant sur un meurtre dans un train de luxe en Afrique du Sud, entaché d'histoire de corruption policière et gouvernementale. En parallèle, on découvre Daniel Darret ancien agent de l'ANC à qui les anciens camarades demandent de reprendre du service alors qu'il a réussi à refaire sa vie à Bordeaux.

Le duo de flic tombe parfois un peu dans la caricature que je déplore plus haut, mais la toile de fond de corruption de leur dirigeants, services et gouvernement lors apporte pas mal de profondeur. On sent que Deon Meyer aime autant son pays qu'il déteste la corruption qui entache ceux qui sont censés le diriger (même sans trop connaître cette partie du globe et sa géopolitique, on comprend que certains personnages ne sont que partiellement fictifs).
Benny Griessel et Vaughn Cupido sont a priori des personnages récurrents que l'auteur a déjà utilisé dans d'autres romans. On sent parfois que certaines intrigues servent à s'inscrire dans la durée de l'histoire de ces 2 personnages, leur donnant de l'humanité.

Le style du roman est agréable à lire, très rythmé, avec une alternance des 2 arcs narratifs, qui ne finissent par se rejoindre qu'à la toute fin. Les descriptions des villes témoignent d'une vraie affection de l'auteur pour ces différents lieux. Les multiples atmosphères issues des différentes parties sont très réussies.

La conclusion du roman est un peu précipitée alors que le reste du roman, bien que très rapide, prend le temps de mieux poser les choses. Mais on sent qu'elle a été réfléchie et pas balancée a la va-vite, et elle sert bien le reste du roman, fusionnant les 2 trames de manière élégante.

Je pense que si je tombe sur d'autres roman de cet auteur, je lirai sa plume avec envie!

Homegas
7
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le 11 sept. 2021

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